[Sourate al-Hijr (15), verset 40]
« Sauf Tes serviteurs, parmi eux, les dévoués (al-mukhlasîn) ».
Les gens de Médine et ceux de Kûfa lisent le mot « al-mukhlasîn » avec la voyelle fatha sur la lâm ; il désigne alors « ceux que Tu as choisis et purifiés ». Les autres récitateurs le lisent avec kasra sur la lâm ; il s’agit alors de « ceux qui T’ont voué un culte sincère, exempt de corruption ou d’ostentation ».
Abû Thamâma rapporte que les Disciples demandèrent à ‘Îsâ – sur lui la paix – qui étaient les serviteurs voués sincèrement à Allah. Il répondit : « Celui qui œuvre sans souhaiter que les gens le louent. »
[Sourate al-Hijr (15), verset 41]
« Il dit : Ceci est pour Moi une voie droite. »
Selon ‘Umar ibn al-Kha tt âb, cela signifie : « C’est un chemin qui conduit celui qui l’emprunte jusqu’à ce qu’il l’introduise au Paradis. »
Selon al-Hassan, l’expression « ‘alayya » a ici le sens de « ilayya » (« vers Moi »).
Mujâhid et al-Kisâ’î estiment que la formule relève de la menace et de l’avertissement ; c’est comme si l’on disait à celui qu’on menace : « Ta route passe par Moi, ton sort aboutit vers Moi », à l’instar de la parole divine : « Ton Seigneur est aux aguets. » (Coran 89 : 14)
Le sens serait donc : « Voici une voie dont le terme revient à Moi ; Je rétribuerai chacun selon son œuvre » ; il s’agit de la voie de la servitude (‘ubûdiyya).
D’autres disent : « Il M’incombe de montrer, par la démonstration et la preuve, le sentier droit. »
D’autres encore : « par le succès (tawfîq) et la guidance. »
Ibn Sîrîn, Qatâda, al-Hassan, Qays ibn ‘Abbâd, Abû Rajâ’, Humayd et Ya‘qûb récitent : « Hâdhâ sirâ t un ‘aliyyun mustaqîm » en relevant le mot ‘aliyyun avec tanwîn ; le sens devient : « un sentier élevé et droit », c’est-à-dire élevé dans la religion et la vérité.
Il a également été dit : « élevé au point d’être inaccessible, droit au point de ne pouvoir être dévié. »
[Sourate al-Hijr (15), verset 42]
« Mes serviteurs, tu n’auras aucun pouvoir sur eux, sauf ceux qui te suivront parmi les égarés. »
Première remarque : La parole du Très-Haut : « Mes serviteurs, tu n’as nul pouvoir sur eux » – les savants expliquent qu’il s’agit de leurs cœurs.
Ibn ‘Uyayna dit : c’est-à-dire que Satan n’a pas le pouvoir de les entraîner dans un péché qui empêcherait Mon pardon et leur fermerait Ma miséricorde. Il s’agit de ceux qu’Allah a guidés, élus, choisis et privilégiés.