Et l’on rapporte d’Ibn Zayd – ainsi que, d’après Mujâhid, qu’il s’agit des croyants parmi les Gens du Livre.
On a également dit : ce sont, en bloc, les Gens du Livre – juifs et chrétiens – qui se réjouissent de la révélation du Coran parce qu’il confirme leurs Écritures.
La plupart des savants ont déclaré : la mention du Nom « ar-Raḥmân » (le Tout-Miséricordieux) était rare dans les premiers versets révélés du Coran. Lorsque ‘Abd Allâh b. Salâm et ses compagnons embrassèrent l’islam, ils furent peinés de voir que « ar-Raḥmân » y était peu cité alors qu’il est abondamment mentionné dans la Torah ; ils interrogèrent donc le Prophète – paix et bénédictions sur lui – à ce sujet. Allâh – Très-Haut – révéla alors : « Dis : Invoquez Allâh ou invoquez le Tout-Miséricordieux ; quel que soit le Nom par lequel vous L’invoquez, à Lui appartiennent les plus beaux noms » (al-Isrâ’, 110).
Les Quraychites dirent alors : « Qu’arrive-t-il à Muḥammad ? Lui qui nous appelait à un Dieu unique, le voilà aujourd’hui qui appelle à deux divinités : Allâh et ar-Raḥmân ! Par Allâh, nous ne connaissons de “Raḥmân” que le Raḥmân de Yamâma », faisant allusion à Musaylima le menteur. C’est alors que fut révélée la Parole : « …et lorsqu’on leur rappelle le Tout-Miséricordieux, ils se montrent mécréants » (al-Anbiyâ’, 36), et : « …et ils mécroient au Tout-Miséricordieux » (ar-Ra‘d, 30). Les croyants parmi les Gens du Livre se réjouirent, eux, de cette mention d’ar-Raḥmân, et Allâh – Très-Haut – fit descendre : « Et ceux à qui Nous avons donné le Livre se réjouissent de ce qui t’a été révélé ».
« Et parmi les factions (al-aḥzâb) » : il s’agit des polythéistes de La Mecque ainsi que de ceux, parmi les juifs, les chrétiens et les mazdéens, qui n’avaient pas cru. – D’autres ont dit : ce sont les Arabes ligués contre le Prophète – paix et bénédictions sur lui. – D’autres encore : ce sont tous les ennemis des musulmans dont certains renient une partie du Coran ; car, parmi eux, il en est qui reconnaissent certains prophètes, et d’autres qui admettent qu’Allâh est le Créateur des cieux et de la terre.
« Dis : Je n’ai été commandé que d’adorer Allâh sans rien Lui associer » : la lecture adoptée par la majorité place le verbe « adorer » (a‘budu) à l’accusatif, et « ne rien Lui associer » y est coordonné. Abû Khâlid a récité, lui, la phrase avec la conjugaison au nominatif par reprise indépendante : « …et ne Lui associe rien », c’est-à-dire : Je L’unifie dans l’adoration, sans associé, et je me désavoue des polythéistes, de ceux qui disent : « Le Messie est fils d’Allâh », ou : « ‘Uzayr est fils d’Allâh », ainsi que de ceux qui professent l’assimilation (tashbîh) comme certains juifs.
« Vers Lui j’appelle » : j’invite les gens à Son adoration. « Et vers Lui est mon retour » : à Lui je reviens en toutes mes affaires.
[Surate ar-Ra‘d (13), verset 37]
« Et ainsi Nous l’avons fait descendre : un jugement en arabe. Et si tu suivais leurs passions après que la science t’est parvenue, tu n’aurais contre Allâh ni allié ni protecteur ».
Parole du Très-Haut : « Et ainsi Nous l’avons fait descendre : un jugement en arabe » : de même que Nous t’avons révélé le Coran et que certaines factions l’ont renié, Nous l’avons fait descendre en tant que jugement formulé en arabe. Il l’a qualifié ainsi parce qu’Il l’a fait descendre sur Muḥammad – paix et bénédictions sur lui – qui est arabe ; les factions ont donc rejeté ce jugement également. – On a dit encore que l’enchaînement du verset est : de même que Nous avons révélé les Écritures aux prophètes dans leurs langues respectives, Nous t’avons révélé, à toi aussi, le Coran en tant que jugement arabe, c’est-à-dire dans la langue des Arabes – et par « jugement » on entend ce qu’il contient