Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

C’est donc comme si tout cela était déjà préparé auprès de Lui – ainsi l’a-t-il expliqué, al-Qouchayrî.

Ja‘far ibn Muḥammad rapporte, d’après son père, d’après son grand-père, que celui-ci a dit : « Dans le Trône se trouve le modèle de toute chose qu’Allâh a créée sur la terre ferme et dans la mer. » Telle est l’interprétation de la parole du Très-Haut : « Il n’est rien dont Nous ne détenions les trésors. »

Le terme « Nous avons fait descendre » (anzalnâ) signifie ici « créer, faire exister », comme dans Sa parole : « Il a fait descendre pour vous huit couples de bétail » et dans : « Nous avons fait descendre le fer, dans lequel se trouve une force redoutable. »

D’autres ont dit que « faire descendre » revêt le sens de « accorder » ; on l’a cependant appelé « descente » parce que les prescriptions d’Allâh descendent du ciel.

« Et Nous avons envoyé les vents fécondants ; puis Nous avons fait descendre du ciel une eau dont Nous vous abreuvons, et vous n’en êtes pas les gardiens » (sourate al-Ḥijr, 15 : 22).

Ce verset comporte cinq questions. – Première question : la lecture courante récite « les vents » (ar-riyâḥ, au pluriel), tandis que Ḥamzah lit « le vent » (ar-rîḥ, au singulier), car le mot ar-rîḥ, bien que singulier dans la forme, peut également désigner une pluralité ; l’on dit en effet : « Le vent est venu de toutes parts », de même que l’on dit : « Une terre sabâsib [vaste et ouverte] », ou : « Un vêtement akhlâq [très usé] ». Les Arabes emploient ainsi le singulier pour tout ce qui est étendu.

Quant au choix du pluriel dans la récitation commune, il s’explique par l’adjectif qui suit : « fécondantes » (lawâqiḥ), pluriel lui aussi. Le terme lawâqiḥ signifie « porteuses », car elles portent l’eau, la poussière, les nuages, le bien et l’utilité.

Al-Azhari a dit : « Le vent est appelé “fécondant” parce qu’il porte le nuage : il le soulève, le dirige, puis le “fouette” et en exprime le contenu, c’est-à-dire qu’il en fait tomber la pluie. » Le Très-Haut dit : « Jusqu’à ce qu’ils aient soulevé un nuage lourd » ; c’est-à-dire : l’avoir chargé. De même, on appelle nāqah lāqiḥ (chamelle fécondée) et nuq l awāqiḥ (chamelles fécondées) lorsqu’elles portent les fœtus dans leurs flancs.

On a également lu lawâfiḥ, c’est-à-dire « impregnées », ce qui est l’état originel ; or elles ne fécondent qu’en étant elles-mêmes porteuses, comme si les vents étaient déjà « gros » de bienfaits. On a encore dit : « dôtât laqḥ – pourvues de fécondité » ; tout cela est correct : certains de ces vents fécondent les arbres, selon l’expression : « une vie rādiya (agréable) », c’est-à-dire : dans laquelle se trouve l’agrément ; « une nuit nā’ima (paisible) », c’est-à-dire : qui porte le sommeil. D’autres vents amènent les nuages.

On dit : laqihat an-nâqah (avec kasra) laqan wa laqâḥan (avec fatha) : la chamelle est devenue enceinte ; on dit aussi : al-qaḥahâ al-faḥl – « l’étalon l’a fécondée ».

