Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et le sens de cela, pour l’ensemble des autres fruits, est l’apparition du fruit – qu’il s’agisse de la figue ou d’autres – jusqu’à ce que le fruit soit visible et perceptible. Selon Mâlik et ses compagnons, l’élément déterminant pour les fruits que l’on désigne au masculin est la fécondation (at-tadhkîr), tandis que, pour ceux qui ne sont pas ainsi désignés, il faut que demeure de leur floraison ce qui doit demeurer et que tombe ce qui doit tomber. La limite, pour les céréales, est leur émergence hors de terre, ainsi l’a affirmé Mâlik. Il est également rapporté de lui que leur « pollinisation » consiste dans le fait qu’elles forment le grain.

Les savants sont unanimes : lorsqu’un verger voit la spathe de ses pieds femelles se fendre, que la pollinisation a été retardée alors que d’autres, se trouvant dans la même situation, ont déjà été pollinisés, son statut est celui de ce qui a été pollinisé, car la période de la pollinisation est arrivée et le fruit est apparu après s’être caché dans la spathe. Ainsi, si une partie du verger est pollinisée, ce qui ne l’est pas encore la suit ; de même, quand la maturité se manifeste dans un verger, le reste du verger suit cette maturité quant à la licéité de sa vente.

Troisièmement : Tous les imams ont rapporté d’Ibn ‘Umar – qu’Allâh l’agrée, lui et son père – qu’il a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – dire : “Quiconque achète des palmiers-dattiers après qu’ils ont été pollinisés, leurs fruits appartiennent à celui qui les a vendus, à moins que l’acheteur ne l’ait stipulé. Et quiconque achète un esclave, ses biens appartiennent à celui qui l’a vendu, à moins que l’acheteur ne l’ait stipulé.” »

Nos savants ont dit : si le fruit pollinisé n’entre dans la vente avec les racines qu’à condition expresse, c’est parce qu’il s’agit d’un bien présent, clairement identifié, dont la chute est, le plus souvent, à l’abri. Il en va autrement du fruit non pollinisé : sa chute n’est pas assurément écartée, son existence n’est donc pas établie ; il n’est donc pas permis au vendeur d’en poser comme condition la conservation ni de l’exclure, car il est assimilé à un fœtus. Tel est l’avis le plus célèbre de l’école de Mâlik.

Il a cependant été dit qu’il est permis de l’exclure ; tel est l’avis de l’imam Ach-Châfi‘î.

Quatrièmement : si l’on achète des palmiers en laissant le fruit au vendeur, il est permis à l’acquéreur des troncs d’acheter ce fruit avant sa maturation, selon l’opinion bien connue de Mâlik, qui lui confère alors le statut de dépendance, même si un acte distinct est conclu. Il est toutefois rapporté de lui, dans une autre version, que cela n’est pas permis ; c’est également l’avis d’Ach-Châfi‘î, d’Abou Hanîfa, d’Ath-Thawrî, des littéralistes et des juristes spécialisés dans le ḥadith, et c’est ce qui ressort avec le plus de clarté des textes interdisant la vente du fruit avant l’apparition de sa maturité.

Cinquièmement : parmi les questions liées à ce chapitre se trouve l’interdiction de vendre les « malâqiḥ ». Les malâqiḥ sont les mâles reproducteurs des chameaux – le singulier est muliqiḥ –, et désignent également les femelles portant leur progéniture – la femelle est muliqaḥa (avec ouverture de la qâf). Le terme malâqîḥ vise encore ce qui se trouve dans les ventres des chamelles comme embryons – le singulier est malqûḥa –, dérivé de leur expression : « luqiḥat » (elle a été fécondée), tout comme « maḥmûm » provient de ḥumm (atteint de fièvre) ou « majnûn » de junn (être frappé de folie). C’est à propos de cela qu’est venue la prohibition.

Il est en effet parvenu du Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue –

