Sa parole – Très-Haut soit-Il :
« Nous avons décrété pour lui » :
c’est-à-dire : Nous avons révélé à Lôṭ.
« Cette décision : que l’ultime reste de ceux-ci sera retranché à l’aube »
a un équivalent dans Sa parole : « Ainsi fut retranchée la racine du peuple injuste. »
« À l’aube » : c’est-à-dire au lever du jour ; cela a déjà été mentionné.
« Les gens de la cité vinrent » : les habitants de la ville de Lôṭ,
« se réjouissant » : heureux de la venue des visiteurs, dans l’espoir de commettre la turpitude avec eux.
« Ces hommes sont mes hôtes » : mes invités.
« Ne me déshonorez donc pas » : ne m’humiliez pas.
« Craignez Allah et ne me couvrez pas de honte » :
le verbe peut renvoyer soit au « khizy » – l’humiliation et l’abaissement –, soit à la « khazāyah » – la pudeur et la honte. Cela a déjà été expliqué dans la sourate Hûd.
Ils dirent : « Ne t’avons-nous pas interdit de recevoir quiconque parmi les gens ? »
c’est-à-dire de loger quelqu’un, car nous voulons commettre la turpitude avec eux. Ils visaient par leur acte les étrangers, selon le récit de al-Ḥasan ; il en a été question dans al-Aʿrâf.
On a aussi dit : « Ne t’avions-nous pas défendu de nous adresser la parole au sujet de quiconque lorsque nous le convoitons pour la turpitude ? »
Il dit : « Voilà mes filles, si réellement vous voulez agir » :
épousez-les donc et ne vous penchez pas vers l’illicite. L’explication en a été donnée dans Hûd.
« Par ta vie ! Ils sont certes engourdis dans leur ivresse, errant à l’aveuglette. »
Il y a là trois questions.
Première question – Le juge Abû Bakr ibn al-ʿArabî dit : Tous les exégètes s’accordent à dire qu’Allah – Très-Haut – jure ici par la vie de Muḥammad صلى الله عليه وسلم, en signe d’honneur pour lui : son peuple, les Quraychites, demeurent dans leur ivresse, oscillant dans leur perplexité.
Je dis – et c’est ainsi qu’a parlé le Qâḍî ʿIyâḍ – : Les gens du tafsîr sont unanimes : il s’agit d’un serment d’Allah – Gloire à Lui – par la durée de vie de Muḥammad صلى الله عليه وسلم. L’origine du mot est ʿumru, avec la ʿayn dammé, mais elle a été ouverte par fréquence d’usage. Le sens est : « Par ton existence, ô Muḥammad », ou : « Par ta vie ». C’est le comble de la vénération, de la bonté et de l’exaltation.
Abû al-Jawzâʾ dit : Jamais Allah n’a juré par la vie de personne en dehors de Muḥammad صلى الله عليه وسلم, car il est la créature la plus noble auprès de Lui.
Ibn al-ʿArabî dit : « Qu’est-ce qui empêcherait qu’Allah – exalté soit-Il – jure par la vie de Lôṭ et lui accorde, par ce serment, un degré d’honneur… »