« Je vous ai appelés et vous avez répondu à mon appel. » On en déduit qu’il s’adressait au pécheur croyant aussi bien qu’au mécréant négateur ; mais la question mérite examen, car Sa parole : « lorsque l’affaire fut définitivement réglée » indique qu’il n’a parlé qu’aux mécréants, à l’exclusion des pêcheurs parmi les monothéistes – et Allah est Le plus Savant.
« Ne me blâmez donc pas, blâmez plutôt vos propres personnes » – lorsque vous êtes venus à moi sans aucun argument.
« Je ne peux vous secourir »
et « vous ne pouvez, vous, me secourir ». Le ṣârikh et le mustaṣrikh sont celui qui appelle au secours et implore l’aide, tandis que le muṣrikh est le secoureur.
Salâmah b. Jandal a dit :
« Chaque fois qu’un crieur affolé se présentait à nous,
son appel se traduisait par le heurt des tibias des montures. »
Et Umayya b. Abî Ṣalt a dit :
« Ne vous alarmez pas ! Je ne suis point votre secoureur ;
je ne possède pour vous ni richesse ni victoire. »
On dit : « Untel ṣarakha », c’est-à-dire demanda secours ; il « yasrukh » en poussant un ṣarkh, un ṣurâkh ou une ṣarḫah. « Iṣṭaracha » a le même sens que ṣarakha. « At-taṣarruḫ » désigne l’effort de crier. Le muṣrikh est le secoureur ; le mustaṣrikh, l’implorant.
On dit aussi : « istaṣrakhanî fa-aṣrakhtuhu » : il m’a imploré secours et je l’ai secouru. Le ṣarîkh est la voix de l’implorant ; il désigne également celui qui crie, c’est-à-dire le secoureur ou l’implorant – terme employé avec deux sens contraires, selon al-Jauharî.
La récitation unanimement adoptée est : « bi-muṣrikhiyya » avec ouverture de la yâ’. Al-Aʿmash et Ḥamzah lisent : « bi-muṣrikhiyy », avec kasra de la yâ’. Son origine est « bi-muṣrikhîna » ; le nûn a été omis du fait de l’annexion et la yâ’ du pluriel a été assimilée à la yâ’ de l’annexion. Ceux qui prononcent avec la fatḥa le font en raison du redoublement et parce que, lorsque la consonne qui précède la yâ’ de l’annexion est muette, l’ouverture s’impose (comme hawâya, ʿaṣâya). Si la consonne précédente est vocalisée, l’ouverture et le maintien sont permis (ghulâmî, ghulâmatî). Ceux qui emploient la kasra le font pour éviter la rencontre de deux consonnes muettes, la yâ’ étant la « sœur » de la kasra.
Al-Farrâ’ a dit : « La lecture de Ḥamzah procède d’une inadvertance de sa part, et rares sont ceux d’entre eux qui sont exempts d’erreur. » Az-Zajjâj dit : « C’est une lecture défectueuse qui n’a pour elle qu’un argument bien faible. » Qutrub dit : « C’est la langue des Banû Yarbuʿ : ils ajoutent une yâ’ à la yâ’ de l’annexion. »
Al-Qushayrî conclut : « Il suffit de rappeler que ce qui a été transmis de façon mutawâtir du Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – ne saurait être qualifié d’erreur, de vilain ou de médiocre ; ce qui se trouve dans le Coran est éloquent, même s’il peut exister plus éloquent encore. Sans doute ces critiques voulaient-ils simplement dire qu’une autre lecture que celle qu’a adoptée Ḥamzah est stylistiquement plus élevée. »
« Je me suis certes désavoué de l’association que vous me prêtiez auparavant. »