Ils interrogèrent au sujet de l’adoration du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue. Lorsqu’on la leur rapporta, ils la jugèrent insuffisante et dirent : « Et nous, où nous situons-nous par rapport au Prophète, alors qu’Allah lui a pardonné ses fautes passées et futures ? »
L’un d’eux déclara : « Pour ma part, je prierai la nuit sans jamais m’arrêter. » Le second dit : « Moi, je jeûnerai continuellement sans jamais rompre mon jeûne. » Le troisième ajouta : « Quant à moi, je me détournerai des femmes et ne me marierai pas. »
Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — vint alors les trouver et dit : « Êtes-vous bien ceux qui avez tenu tels et tels propos ? Par Allah, c’est certes moi qui ai la plus grande crainte d’Allah et la piété la plus parfaite envers Lui ; pourtant je jeûne et je romps le jeûne, je prie et je dors, et j’épouse les femmes. Quiconque se détourne de ma Sunna n’est pas des miens. » Muslim a rapporté ce hadith dans ce sens, et cette version est la plus explicite.
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, selon Sa‘d Ibn Abî Waqqâṣ, « ‘Uthmân voulut se consacrer au célibat (tabattul) ; le Prophète — paix et salut sur lui — l’en empêcha. S’il le lui avait permis, nous nous serions faits castrer. » Il a déjà été question, dans la sourate Âl-‘Imrân, de l’encouragement à rechercher la descendance et de la réfutation de ceux qui l’ignorent.
On rapporte de ‘Umar Ibn al-Khaṭṭâb — qu’Allah l’agrée — qu’il disait : « Je contracte mariage avec une femme alors même que je n’ai nul besoin d’elle, et j’ai des rapports avec elle sans en éprouver le désir. » On lui demanda : « Qu’est-ce qui te pousse à cela, ô Commandeur des croyants ? » Il répondit : « Mon amour pour qu’Allah fasse sortir de moi celui par qui le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — surpassera les autres prophètes en nombre le Jour de la Résurrection. J’ai entendu le Prophète dire : “Épousez les vierges ; leurs bouches sont plus douces, leurs caractères meilleurs, leurs matrices plus aptes à enfanter, et je me prévaudrai de votre nombre auprès des nations le Jour de la Résurrection.” Par l’expression “matrices plus aptes”, il entend qu’elles sont plus fécondes ; on qualifie de nâtiq une femme très prolifique, car elle “projette” les enfants les uns après les autres.»
Abû Dâwûd rapporte, d’après Ma‘qil Ibn Yasâr : Un homme vint trouver le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — et lui dit : « J’ai rencontré une femme dotée de noblesse et de beauté, mais elle ne procrée pas ; dois-je l’épouser ? » Il répondit : « Non. » L’homme revint une seconde fois, et le Prophète l’en dissuada. Il revint une troisième fois, et le Prophète lui dit : « Épousez celles qui sont affectueuses et fécondes, car je me prévaudrai de votre nombre auprès des nations. » Abû Muḥammad ‘Abd al-Ḥaqq a authentifié ce récit, et cela suffit.
Parole du Très-Haut : « Il n’appartient à aucun Messager de produire un signe si ce n’est par la permission d’Allah. » Le discours revient aux miracles qu’ils avaient réclamés — mentionnés plus haut dans cette sourate. Allah révéla ce verset à leur sujet. L’expression, à première vue, indique une interdiction, mais son sens est la négation ; en effet, on n’interdit pas à quelqu’un ce qu’il est incapable d’accomplir.
« Pour chaque terme il y a un Livre » : c’est-à-dire, selon al-Ḥasan, pour chaque affaire qu’Allah a décrétée il existe un registre auprès d’Allah. D’autres ont dit qu’il y a inversion : le sens serait « pour chaque Livre, un terme », comme l’a mentionné al-Farrâ’.