فَكَأَنَّهُ مُعَدٌّ عِنْدَهُ، قَالَهُ الْقُشَيْرِيُّ. وَرَوَى جَعْفَرُ بْنُ مُحَمَّدٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِّهِ أَنَّهُ قال: في العرش مثال كل شي خَلَقَهُ اللَّهُ فِي الْبَرِّ وَالْبَحْرِ. وَهُوَ تَأْوِيلُ قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَإِنْ مِنْ شَيْءٍ إِلَّا عِنْدَنا خَزائِنُهُ" . وَالْإِنْزَالُ بِمَعْنَى الْإِنْشَاءِ وَالْإِيجَادِ، كَقَوْلِهِ: " وَأَنْزَلَ لَكُمْ مِنَ الْأَنْعامِ ثَمانِيَةَ أَزْواجٍ «١» " وَقَوْلِهِ: " وَأَنْزَلْنَا الْحَدِيدَ فِيهِ بَأْسٌ شَدِيدٌ «٢» " . وَقِيلَ: الْإِنْزَالُ بِمَعْنَى الْإِعْطَاءِ، وَسَمَّاهُ إِنْزَالًا لِأَنَّ أَحْكَامَ اللَّهِ إِنَّمَا تنزل من السماء. [[سورة الحجر (١٥) : آية ٢٢]] وَأَرْسَلْنَا الرِّياحَ لَواقِحَ فَأَنْزَلْنا مِنَ السَّماءِ مَاءً فَأَسْقَيْناكُمُوهُ وَما أَنْتُمْ لَهُ بِخازِنِينَ (٢٢) فِيهِ خَمْسُ مَسَائِلَ: الْأُولَى: قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَأَرْسَلْنَا الرِّياحَ) قِرَاءَةُ الْعَامَّةِ " الرِّياحَ" بِالْجَمْعِ. وَقَرَأَ حَمْزَةُ بِالتَّوْحِيدِ، لِأَنَّ مَعْنَى الرِّيحِ الْجَمْعُ أَيْضًا وَإِنْ كَانَ لَفْظُهَا لَفْظَ الْوَاحِدِ. كَمَا يُقَالُ: جَاءَتِ الرِّيحُ مِنْ كُلِّ جَانِبٍ. كَمَا يُقَالُ: أَرْضٌ سَبَاسِبُ «٣» وَثَوْبٌ أخلاق. وكذلك تفعل العرب في كل شي اتَّسَعَ. وَأَمَّا وَجْهُ قِرَاءَةِ الْعَامَّةِ فَلِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى نَعَتَهَا بِ (لَواقِحَ) وَهِيَ جَمْعٌ. وَمَعْنَى " لَواقِحَ" حَوَامِلَ، لِأَنَّهَا تَحْمِلُ الْمَاءَ وَالتُّرَابَ وَالسَّحَابَ وَالْخَيْرَ وَالنَّفْعَ. قَالَ الْأَزْهَرِيُّ: وَجَعَلَ الرِّيحَ لَاقِحًا لِأَنَّهَا تَحْمِلُ السَّحَابَ، أَيْ تُقِلُّهُ وَتُصَرِّفُهُ ثُمَّ تَمْرِيهِ «٤» فَتَسْتَدِرُّهُ، أَيْ تُنَزِّلُهُ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " حَتَّى إِذا أَقَلَّتْ سَحاباً ثِقالًا «٥» " أَيْ حَمَلَتْ. وَنَاقَةٌ لَاقِحٌ وَنُوقٌ لَوَاقِحُ إِذَا حَمَلَتِ الْأَجِنَّةَ في بطونها. وقيل: لوافح بِمَعْنَى مُلَقَّحَةٌ وَهُوَ الْأَصْلُ، وَلَكِنَّهَا لَا تُلَقِّحُ إِلَّا وَهِيَ فِي نَفْسِهَا لَاقِحٌ، كَأَنَّ الرِّيَاحَ لقحت بخير. قيل: ذَوَاتُ لَقْحٍ، وَكُلُّ ذَلِكَ صَحِيحٌ، أَيْ مِنْهَا مَا يُلَقِّحُ الشَّجَرَ، كَقَوْلِهِمْ: عِيشَةٌ رَاضِيَةٌ، أَيْ فِيهَا رِضًا، وَلَيْلٌ نَائِمٌ، أَيْ فِيهِ نَوْمٌ. وَمِنْهَا مَا تَأْتِي بِالسَّحَابِ. يُقَالُ: لَقِحَتِ النَّاقَةُ (بِالْكَسْرِ) لَقَحًا وَلَقَاحًا (بِالْفَتْحِ) فَهِيَ لَاقِحٌ. وَأَلْقَحَهَا الفحل أي ألقى إليها
(١). راجع ج ١٥ ص ٢٣٤. (٢). راجع ج ١٧ ص ٢٦٠. (٣). السبب: الأرض المستوية البعيدة. (٤). مرت الريح السحاب: إذ أنزلت منه. (٥). راجع ج ٧ ص ٢٢٨. [ ..... ]

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