وَمَعْنَى ذَلِكَ فِي سَائِرِ الثِّمَارِ طُلُوعُ الثَّمَرَةِ مِنَ التِّينِ وَغَيْرِهِ حَتَّى تَكُونَ الثَّمَرَةُ مَرْئِيَّةً مَنْظُورًا إِلَيْهَا وَالْمُعْتَبَرُ عِنْدَ مَالِكٍ وَأَصْحَابِهِ فِيمَا يُذَكَّرُ مِنَ الثِّمَارِ التَّذْكِيرُ، وَفِيمَا لَا يُذَكَّرُ أن يثبت من نواره ما يَثْبُتُ وَيَسْقُطَ مَا يَسْقُطُ. وَحَدُّ ذَلِكَ فِي الزَّرْعِ ظُهُورُهُ مِنَ الْأَرْضِ، قَالَهُ مَالِكٌ. وَقَدْ رُوِيَ عَنْهُ أَنَّ إِبَارَهُ أَنْ يُحَبِّبَ. وَلَمْ يَخْتَلِفِ الْعُلَمَاءُ أَنَّ الْحَائِطَ إِذَا انْشَقَّ طَلْعُ إِنَاثِهِ فَأُخِّرَ إِبَارُهُ وَقَدْ أُبِّرَ غَيْرُهُ ممن حال مِثْلُ حَالِهِ، أَنَّ حُكْمَهُ حُكْمُ مَا أُبِّرَ، لِأَنَّهُ قَدْ جَاءَ عَلَيْهِ وَقْتُ الْإِبَارِ وَثَمَرَتُهُ ظَاهِرَةٌ بَعْدَ تَغَيُّبِهَا فِي الْحَبِّ. فَإِنْ أُبِّرَ بَعْضُ الْحَائِطِ كَانَ مَا لَمْ يُؤَبَّرْ تَبَعًا لَهُ. كَمَا أَنَّ الْحَائِطَ إِذَا بَدَا صَلَاحُهُ كَانَ سَائِرُ الْحَائِطِ تَبَعًا لِذَلِكَ الصَّلَاحِ فِي جَوَازِ بَيْعِهِ. الثَّالِثَةُ: رَوَى الْأَئِمَّةُ كُلُّهُمْ عَنِ ابْنِ عُمَرَ قَالَ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: " مَنِ ابْتَاعَ نَخْلًا بَعْدَ أَنْ تُؤَبَّرَ فَثَمَرَتُهَا لِلَّذِي بَاعَهَا إِلَّا أَنْ يَشْتَرِطَ الْمُبْتَاعُ. وَمَنِ ابْتَاعَ عَبْدًا فَمَالُهُ لِلَّذِي بَاعَهُ إِلَّا أَنْ يَشْتَرِطَهُ الْمُبْتَاعُ" . قَالَ عُلَمَاؤُنَا: إِنَّمَا لَمْ يَدْخُلِ الثَّمَرُ الْمُؤَبَّرُ مَعَ الْأُصُولِ فِي الْبَيْعِ إِلَّا بِالشَّرْطِ، لِأَنَّهُ عَيْنٌ مَوْجُودَةٌ يُحَاطُ بِهَا أُمِنَ سُقُوطُهَا غَالِبًا. بِخِلَافِ الَّتِي لَمْ تُؤَبَّرْ، إِذْ لَيْسَ سُقُوطُهَا مَأْمُونًا فَلَمْ يَتَحَقَّقْ لَهَا وُجُودٌ، فَلَمْ يَجُزْ لِلْبَائِعِ اشْتِرَاطُهَا وَلَا اسْتِثْنَاؤُهَا، لِأَنَّهَا كَالْجَنِينِ. وَهَذَا هُوَ الْمَشْهُورُ مِنْ مَذْهَبِ مَالِكٍ. وَقِيلَ: يَجُوزُ اسْتِثْنَاؤُهَا، هُوَ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ. الرَّابِعَةُ: لَوِ اشْتُرِيَ النَّخْلُ وَبَقِيَ الثَّمَرُ لِلْبَائِعِ جَازَ لِمُشْتَرِي الْأَصْلِ شِرَاءُ الثَّمَرَةِ قَبْلَ طِيبِهَا عَلَى مَشْهُورِ قَوْلِ مَالِكٍ، وَيَرَى لَهَا حُكْمَ التَّبَعِيَّةِ وَإِنْ أُفْرِدَتْ بِالْعَقْدِ. وَعَنْهُ فِي رِوَايَةٍ: لَا يَجُوزُ. وَبِذَلِكَ قَالَ الشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ وَالثَّوْرِيُّ وَأَهْلُ الظَّاهِرِ وَفُقَهَاءُ الْحَدِيثِ. وَهُوَ الْأَظْهَرُ مِنْ أَحَادِيثِ النَّهْيِ عَنْ بَيْعِ الثَّمَرَةِ قَبْلَ بُدُوِّ صَلَاحِهَا. الْخَامِسَةُ- وَمِمَّا يَتَعَلَّقُ بِهَذَا الْبَابِ النَّهْيُ عَنْ بَيْعِ الْمَلَاقِحِ، وَالْمَلَاقِحُ الْفُحُولُ مِنَ الْإِبِلِ، الْوَاحِدُ مُلْقِحٌ. وَالْمَلَاقِحُ أَيْضًا الْإِنَاثُ الَّتِي فِي بُطُونِهَا أَوْلَادُهَا، الْوَاحِدَةُ مُلْقَحَةٌ (بِفَتْحِ الْقَافِ) وَالْمَلَاقِيحُ مَا فِي بُطُونِ النُّوقِ مِنَ الْأَجِنَّةِ، الْوَاحِدَةُ مَلْقُوحَةٌ، مِنْ قَوْلِهِمْ: لُقِحَتْ، كَالْمَحْمُومِ مِنْ حُمَّ، وَالْمَجْنُونِ مِنْ جُنَّ، وفى هذا جاء النهى. وَقَدْ جَاءَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ:

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