Le poète an-Nâbigha a dit :
« Par ma vie – et ma vie n’est point chose légère à mes yeux –, les “Aqâriʿ” ont certes proféré contre moi un mensonge manifeste. »
Un autre a dit :
« Par ta vie ! La mort, lorsqu’elle vise le jeune homme, ne le manque jamais ; elle ressemble à cette longue corde détendue dont on ramène les deux extrémités à la main. »
Un autre encore :
« Ô toi qui prétends marier l’astre Thurayyâ à Suhayl, qu’Allah prolonge ta vie ! Comment donc pourraient-ils se rencontrer ? »
Un autre enfin :
« Si les Banû Qushayr se déclarent satisfaits de moi, par Allah, leur agrément me plaît au plus haut point. »
Certains spécialistes de la langue ont toutefois objecté qu’une telle formule ne saurait être employée, car l’on ne peut attribuer à Allah une “durée de vie” ; Il est, Glorifié soit-Il, éternel. Cette remarque est rapportée par az-Zahrawî.
Troisièmement – La question de ce par quoi il est permis ou non de prêter serment a déjà été traitée dans la sourate al-Mâʾidah ; nous y avons mentionné l’avis d’Aḥmad b. Ḥanbal selon lequel quiconque jure par le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – doit s’acquitter d’une expiation.
Ibn Ḫuwayz Mandâd dit : Celui qui autorise le serment par autre qu’Allah – parmi les réalités qu’il est légitime de vénérer – ne considère pas qu’il s’agisse d’un “serment” nécessitant expiation. Toutefois, si l’intention est de mentir, l’auteur est blâmable, car, intérieurement, il se montre irrespectueux envers ce qu’il se doit d’honorer.
Ils ont dit : La parole d’Allah – “Par ta vie” – signifie : « Par ta vie même ». Lorsque le Très-Haut jure par la vie de Son Prophète, c’est afin de nous déclarer explicitement qu’il nous est permis de jurer par sa vie.
Selon l’école de Mâlik, le sens des formules : « Par ta vie », « Par le figuier et l’olivier », « Par le Mont Sînîn et le Livre inscrit », « Par l’étoile quand elle descend », « Par le soleil et son éclat », « Je ne jure pas par cette cité, alors que tu es demeurant en cette cité, par le géniteur et ce qu’il a engendré » – tout cela revient à dire : « Par le Créateur du figuier et de l’olivier, par le Seigneur du Livre inscrit, par le Seigneur de la cité dans laquelle tu séjournes, par le Créateur de ta subsistance et de ta vie, par le droit de Muḥammad ». Ainsi, le serment est, en réalité, prêté par Lui, glorifié soit-Il, et non par la créature.
Ibn Ḫuwayz Mandâd ajoute : Celui qui tient pour licite le serment par autre qu’Allah a interprété la parole du Prophète – paix et bénédictions sur lui – : « Ne jurez pas… »