jusqu’à ce qu’elle reprenne connaissance et s’assoie. Le Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui — lui dit alors :
« Ô femme, qu’as-tu donc ? »
Elle répondit :
« Cette parole fait-elle partie du Livre révélé d’Allah, ou bien la prononces-tu de toi-même ? »
Il dit :
« Ô bédouine, elle appartient bel et bien au Livre révélé d’Allah, le Très-Haut. »
Elle demanda :
« Chacun de mes membres sera-t-il châtié à chacune de ces portes ? »
Il répondit :
« Ô bédouine, non. À chaque porte correspond une part déterminée : les gens qui y entreront seront châtiés à la mesure de leurs actes. »
Elle dit alors :
« Par Allah ! Je suis une femme démunie, je ne possède aucun bien ; je n’ai que sept esclaves. Je te prends à témoin, ô Messager d’Allah, que chacun d’eux est affranchi, pour l’amour d’Allah, à chacune des portes de la Géhenne. »
Jibrîl vint alors et dit :
« Ô Messager d’Allah, annonce à la bédouine qu’Allah lui a rendu toutes les portes de la Géhenne interdites et lui a ouvert toutes les portes du Paradis. »
Parole d’Allah, Exalté soit-Il :
« En vérité, les pieux seront dans des jardins et près de sources.
Entrez-y en paix, en sécurité. »
(Sourate al-Hijr, 15 : 45-46)
Explication :
« Les pieux seront dans des jardins et près de sources » : c’est-à-dire ceux qui se sont prémunis des turpitudes et de l’association. Les « jardins » désignent des vergers, et les « sources » les quatre fleuves : eau, vin, lait et miel. Quant aux sources citées dans la sourate « L’Homme » (le camphre, le gingembre, le salsabîl) et dans la sourate « Les Fraudeurs » (le tasnīm), leur mention et celle de leurs hôtes viendront, si Allah le veut.
La lecture avec ḍamma du ‘ayn dans « ‘uyūn » suit la forme originelle ; la kasra tient compte du yā’, et les deux lectures sont recevables.
« Entrez-y en paix, en sécurité » : la lecture majoritaire vocalise « idkhulū-hā » (impératif de « dakhala »), c’est-à-dire : « Il leur est dit : entrez-y. » Al-Ḥasan, Abû l-‘Āliya et Ruways d’après Ya‘qūb lisent « udkhilū-hā » (passif de « adkhala »), c’est-à-dire : « Allah les y fit entrer. » Leur méthode consiste à mettre une kasra sur le tanwīn dans des expressions telles que « bi-raḥmatin idkhulū al-janna », sauf qu’ici ils ont transféré la voyelle de l’hamza sur le tanwīn ; il en résulte un passage de la kasra à la ḍamma puis de la ḍamma à la kasra, ce qui alourdit la prononciation.
« En paix » signifie : à l’abri de toute maladie et de toute calamité ; certains y voient la salutation qu’Allah leur adresse.
« En sécurité » : c’est-à-dire préservés de la mort, du châtiment, de l’exil et de la disparition.