Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

À propos du mot « sukkirat », deux formes apparaissent : l’intensif (avec gémination) qui sert à marquer l’abondance, et l’allégé (sans gémination) qui transmet néanmoins le même sens. Il est connu que le verbe « sakira » (être ivre) est en principe intransitif.
Abou ʿAlî a dit : il se peut qu’on l’ait entendu employé de façon transitive lorsqu’il s’applique à la vue.
Quant à celui qui lit « sakirat » (avec allègement), il assimile l’altération qui a touché leur vue à l’état de l’ivrogne ; c’est comme si leurs yeux s’étaient comportés comme l’ivrogne qui a perdu toute faculté de perception.
Il a aussi été avancé que la forme allégée renvoie à l’ivresse provoquée par la boisson, tandis que la forme intensive signifie : leurs yeux ont été saisis ; ces deux explications sont rapportées par al-Mâwardî.
An-Nahhâs a déclaré : la lecture la plus réputée rapportée de Moujâhid et al-Hassan est « sakirat » (allégée). Al-Hassan a expliqué : c’est-à-dire « ensorcelée ».
Abou ʿUbayd cite, d’après Abou ʿUbayda, qu’on dit : « sukkirat absâruhum » lorsque leurs yeux sont couverts de « samâdîr » (troubles visuels) au point qu’ils ne voient plus.
Al-Farrâ’ a dit : celui qui lit « sukkirat » (intensive) l’a rattaché au terme « sukûr ar-rîḥ », c’est-à-dire l’apaisement et la mollesse du vent.
An-Nahhâs conclut : ces avis sont proches les uns des autres, et l’origine du mot est, comme l’a précisé Abou ʿAmr ibn al-ʿAlâ’ – qu’Allah lui fasse miséricorde –, qu’il provient de l’ivresse due à la boisson. C’est une interprétation pertinente : un voile a recouvert leur vue, de même que l’ivresse recouvre la raison de l’ivrogne. Quant à « sukûr ar-rîḥ » (l’accalmie du vent), il renvoie aussi à l’idée de désorientation.

« Et Nous avons certes placé dans le ciel des constellations et Nous les avons embelli pour ceux qui regardent » (15 : 16)

Après avoir mentionné la mécréance des négateurs et l’impuissance de leurs idoles, Allah évoque la perfection de Sa puissance afin qu’ils en déduisent Son unicité.

Les « burûj » désignent ici les « palais » ou « demeures » célestes.
Ibn ʿAbbâs a dit : Il s’agit des demeures du soleil et de la lune dans le ciel, c’est-à-dire leurs stations.
Les noms de ces demeures sont : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau et les Poissons.

Les Arabes considéraient la connaissance des positions et des portails des étoiles comme l’un des savoirs les plus nobles ; ils s’orientaient grâce à elles sur les routes, connaissaient les moments (propices), la fertilité ou la sécheresse.
Ils disaient : la sphère céleste comporte douze constellations, chaque constellation couvrant deux degrés et demi.

Le sens originel de « burûj » est la manifestation ou l’apparition ; de là vient l’expression « tabarruja al-mar’a » lorsqu’une femme montre ses atours. Ce sens a déjà été évoqué dans la sourate an-Nisâ’.

Al-Hassan et Qatâda ont dit : les « burûj » sont les étoiles, ainsi nommées parce qu’elles paraissent et s’élèvent.

D’autres ont dit : ce sont les grands astres, comme l’a rapporté Abou Sâlih.

