« afin qu’il explique »
Car l’envoi (des messagers) n’a été décrété que pour l’explication et non pour l’égarement. Il est toutefois permis de lire le verbe « il égare » à l’accusatif, parce que l’envoi devient ainsi une cause d’égarement, comme dans Sa parole : « afin qu’il leur devienne un ennemi et une cause de chagrin » (al-Qaṣaṣ : 8). L’envoi a donc constitué une cause d’égarement du fait qu’ils ont mécru lorsque le message leur parvint, de sorte qu’il est comme la cause même de leur mécréance.
« Lui, le Tout-Puissant » : le sens a déjà été abordé.
Sourate Ibrâhîm (14) – verset 5
« Nous avons certes envoyé Moïse avec Nos signes : “Fais sortir ton peuple des ténèbres vers la lumière et rappelle-leur les jours d’Allah. En cela se trouvent assurément des signes pour tout serviteur très patient et reconnaissant.” »
Parole du Très-Haut :
« Nous avons certes envoyé Moïse avec Nos signes », c’est-à-dire avec Nos preuves et Nos arguments, autrement dit avec les miracles attestant la véracité de sa mission. Mujâhid a dit : « Il s’agit des neuf signes connus. »
« afin que tu fasses sortir ton peuple des ténèbres vers la lumière » – passage analogue à la parole qu’Allah adressa à notre Prophète, paix sur lui, au début de la sourate : « afin que tu fasses sortir les gens des ténèbres vers la lumière ». Ici, la particule « an » signifie « c’est-à-dire », comme dans : « Et les notables d’entre eux dirent : an imshû – “allez !” » (Ṣâd : 6), c’est-à-dire : « allez ! ».
Sa parole : « et rappelle-leur les jours d’Allah » signifie : adresse-leur une exhortation qui leur remémore les jours d’Allah, exalté soit-Il.
Ibn ‘Abbâs, Mujâhid et Qatâdah dirent : « Il s’agit des bienfaits d’Allah à leur endroit. » C’est aussi l’avis d’Ubayy ibn Ka‘b – rapporté comme parole prophétique – : autrement dit, rappelle-leur les faveurs dont Allah les a comblés : le salut contre Pharaon, la sortie de l’errance dans le désert, et les autres bienfaits. Les bienfaits peuvent en effet être appelés « jours », d’où la parole du poète ‘Amr ibn Kulthûm :
« Et ces jours glorieux et prolongés que nous avons vécus… »