Adam – paix sur lui – lorsqu’il fut fait descendre sur terre, dit : « Ô Seigneur, est-ce cette contrée qui T’est la plus chère pour que Tu y sois adoré ? » Il répondit : « Non, c’est plutôt La Mecque. »
Il est toutefois bien connu de lui et des habitants de Médine qu’ils accordent la préférence à Médine. Les gens de Bassora et ceux de Bagdad ont divergé sur cette question : un groupe affirme que la supériorité revient à La Mecque, un autre soutient qu’elle revient à Médine.
Parole du Très-Haut :
« Fais donc que des cœurs parmi les gens se penchent vers eux ».
Le terme « afʾidah » est le pluriel de « fuʾâd », qui signifie les cœurs. On emploie parfois « fuʾâd » pour désigner le cœur, comme l’a dit le poète :
« Et certes, un cœur, dans sa passion, m’a conduit vers toi…
Durant tout le temps, il demeure patient. »
On a aussi dit qu’il s’agit du pluriel de « wafd » (délégation). L’originel serait « awfida » ; la hamza a été avancée et le wâw transformé en yâʼ, d’où la forme actuelle. C’est alors comme s’il était dit : « Fais que des délégations d’hommes se portent vers eux », c’est-à-dire qu’elles s’élancent. On dit : « hawa ilayhi » lorsqu’on penche vers quelqu’un, et l’on dit d’une chamelle : « hawat, tahwî hawiyyan » ; elle est « hâwiya » lorsqu’elle court d’une course rapide comme si elle se trouvait dans le vide d’un puits. L’expression « se penchent vers eux » procède de ce même verbe.
Ibn ʿAbbâs et Mujâhid ont dit : si Allah avait dit « les cœurs des hommes », les Perses, les Byzantins, les Turcs, les Indiens, les Juifs, les Chrétiens et les Mages s’y seraient rués. Mais Il a dit : « parmi les gens », c’est-à-dire les musulmans.
Son propos : « se penchent vers eux » signifie qu’ils éprouvent de la nostalgie pour eux et pour la visite de la Maison. Mujâhid a lu : « tahwî ilayhim », c’est-à-dire « les désire et les honore ».
« Et pourvois-les en fruits – peut-être Te seront-ils reconnaissants. »
Allah exauça cette invocation, Il fit pousser pour eux au Ṭâʾif toutes sortes d’arbres fruitiers et fit affluer jusqu’à eux les produits des différentes contrées.
Dans le Ṣaḥîḥ de l’imam al-Bukhârî, d’après Ibn ʿAbbâs, se trouve le long récit dont nous avons déjà cité une partie :
« Puis Abraham revint après le mariage d’Ismaël pour s’enquérir de son foyer ; il ne trouva pas Ismaël. Il demanda à son épouse où il se trouvait. Elle dit : “Il est parti nous chercher de quoi subsister.” Il les interrogea alors sur leur mode de vie et leurs conditions ; elle répondit : “Nous sommes dans le malheur, nous vivons dans l’étroitesse et la difficulté”, se plaignant ainsi à lui. Il dit : “Lorsque ton époux reviendra, transmets-lui mes salutations et dis-lui de changer le seuil de sa porte.”
Lorsque Ismaël revint, il ressentit comme quelque chose et demanda : “Quelqu’un vous a-t-il visités ?” Elle répondit : “Oui, un vieillard tel et tel est venu ; il m’a interrogée à ton sujet et je l’ai informé. Il m’a demandé comment nous vivions ; je lui ai dit que nous étions dans la gêne et la difficulté.” Il dit : “T’a-t-il recommandé quelque chose ?” Elle répondit : “Il m’a ordonné de te transmettre les salutations et a dit : ‘Change le seuil de ta porte.’” Il dit : “C’était mon père ; il m’a ordonné de te répudier : retourne donc auprès de ta famille.” Il la répudia et épousa une autre femme parmi eux.
Abraham resta loin d’eux aussi longtemps qu’Allah le voulut, puis il revint sans trouver Ismaël ; il entra auprès de son épouse et l’interrogea sur son absence. Elle dit : “Il est parti nous chercher de quoi subsister.” »