Les dignitaires se sont faits chrétiens par honte d’une gifle ; or, s’ils avaient supporté l’affront, il ne leur en serait résulté aucun mal.
Une obstination et un orgueil m’ont enveloppé à son sujet, et j’ai troqué pour elle l’œil sain contre l’aveuglement.
Ah ! que ne suis-je à garder les chamelles prêtes à mettre bas dans quelque contrée, plutôt que d’avoir rejeté la parole qu’Omar avait prononcée !
Al-Ḥasan (al-Baṣrî) a dit : ce passage vise de manière générale l’ensemble des polythéistes.
« Et ils ont conduit leur peuple » : c’est-à-dire qu’ils l’ont fait descendre (dans ce lieu funeste).
Ibn ʿAbbâs a dit : il s’agit des chefs des polythéistes le jour de Badr. L’expression « ils ont conduit leur peuple » désigne ceux qui les ont suivis.
« La demeure de la ruine » : il a été dit qu’il s’agit de l’Enfer, avis rapporté par Ibn Zayd ; d’autres, tels que ʿAlî ibn Abî Ṭâlib et Mujâhid, y ont vu une allusion au jour de Badr. Al-bawâr signifie la perdition, comme dans ce vers du poète :
« Je n’ai point vu pareils à eux, héros de la guerre,
au matin du combat lorsque fut redoutée la ruine. »
« L’Enfer où ils brûleront » précise que la « demeure de la ruine » est bien la Géhenne, ainsi qu’Ibn Zayd l’a affirmé. De ce fait, il n’est pas permis de s’arrêter sur l’expression « dâr al-bawâr », car « Jahannam » y est à l’accusatif, en apposition explicative. Si l’on élevait le mot – en sous-entendant « c’est l’Enfer » ou en rattachant le pronom de « où ils brûleront » –, l’arrêt serait alors correct.
« Quel détestable séjour ! » c’est-à-dire quelle funeste demeure !
Sa parole, exalté soit-Il : « Ils ont donné à Allah des égaux » : autrement dit des idoles qu’ils adorèrent – sujet déjà traité dans la sourate al-Baqarah.
« Pour égarer (les gens) de Son sentier » : c’est-à-dire de Sa religion. Ibn Kathîr et Abû ʿAmr ont lu le verbe avec la voyelle fatha (li-yuḍilla), de même dans la sourate al-Ḥajj : « pour égarer (li-yuḍilla) du chemin d’Allah », ainsi que dans Luqmân et az-Zumar. Les autres récitants l’ont lu avec ḍamma (li-yuḍillû) signifiant : « afin qu’ils égarent les gens de Son sentier ». Quant à la lecture fatha, elle sous-entend qu’eux-mêmes s’égarent inéluctablement du chemin d’Allah ; c’est la lâm de la conséquence (lâm al-ʿāqibah).
« Dis : jouissez (un temps) » : c’est une menace qui sous-entend la brièveté des jouissances mondaines, car elles sont vouées à disparaître.
« Car, en vérité, votre destination sera le Feu » : autrement dit, votre retour et votre ultime demeure seront dans le châtiment de la Géhenne.
[ Sourate Ibrâhîm (14), verset 31 ]
« Dis à Mes serviteurs qui ont cru qu’ils accomplissent la ṣalât et qu’ils dépensent (en aumône) de ce que Nous leur avons accordé, en secret comme au grand jour, avant que ne vienne un Jour où il n’y aura ni négoce ni amitié protectrice. »