Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ibn ‘Abbâs a dit : les causes de la mort lui parviennent de toute part : de sa droite et de sa gauche, du dessus et du dessous, de devant comme de derrière, conformément à la parole du Très-Haut : « Au-dessus d’eux et au-dessous d’eux, des voiles (couches) de feu » (az-Zumar, 16).

Ibrâhîm at-Taymî a dit : elle lui vient de chaque parcelle de son corps, jusqu’aux pointes de ses cheveux, en raison des douleurs qui le saisissent en tout endroit de son être.

Ad-Dahhâk a dit : certes, la mort l’atteint de tout côté et de tout lieu, jusqu’à l’extrémité de ses deux gros orteils.

Al-Akhfash a dit : il s’agit des calamités qui frappent le mécréant dans le Feu ; le texte les a qualifiées de « mort », et elles constituent parmi les formes les plus terribles de la mort.

On a dit encore : il ne reste aucun membre de son corps sans qu’un type de châtiment ne lui soit assigné ; s’il mourait soixante-dix fois, ce serait pour lui plus supportable que l’un de ces supplices, ne fût-ce qu’un seul instant : tantôt un serpent le mord, tantôt un scorpion le pique, ou bien le feu lui calcine le visage, ou un carcan enserre ses jambes, ou un carcan de fer l’étrangle, ou une chaîne l’attache, ou un cercueil l’enferme, ou bien ce sont le zaqqûm, l’eau bouillante, et d’autres tourments encore.

Muhammad ibn Ka‘b a dit : lorsque le mécréant, en Enfer, demande à boire et qu’il aperçoit la boisson, il meurt à maintes reprises ; lorsqu’il s’en approche, il meurt de nouveau à maintes reprises ; et lorsqu’il en boit, il meurt encore et encore. Telle est la parole du Très-Haut : « La mort l’atteindra de partout, mais il ne mourra pas ».

Ad-Dahhâk a dit : il ne meurt pas, donc ne goûte aucun repos.

Ibn Jurayj a dit : son âme reste suspendue dans sa gorge ; elle ne sort pas par sa bouche pour qu’il meure, ni ne retourne à sa place dans son corps pour que la vie lui profite – semblable en cela à la parole divine : « Il n’y mourra pas et n’y vivra pas » (Tâ-Hâ, 74).

Il a aussi été dit : Allâh crée dans son corps des douleurs, chacune équivalente à la souffrance de l’agonie.

D’aucuns ont dit : « …et il ne mourra pas » signifie que les affres de la mort se prolongent indéfiniment pour lui, que ses agonies se perpétuent, de sorte que cela accroisse son supplice.

J’ai dit : il pourrait paraître, d’après ces propos, qu’il meurt ; or il n’en est rien, compte tenu de la parole du Très-Haut : « Il ne leur sera pas décrété d’y mourir et on ne leur allégera rien de son châtiment » (Fâtir, 36). C’est ainsi que l’indique la Sunna : l’état des mécréants est celui de personnes constamment saisies par les agonies de la mort. Et Allâh sait mieux.

« Et derrière lui » – c’est-à-dire devant lui – « un châtiment rude », c’est-à-dire un tourment intense, ininterrompu, sans répit. De là la parole divine : « …et qu’ils trouvent en vous de la rudesse » (at-Tawba, 123), c’est-à-dire de la fermeté et de la force.

Al-Fudayl ibn ‘Iyâd, commentant la parole du Très-Haut : « Et derrière lui un châtiment rude », a dit : c’est la rétention du souffle (l’étouffement).

قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: أَيْ يَأْتِيهِ أَسْبَابُ الْمَوْتِ مِنْ كُلِّ جِهَةٍ عَنْ يَمِينِهِ وَشِمَالِهِ، وَمِنْ فوقه وتحته ومن قدامه وخلفه، كقوله: " لَهُمْ مِنْ فَوْقِهِمْ ظُلَلٌ مِنَ النَّارِ وَمِنْ تَحْتِهِمْ ظُلَلٌ" «١» [الزمر: ١٦] . وَقَالَ إِبْرَاهِيمُ التَّيْمِيُّ: يَأْتِيهِ مِنْ كُلِّ مَكَانٍ مِنْ جَسَدِهِ حَتَّى مِنْ أَطْرَافِ شَعْرِهِ، لِلْآلَامِ التي في كل مكان من جسد. وَقَالَ الضَّحَّاكُ: إِنَّهُ لَيَأْتِيهِ الْمَوْتُ مِنْ كُلِّ نَاحِيَةٍ وَمَكَانٍ حَتَّى مِنْ إِبْهَامِ رِجْلَيْهِ. وَقَالَ الْأَخْفَشُ: يَعْنِي الْبَلَايَا الَّتِي تُصِيبُ الْكَافِرَ فِي النَّارِ سَمَّاهَا مَوْتًا، وَهِيَ مِنْ أَعْظَمِ الْمَوْتِ. وَقِيلَ: إِنَّهُ لَا يَبْقَى عُضْوٌ مِنْ أَعْضَائِهِ إِلَّا وُكِّلَ بِهِ نَوْعٌ مِنَ الْعَذَابِ، لَوْ مَاتَ سَبْعِينَ مَرَّةً لَكَانَ أَهْوَنُ عَلَيْهِ مِنْ نَوْعٍ مِنْهَا فِي فَرْدِ لَحْظَةٍ، إِمَّا حَيَّةٌ تَنْهَشُهُ، أَوْ عَقْرَبٌ تَلْسِبُهُ «٢» ، أَوْ نَارٌ تَسْفَعُهُ، أَوْ قَيْدٌ بِرِجْلَيْهِ، أَوْ غُلٌّ فِي عُنُقِهِ، أَوْ سِلْسِلَةٌ يُقْرَنُ بِهَا، أَوْ تَابُوتٌ يَكُونُ فِيهِ، أَوْ زَقُّومٌ أَوْ حَمِيمٌ، أَوْ غَيْرُ ذَلِكَ مِنَ الْعَذَابِ، وَقَالَ مُحَمَّدُ بْنُ كَعْبٍ: إِذَا دَعَا الْكَافِرُ فِي جَهَنَّمَ بِالشَّرَابِ فَرَآهُ مَاتَ مَوْتَاتٍ، فَإِذَا دَنَا مِنْهُ مَاتَ مَوْتَاتٍ، فَإِذَا شَرِبَ مِنْهُ مَاتَ مَوْتَاتٍ، فَذَلِكَ قَوْلُهُ: " وَيَأْتِيهِ الْمَوْتُ مِنْ كُلِّ مَكانٍ وَما هُوَ بِمَيِّتٍ" . قَالَ الضَّحَّاكُ: لَا يَمُوتُ فَيَسْتَرِيحُ. وَقَالَ ابْنُ جُرَيْجٍ: تَعَلَّقُ رُوحُهُ فِي حَنْجَرَتِهِ فَلَا تَخْرُجُ مِنْ فِيهِ فَيَمُوتُ، وَلَا تَرْجِعُ إِلَى مَكَانِهَا مِنْ جَوْفِهِ فَتَنْفَعُهُ الْحَيَاةُ، وَنَظِيرُهُ قَوْلُهُ: " لا يَمُوتُ فِيها وَلا يَحْيى «٣» " [طه: ٧٤] . وَقِيلَ: يَخْلُقُ اللَّهُ فِي جَسَدِهِ آلَامًا كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهَا كَأَلَمِ الْمَوْتِ. وَقِيلَ: " وَما هُوَ بِمَيِّتٍ" لِتَطَاوُلِ شَدَائِدِ الْمَوْتِ بِهِ، وَامْتِدَادِ سَكَرَاتِهِ عَلَيْهِ، لِيَكُونَ ذَلِكَ زِيَادَةٌ فِي عَذَابِهِ. قُلْتُ: وَيَظْهَرُ مِنْ هَذَا أَنَّهُ يَمُوتُ، وَلَيْسَ كَذَلِكَ، لقول تَعَالَى: " لَا يُقْضى عَلَيْهِمْ فَيَمُوتُوا وَلا يُخَفَّفُ عَنْهُمْ مِنْ عَذابِها" «٤» [فاطر: ٣٦] وَبِذَلِكَ وَرَدَتِ السُّنَّةُ، فَأَحْوَالُ الْكُفَّارِ أَحْوَالُ مَنِ اسْتَوْلَى عَلَيْهِ سَكَرَاتُ الْمَوْتِ دَائِمًا، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. (وَمِنْ وَرائِهِ) أَيْ مِنْ أَمَامِهِ. (عَذابٌ غَلِيظٌ) أي شديد متواصل الآلام من غَيْرُ فَتُورِ، وَمِنْهُ قَوْلُهُ: " وَلْيَجِدُوا فِيكُمْ غِلْظَةً" «٥» [التوبة: ١٢٣] أَيْ شِدَّةٌ وَقُوَّةٌ. وَقَالَ فُضَيْلُ بْنُ عِيَاضٍ فِي قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: " وَمِنْ وَرائِهِ عَذابٌ غَلِيظٌ" قال: حبس الأنفاس.
(١). راجع ج ١٥ ص ٢٤٢. (٢). تلسبه: تلدغه، وتسفعه تسود وجهه. (٣). راجع ج ١١ ص ٢٢٥. (٤). راجع ج ١٤ ص. (٥). راجع ج ٨ ص ٢٩٨ فما بعد.

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