Il s’enorgueillit vis-à-vis des Messagers et s’écarte de la voie de la Vérité, si bien qu’il ne l’emprunte pas.
Les Arabes disent : « La pire des chamelles est l’‘anud, celle qui se détourne du chemin. »
On a dit également : l’‘anid est le rebelle.
Qatâdah a dit : « L’‘anid, c’est celui qui refuse de dire : Lâ ilâha illâ-Llâh. »
J’ajoute : dans le verset, le « jabbâr » (le tyran) et l’« ‘anid » (l’obstiné) renvoient à une seule et même idée, bien que le terme diffère ; quiconque se tient éloigné de la Vérité est un tyran, un obstiné, c’est-à-dire un orgueilleux.
Il a aussi été dit que celui visé par le verset est Abû Jahl, ainsi que l’a rapporté al-Mahdawî.
Al-Mâwardî rapporte dans son ouvrage « Adab ad-Dunyâ wa-d-Dîn » qu’un jour al-Walîd b. Yazîd b. ‘Abd al-Malik chercha un présage en ouvrant le Muṣḥaf ; il tomba sur la parole du Très-Haut :
« Et ils implorèrent le jugement, mais tout tyran obstiné fut déçu. »
Il déchira alors le Muṣḥaf et se mit à déclamer :
« Menaces-tu donc chaque tyran obstiné ?
Eh bien, me voici, un tyran obstiné !
Quand tu te présenteras à ton Seigneur, le Jour du Rassemblement,
Dis : “Seigneur, c’est al-Walîd qui m’a mis en pièces.” »
Il ne survécut que quelques jours avant d’être tué de la pire manière ; sa tête fut d’abord crucifiée sur son palais, puis sur le rempart de sa ville.
Parole du Très-Haut :
(« Derrière lui se trouve la Géhenne ») c’est-à-dire : derrière ce mécréant il y a la Géhenne, après sa destruction. Ici, « warâ’ » signifie « après / derrière ».
Al-Nâbighah a dit :
« J’ai juré sans te laisser la moindre incertitude,
et pour l’homme, après Allah, il n’est nul refuge. »
De même, la parole du Très-Haut : « Et après lui un châtiment sévère » ; et Sa parole : « Et ils mécroient en ce qui est derrière cela » (al-Baqarah, 2 : 91), c’est-à-dire en tout autre chose, selon al-Farrâ’.
Abû ‘Ubayd explique : c’est-à-dire « en ce qui vient après » ; d’autres ont dit que « derrière lui » signifie « devant lui ».
Ainsi chante le poète :
« Et derrière toi se tient un jour que tu atteindras ;
Nul présent n’en sera exempt, nul absent ne s’y soustraira. »
Un autre a dit :
« Les fils de Marwân espèrent-ils mon écoute et mon obéissance,
Alors que ma tribu Tamîm et le désert sont derrière moi ? »
Et Labîd a dit :
« N’est-ce pas qu’après moi, si mon terme tarde à venir,
Il y aura le bâton auquel les doigts se cramponnent ? »