Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

[Sourate Ibrâhîm (14) : versets 2 à 3]
« Allah – à Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et tout ce qui est sur la terre – ; malheur aux mécréants à cause d’un châtiment terrible, (2)
ceux qui préfèrent la vie d’ici-bas à l’Au-delà, détournent les gens du sentier d’Allah et cherchent à lui imprimer de la torsion ; ceux-là s’enfoncent dans un égarement profond. » (3)

Sa parole – qu’Il soit exalté – :
« Allah, à qui appartient ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre »
– autrement dit : Il en est le Propriétaire, le Souverain, le Créateur et l’Innovateur, ainsi que le Maître des serviteurs.

Nâfi‘, Ibn ‘Âmir et d’autres ont lu « Allâhu » au nominatif, en tant que sujet, et « alladhî » est alors son prédicat.
On a également soutenu que « alladhî » tiendrait ici lieu d’adjectif, tandis que le prédicat serait sous-entendu, le sens étant : « Allah, à qui appartient ce qui est dans les cieux et sur la terre, est Capable de toute chose. »

La majorité des lecteurs l’ont, quant à eux, prononcé au génitif, comme épithète de « al-‘Azîz al-Hamîd », l’épithète étant placée avant le nom qualifié, à l’exemple de l’expression : « Je suis passé près du courtois Zayd. »
D’autres ont estimé qu’il s’agissait là d’un badal (apposition) de « al-Hamîd » et non pas d’un adjectif, le Nom « Allah » étant devenu un nom propre qui, à l’instar de « Zayd » ou « ‘Amr », n’accepte plus la qualification. Il reste néanmoins possible de le décrire par égard au sens, puisqu’il signifie Celui qui est unique dans le pouvoir de créer ex nihilo.

Abû ‘Amr a dit : la lecture au génitif se comprend par antéposition et postposition, le tour complet étant : « au chemin d’Allah, le Tout-Puissant, le Digne de louange, à qui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. »
Ya‘qûb, lorsqu’il faisait une pause sur « al-Hamîd », le lisait au nominatif ; mais en reprenant la récitation, il le mettait au génitif à titre d’épithète. Ibn al-Anbârî a précisé : celui qui lit au génitif s’arrête sur « …et ce qui est sur la terre ».

Sa parole – qu’Il soit exalté – :
« Et malheur aux mécréants, [menacés] d’un châtiment terrible »
Le terme « wayl » (malheur) a déjà été expliqué dans la sourate al-Baqarah ; al-Zajjâj dit : c’est un mot employé pour annoncer le châtiment et la perdition. L’expression « d’un châtiment terrible » renvoie à la Géhenne.

« Ceux qui affectionnent la vie d’ici-bas » : c’est-à-dire qu’ils la préfèrent à l’Au-delà – ce que font précisément les mécréants. Ainsi, « alladhîna » est, selon la première analyse, au génitif comme adjectif d’« al-kâfirîn ». D’autres l’ont tenu pour sujet d’une phrase dont le prédicat, sous-entendu, serait : « ce sont eux qui… ». On a encore dit : « alladhîna yastahibbûna » est lui-même sujet, et son prédicat est « ulâ’ika ».