فِي " سُكِّرَتْ" ظَاهِرَانِ، التَّشْدِيدُ لِلتَّكْثِيرِ وَالتَّخْفِيفُ يُؤَدِّي عَنْ مَعْنَاهُ. وَالْمَعْرُوفُ أَنَّ " سَكِرَ" لَا يَتَعَدَّى. قَالَ أَبُو عَلِيٍّ: يَجُوزُ أَنْ يَكُونَ سُمِعَ مُتَعَدِّيًا فِي الْبَصَرِ. وَمَنْ قَرَأَ " سَكِرَتْ" فَإِنَّهُ شَبَّهَ مَا عَرَضَ لِأَبْصَارِهِمْ بِحَالِ السَّكْرَانِ، كَأَنَّهَا جَرَتْ مَجْرَى السَّكْرَانِ لِعَدَمِ تَحْصِيلِهِ. وَقَدْ قِيلَ: إِنَّهُ بِالتَّخْفِيفِ [مِنْ] سُكْرِ الشَّرَابِ، وَبِالتَّشْدِيدِ أُخِذَتْ، ذَكَرَهُمَا الْمَاوَرْدِيُّ. وَقَالَ النَّحَّاسُ: وَالْمَعْرُوفُ مِنْ قِرَاءَةِ مُجَاهِدٍ وَالْحَسَنِ " سُكِرَتْ" بِالتَّخْفِيفِ. قَالَ الْحَسَنُ: أَيْ سُحِرَتْ. وَحَكَى أَبُو عُبَيْدٍ عَنْ أَبِي عُبَيْدَةَ أَنَّهُ يُقَالُ: سُكِّرَتْ أَبْصَارُهُمْ إِذَا غَشِيَهَا سَمَادِيرُ «١» حَتَّى لَا يُبْصِرُوا. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: مَنْ قَرَأَ " سُكِرَتْ" أَخَذَهُ مِنْ سُكُورِ الرِّيحِ «٢» . قَالَ النَّحَّاسُ: وَهَذِهِ الْأَقْوَالُ مُتَقَارِبَةٌ. وَالْأَصْلُ فِيهَا مَا قَالَ أَبُو عَمْرِو بْنُ الْعَلَاءِ رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى، قَالَ: هُوَ مِنَ السُّكْرِ فِي الشَّرَابِ. وَهَذَا قَوْلٌ حَسَنٌ، أَيْ غَشِيَهُمْ مَا غَطَّى أَبْصَارَهُمْ كَمَا غَشِيَ السَّكْرَانَ مَا غَطَّى عَقْلَهُ. وَسُكُورُ الرِّيحِ سُكُونُهَا وَفُتُورُهَا، فَهُوَ يَرْجِعُ إِلَى مَعْنَى التحيير. [[سورة الحجر (١٥) : آية ١٦]] وَلَقَدْ جَعَلْنا فِي السَّماءِ بُرُوجاً وَزَيَّنَّاها لِلنَّاظِرِينَ (١٦) لَمَّا ذَكَرَ كُفْرَ الْكَافِرِينَ وَعَجْزَ أَصْنَامِهِمْ ذَكَرَ كَمَالَ قُدْرَتِهِ لِيَسْتَدِلَّ بِهَا عَلَى وَحْدَانِيَّتِهِ. وَالْبُرُوجُ: الْقُصُورُ وَالْمَنَازِلُ. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: أَيْ جَعَلْنَا فِي السَّمَاءِ بُرُوجَ الشَّمْسِ وَالْقَمَرِ، أَيْ مَنَازِلَهُمَا. وَأَسْمَاءُ هَذِهِ الْبُرُوجِ: الْحَمَلُ، وَالثَّوْرُ، وَالْجَوْزَاءُ، وَالسَّرَطَانُ، وَالْأَسَدُ، وَالسُّنْبُلَةُ، وَالْمِيزَانُ، وَالْعَقْرَبُ، وَالْقَوْسُ، وَالْجَدْيُ، وَالدَّلْوُ، وَالْحُوتُ. وَالْعَرَبُ تَعُدُّ الْمَعْرِفَةَ لِمَوَاقِعِ النُّجُومِ وَأَبْوَابِهَا مِنْ أَجَلِّ الْعُلُومِ، وَيَسْتَدِلُّونَ بِهَا عَلَى الطُّرُقَاتِ وَالْأَوْقَاتِ وَالْخِصْبِ وَالْجَدْبِ. وَقَالُوا: الْفَلَكُ اثْنَا عَشَرَ بُرْجًا، كُلُّ بُرْجٍ مِيلَانِ وَنِصْفٌ. وَأَصْلُ الْبُرُوجِ الظُّهُورُ، وَمِنْهُ تَبَرُّجُ الْمَرْأَةِ بِإِظْهَارِ زِينَتِهَا. وَقَدْ تَقَدَّمَ هَذَا الْمَعْنَى فِي النِّسَاءِ «٣» . وَقَالَ الْحَسَنُ وَقَتَادَةُ: الْبُرُوجُ النُّجُومُ، وَسُمِّيَتْ بِذَلِكَ لِظُهُورِهَا وَارْتِفَاعِهَا. وقيل: الكواكب العظام، قال أبو صالح،
(١). السمادير: ضعف البصر. وقيل: هو الذي يتراءى للإنسان من ضعف بصره عند السكر من الشراب. (٢). سكونها بعد الهبوب. (٣). راجع ج ٥ ص ٢٨٤.

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