« Et il ne leur vient aucun Messager sans qu’ils ne s’en moquent » (verset 11).
Ce verset est une consolation pour le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue : de même que ces polythéistes se sont comportés avec toi, il en fut ainsi avec les Messagers qui t’ont précédé.
« Ainsi Nous l’introduisons dans les cœurs des criminels. Ils n’y croient pas, bien que la coutume des anciens ait déjà passé » (versets 12-13).
La parole d’Allah : « Ainsi Nous l’introduisons » signifie l’égarement, la mécréance, la moquerie et l’association. « dans les cœurs des criminels » de ton peuple, d’après al-Ḥasan, Qatāda et d’autres. Autrement dit : comme Nous l’avons introduit dans les cœurs des communautés passées, Nous l’introduisons dans les cœurs des polythéistes de ta communauté afin qu’ils ne croient pas en toi, de même que ceux d’avant eux n’ont pas cru en leurs Messagers.
Ibn Jurayj rapporte de Mujāhid : « Nous introduisons le démenti. » Le terme salk désigne l’action de faire pénétrer une chose dans une autre, à l’image du fil que l’on passe dans le chas d’une aiguille. On dit : salakahū, yaslukuhū salkan wa sulūkan ; aslakahū islākan. De même : « Il a emprunté la route », etc. ‘Adī b. Zayd a dit :
« Et ils t’ont fait passer par un jour éprouvant. »
Le mot as-silk (avec kasra) signifie : le fil. Le verset apporte donc une réfutation aux qadarites et aux muʿtazilites.
D’autres ont dit : le sens est : « Nous introduisons le Coran dans leurs cœurs et ils le rejettent. » C’est l’opinion de al-Ḥasan, Mujāhid et Qatāda, avis adopté par la majorité des exégètes et constituant une preuve encore plus contraignante contre les muʿtazilites.
Al-Ḥasan a également dit : « Nous faisons passer le Rappel (adh-Dhikr) comme argument irréfutable », propos rapporté par al-Ghaznawī.
La parole : « et la coutume des anciens a déjà passé » signifie : la Sunna d’Allah consistant à faire périr les mécréants s’est déjà réalisée ; ces gens-là sont donc tout proches de la destruction. Il a aussi été dit : « la coutume des anciens » renvoie à un comportement semblable à celui qu’adoptent ces mécréants — démenti et mécréance — si bien qu’ils marchent sur les traces de leurs prédécesseurs.