Quiconque, en tout temps, préfère le bas-monde et son faste

[سورة إبراهيم (١٤) : الآيات ٢ الى ٣] اللَّهِ الَّذِي لَهُ مَا فِي السَّماواتِ وَما فِي الْأَرْضِ وَوَيْلٌ لِلْكافِرِينَ مِنْ عَذابٍ شَدِيدٍ (٢) الَّذِينَ يَسْتَحِبُّونَ الْحَياةَ الدُّنْيا عَلَى الْآخِرَةِ وَيَصُدُّونَ عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ وَيَبْغُونَها عِوَجاً أُولئِكَ فِي ضَلالٍ بَعِيدٍ (٣) قَوْلُهُ تَعَالَى: (اللَّهِ الَّذِي لَهُ مَا فِي السَّماواتِ وَما فِي الْأَرْضِ) أَيْ مُلْكًا وَعَبِيدًا وَاخْتِرَاعًا وَخَلْقًا. وَقَرَأَ نَافِعٌ وَابْنُ عَامِرٍ وَغَيْرُهُمَا: " اللَّهُ" بِالرَّفْعِ عَلَى الِابْتِدَاءِ " الَّذِي" خَبَرُهُ. وَقِيلَ: " الَّذِي" صِفَةٌ، وَالْخَبَرُ مُضْمَرٌ، أَيِ الله الذي له ما في السموات وما في الأرض قادر على كل شي. الْبَاقُونَ بِالْخَفْضِ نَعْتًا لِلْعَزِيزِ الْحَمِيدِ فَقَدَّمَ النَّعْتَ عَلَى الْمَنْعُوتِ، كَقَوْلِكَ: مَرَرْتُ بِالظَّرِيفِ زَيْدٍ. وَقِيلَ: عَلَى الْبَدَلِ مِنَ " الْحَمِيدِ" وَلَيْسَ صِفَةً، لِأَنَّ اسْمَ اللَّهِ صَارَ كَالْعَلَمِ فَلَا يُوصَفُ، كَمَا لَا يُوصَفُ بِزَيْدٍ وَعَمْرٍو، بَلْ يَجُوزُ أَنْ يُوصَفَ بِهِ مِنْ حَيْثُ الْمَعْنَى، لِأَنَّ مَعْنَاهُ أَنَّهُ الْمُنْفَرِدُ بِقُدْرَةِ الْإِيجَادِ. وَقَالَ أَبُو عَمْرٍو: وَالْخَفْضُ عَلَى التَّقْدِيمِ وَالتَّأْخِيرِ، مَجَازُهُ: إِلَى صِرَاطِ اللَّهِ الْعَزِيزِ الْحَمِيدِ الَّذِي لَهُ مَا فِي السموات وَمَا فِي الْأَرْضِ. وَكَانَ يَعْقُوبُ إِذَا وَقَفَ عَلَى " الْحَمِيدِ" رَفَعَ، وَإِذَا وَصَلَ خَفَضَ عَلَى النَّعْتِ. قَالَ ابْنُ الْأَنْبَارِيِّ: مَنْ خَفَضَ وَقَفَ عَلَى " وَما فِي الْأَرْضِ" . قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَوَيْلٌ لِلْكافِرِينَ مِنْ عَذابٍ شَدِيدٍ) قَدْ تَقَدَّمَ مَعْنَى الْوَيْلُ فِي " الْبَقَرَةِ" «١» وَقَالَ الزَّجَّاجُ: هِيَ كَلِمَةٌ تُقَالُ لِلْعَذَابِ وَالْهَلَكَةِ. " مِنْ عَذابٍ شَدِيدٍ" أَيْ من جهنم. (الَّذِينَ يَسْتَحِبُّونَ الْحَياةَ الدُّنْيا) أَيْ يَخْتَارُونَهَا عَلَى الْآخِرَةِ، وَالْكَافِرُونَ يَفْعَلُونَ ذَلِكَ. فَ " الَّذِينَ" فِي مَوْضِعِ خَفْضِ صِفَةٍ لَهُمْ. وَقِيلَ: فِي مَوْضِعِ رَفْعِ خَبَرِ ابْتِدَاءٍ مُضْمَرٍ، أَيْ هُمُ الَّذِينَ. وَقِيلَ: " الَّذِينَ يَسْتَحِبُّونَ" مُبْتَدَأٌ وَخَبَرُهُ. " أُولئِكَ" . وَكُلُّ مَنْ آثَرَ الدُّنْيَا وَزَهْرَتَهَا، واستحب
(١). راجع ج ٢ ص ٧ فما بعد.

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