Deuxièmement – Ce passage atteste le mérite du tout début du temps prescrit pour la prière ainsi que celui du premier rang. Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Si les gens savaient ce qu’il y a (comme récompense) dans l’appel à la prière et dans le premier rang, puis qu’ils ne trouvent d’autre moyen (d’y accéder) que de tirer au sort, ils le feraient sans hésiter » ¹.
Ainsi, lorsqu’un homme se présente au moment du zénith, prend place dans le premier rang, attenant à l’imâm, il réunit trois degrés de mérite : le mérite du début du temps, celui du premier rang et celui de la proximité de l’imâm. S’il arrive au moment du zénith mais s’installe au dernier rang, ou dans un rang postérieur au premier, il obtient le mérite du début du temps, mais manque celui du premier rang et de la proximité. S’il vient au moment du zénith, prend place dans le premier rang sans pour autant être immédiatement à côté de l’imâm, il obtient le mérite du début du temps et celui du premier rang, mais non celui de la proximité de l’imâm. S’il survient après le zénith et s’installe dans le premier rang, il manque le mérite du début du temps, tout en réalisant celui du premier rang et de la proximité de l’imâm. Et ainsi de suite.
Quant à la proximité de l’imâm, elle n’est pas accordée à n’importe qui ; elle est réservée – ainsi que le Prophète l’a dit – à « ceux d’entre vous qui possèdent raison et clairvoyance ». La place contiguë à l’imâm doit revenir à celui qui possède ces qualités. Si quelqu’un d’autre l’occupe, il est déplacé en arrière et l’intéressé avancé, car cette place est son droit établi par l’ordre du Législateur, à l’instar du miḥrâb qui est la place de l’imâm, qu’il avance ou recule ; propos rapporté par Ibn al-‘Arabî.
J’ajoute : c’est dans ce sens qu’il faut entendre la parole de ‘Umar, qu’Allah l’agrée : « Recule, untel ; avance, untel », après quoi il avançait et prononçait le takbîr. Il est rapporté de Ka‘b qu’un homme de cette communauté peut se prosterner et qu’il soit alors pardonné à ceux qui prient derrière lui. Ka‘b, escomptant cela, se tenait volontiers au dernier rang de la mosquée et disait l’avoir lu ainsi dans la Torah ; propos cités par al-Tirmidhî al-Ḥakîm dans Nawâdir al-Uṣûl. Un complément d’éclaircissement de cette question viendra, si Allah le veut, dans la sûrah « As-Ṣâffât » ².
Troisièmement – Tout comme ce verset souligne le mérite du premier rang dans la prière, il souligne également le mérite du premier rang dans le combat. En effet, se tenir face à l’ennemi et « vendre son âme à Allah » est un acte auquel nul autre ne saurait se comparer ; s’y avancer est donc préférable, sans divergence ni ambiguïté. Nul ne devançait la ligne de front devant le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, car il était l’homme le plus courageux. Al-Barâ’ a dit : « Par Allah, lorsque l’affrontement s’intensifiait, nous nous protégions derrière lui, et le brave parmi nous était celui qui se tenait à son niveau », c’est-à-dire au niveau du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue.