puis l’eau qu’elle contenait fut transportée ; ainsi, les vents tiennent, à l’égard du nuage, la même fonction que l’étalon pour la chamelle.
Al-Jawharî a dit : on dit « riyâḥun lawâqiḥ » (vents fécondants) et l’on ne dit pas « malâqiḥ » ; c’est une forme rare.
Al-Mahdawî rapporte d’Abû ‘Ubaydah que « lawâqiḥ » a le même sens que « malâqiḥ » ; il a considéré ce terme comme le pluriel de « mulqiḥah » et « mulqiḥ », dont on a retranché les lettres supplémentaires.
D’autres ont dit : c’est le pluriel de « lâqiḥah » et « lâqiḥ », c’est-à-dire « porteur de la fécondation » au sens d’une attribution. Il est également permis de comprendre « lâqiḥ » dans le sens de « gestant, porteur ».
Les Arabes qualifient le vent du sud de « lâqiḥ » (fécondant) et de « hâmil » (porteur), tandis qu’ils qualifient le vent du nord de « hâmil » et d’« ‘aqîm » (stérile).
‘Ubayd b. ‘Umayr a dit : « Allah envoie le vent annonciateur (al-mubashshiratu) qui balaie la terre complètement, puis Il dépêche le vent excitateur (al-muthîratu) qui soulève le nuage, puis Il envoie le vent rassembleur (al-mu’allifatu) qui l’assemble, puis Il missionne les vents fécondants (al-lawâqiḥ) qui fécondent les arbres. »
On a dit aussi : le vent fécondant est celui qui porte l’humidité, la projette dans le nuage ; lorsque cette humidité s’y réunit, elle devient pluie.
D’après Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) : « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Le vent du sud provient du Paradis ; c’est le vent fécondant que Dieu a mentionné dans Son Livre et il recèle des bienfaits pour les gens.” »
Il est également rapporté de lui ﷺ : « Il n’est point de bourrasque du sud sans qu’Allah ne fasse jaillir par elle une source abondante. »
Abû Bakr b. ‘Ayyâsh a dit : « Aucune goutte ne tombe d’un nuage avant que les quatre vents n’aient opéré sur lui : le vent d’est (al-ṣabâ) le met en mouvement, le vent d’ouest (al-dabûr) le féconde, le vent du sud (al-janûb) fait couler la pluie, et le vent du nord (al-shamâl) la disperse. »
Deuxième point : Ibn Wahb, Ibn al-Qâsim, Ashhab et Ibn ‘Abd al-Ḥakam rapportent de Mâlik — selon la formulation d’Ashhab — que Mâlik a dit : « Allah — Très-Haut — a dit : “Nous avons envoyé les vents comme fécondants (lawâqiḥ).” La fécondation du blé, selon moi, c’est que le grain se forme (yuḥabbib) et que l’épi apparaisse (yusnibil) ; je ne sais pas ce qui sèche encore dans ses gaines, mais il faut qu’il se forme à un degré tel que, s’il se desséchait alors, ce ne serait pas une perte totale ni chose dépourvue de bien. Quant à la fécondation de tous les arbres, c’est qu’ils portent des fruits ; ce qui est destiné à tomber tombe, et ce qui doit demeurer demeure ; il ne s’agit pas simplement de l’apparition d’une rougeur. »
Ibn al-‘Arabî a dit : « Mâlik a fondé cette interprétation sur l’analogie entre la fécondation des arbres et la fécondation de la gestation : quand l’enfant est conçu, créé et qu’on y insuffle l’âme, cela équivaut à la formation du grain et à l’apparition de l’épi, car on l’a désigné d’un nom commun à tout être porteur, à savoir “liqâḥ”. C’est dans ce sens qu’est venu le ḥadîth : “Le Prophète ﷺ a interdit de vendre le grain (al-ḥabb) avant qu’il ne durcisse.” »
Ibn ‘Abd al-Barr a dit : « Chez les gens de science, “al-ibâr” au sujet du palmier signifie la pollinisation ; elle consiste à prendre un peu du spadice des [mâles] et à le faire pénétrer au milieu du spadice des femelles. »