Il élève sa voix lorsqu’il la hausse.
Al-Ḥasan a dit : « Ce jour-là, les visages des gens seront tournés vers le ciel ; nul ne regardera son prochain. »
Selon un autre avis : leurs têtes seront abaissées.
Al-Mahdawî a expliqué : on dit aqnaʿa lorsqu’un homme relève la tête, et l’on dit également aqnaʿa lorsqu’il incline la tête, par humilité et soumission ; l’āyah peut être comprise dans ces deux sens. Al-Mubarrad partage cette opinion, mais le premier usage est le plus répandu dans la langue.
Le poète en mètre rajaz a dit :
« Il secoua vers moi sa tête puis la releva,
Comme s’il apercevait une chose qui l’incitait à l’espérance. »
Al-Shammâkh, décrivant des chamelles, a dit :
« Elles se rendent dès l’aurore aux arbustes épineux,
Têtes dressées, leurs molaires pareilles à des haches affûtées. »
C’est-à-dire : les têtes levées vers les branches pour les atteindre.
De là vient l’appellation muqannaʿah (élévée), et l’on dit : « Untel qaniʿa (se contente) » lorsqu’il agrée son lot, c’est-à-dire qu’il relève la tête et s’abstient de demander. On dit aussi : « qanʿa lorsqu’il mendie », c’est-à-dire qu’il se tourne vers ce qui peut le couvrir, selon an-Naḥḥâs.
Une bouche muqnaʿ est celle dont les dents se recourbent vers l’intérieur. Un « homme muqannaʿ », avec redoublement, désigne — selon al-Jawharî — celui qui porte un casque.
« Leur regard ne revient pas vers eux » : leurs yeux demeurent figés, incapables de cligner, tant ils fixent avec intensité.
On dit : ṭarafa l-rajulu yaṭrifu ṭarfan lorsque l’homme ferme une paupière sur l’autre ; le regard a été appelé ṭarf parce qu’il se réalise par ce moyen, et ṭ-ṭarf signifie également l’œil.
Antara a dit :
« Je baisse les yeux lorsque ma voisine paraît,
Jusqu’à ce que l’abri de ma voisine la dissimule. »
Jamîl a dit :
« Par honneur pour Jamla je détourne mon regard,
Et pour ce regard même que je retiens. »
« Leurs cœurs sont vides (hawāʾ) » : ils ne leur servent de rien tant la frayeur est grande.
Ibn ʿAbbâs dit : « Dénués de tout bien. »
As-Suddî : « Leurs cœurs sortirent de leurs poitrines et restèrent coincés dans leurs gorges. »
Mujâhid, Murrah et Ibn Zayd : « Ils sont creux, délabrés, transpercés, sans bien ni raison, comme l’on dit d’une maison vide : “Ce n’est que du vent.” »
Ibn ʿAbbâs a ajouté : « Dans la langue, hawāʾ désigne ce qui est creux et vide. »
Hassân a dit :
« Fais savoir à Abû Sufyân, de ma part,
Que tu n’es qu’une outre creuse, un cœur sans vigueur. »