Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

S’il avait pour sens la notion de « description », la formulation implicite serait : « la description du Paradis dans lequel coulent des rivières ». Or cela n’est pas recevable, car les rivières se trouvent dans le Paradis même et ne constituent pas sa simple description.

Az-Zajjâj a dit : Allah ‑qu’Il soit exalté- nous a représenté ce qui nous est caché au moyen de ce que nous voyons. Le sens serait alors : « L’image du Paradis est celle d’un jardin sous lequel coulent les rivières ».

Abû ‘Alî le contesta et répliqua : selon cette explication, le terme « mathal » (parabole) ne pourrait signifier que « description » ou « ressemblance », et dans les deux cas l’interprétation n’est pas valable. Car si l’on dit qu’il s’agit d’une description, la phrase « la description du Paradis est un paradis » devient incohérente : le Paradis ne peut être la description de lui-même. De même, dire « la ressemblance du Paradis est un paradis » est inadmissible ; la ressemblance désigne la relation de similarité entre deux choses et constitue un accident, tandis que le Paradis n’est pas un accident : le premier ne peut donc être le second.

Al-Farrâ’ a estimé que le mot « mathal » est ici surajouté à titre d’insistance ; le sens est : « Le Paradis promis aux pieux est un jardin sous lequel coulent les rivières ». Les Arabes recourent fréquemment à ce procédé avec le terme « mathal », comme dans la parole divine : « Il n’y a rien qui ressemble à Sa semblable » (Coran 42 : 11), c’est-à-dire : « Il n’y a rien qui soit semblable à Lui ».

On a encore proposé comme sous-entendu : « La description du Paradis promis aux pieux est la description d’un jardin sous lequel coulent les rivières ».

D’autres ont expliqué : « La ressemblance du Paradis promis aux pieux, quant à sa beauté, à ses bienfaits et à son éternité, est comparable à la ressemblance de l’Enfer quant au châtiment, à la rigueur et à l’éternité », ainsi que l’a dit Mouqâtil.

« Son fruit est permanent » : il ne s’interrompt jamais. Dans le hadith il est rapporté : « Lorsque l’on cueille un fruit, un autre prend aussitôt sa place », ce que nous avons détaillé dans « at-Tadhkira ».

« Et son ombre [est permanente] » : c’est-à-dire que son ombre l’est également – le terme a été omis – ; autrement dit, ses fruits ne cessent jamais et son ombre ne disparaît pas. Cela constitue une réfutation des Jahmiyya qui prétendaient que les délices du Paradis s’éteindront et périront.

« Telle est la fin de ceux qui craignent (Allah), tandis que la fin des mécréants est le Feu » : c’est-à-dire que l’issue des négateurs et leur dernière demeure sera le Feu qu’ils intégreront.

Quant au verset : « Et ceux à qui Nous avons donné le Livre se réjouissent de ce qui t’a été révélé » (13 : 36), il signifie : certains de ceux qui avaient reçu l’Écriture se réjouissent du Coran, tel ‘Abdullâh ibn Salâm, Salmân et les compagnons venus d’Abyssinie. L’énoncé est général mais l’intention est particulière.

Qatâda a dit : il s’agit des compagnons de Muhammad – paix et bénédiction d’Allah sur lui – qui se réjouissent de la lumière du Coran. C’est également l’avis rapporté de Mujâhid.

إِذَا كَانَ مَعْنَاهُ صِفَةً كَانَ تَقْدِيرُ الْكَلَامِ: صِفَةُ الْجَنَّةِ الَّتِي فِيهَا أَنْهَارٌ، وَذَلِكَ غَيْرُ مُسْتَقِيمٍ، لِأَنَّ الْأَنْهَارَ فِي الْجَنَّةِ نَفْسِهَا لَا صِفَتُهَا. وَقَالَ الزَّجَّاجُ: مَثَّلَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ لَنَا مَا غَابَ عَنَّا بِمَا نَرَاهُ، وَالْمَعْنَى: مَثَلُ الْجَنَّةِ جَنَّةٌ تَجْرِي مِنْ تَحْتِهَا الْأَنْهَارُ، وَأَنْكَرَهُ أَبُو عَلِيٍّ فَقَالَ: لَا يَخْلُو الْمَثَلُ عَلَى قَوْلِهِ أَنْ يَكُونَ الصِّفَةَ أَوِ الشَّبَهَ، وَفِي كِلَا الْوَجْهَيْنِ لَا يَصِحُّ مَا قَالَهُ، لِأَنَّهُ إِذَا كَانَ بِمَعْنَى الصِّفَةِ لَمْ يَصِحَّ، لِأَنَّكَ إِذَا قُلْتَ: صِفَةُ الْجَنَّةِ جَنَّةٌ، فَجَعَلْتَ الْجَنَّةَ خَبَرًا لَمْ يَسْتَقِمْ ذَلِكَ، لِأَنَّ الْجَنَّةَ لَا تَكُونُ الصِّفَةَ، وَكَذَلِكَ أَيْضًا شَبَهُ الْجَنَّةِ جَنَّةٌ، أَلَا تَرَى أَنَّ الشَّبَهَ عِبَارَةٌ عَنِ الْمُمَاثَلَةِ الَّتِي بَيْنَ الْمُتَمَاثِلَيْنِ، وَهُوَ حَدَثٌ، وَالْجَنَّةُ غَيْرُ حَدَثٍ، فَلَا يَكُونُ الْأَوَّلُ الثَّانِيَ. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: الْمَثَلُ مُقْحَمٌ لِلتَّأْكِيدِ، وَالْمَعْنَى: الْجَنَّةُ الَّتِي وُعِدَ الْمُتَّقُونَ تَجْرِي مِنْ تَحْتِهَا الْأَنْهَارُ، وَالْعَرَبُ تَفْعَلُ ذَلِكَ كَثِيرًا بِالْمَثَلِ، كَقَوْلِهِ: " لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ" «١» [الشورى: ١١] : أَيْ لَيْسَ هُوَ كَشَيْءٍ «٢» . وَقِيلَ التَّقْدِيرُ: صِفَةُ الْجَنَّةِ الَّتِي وُعِدَ الْمُتَّقُونَ صِفَةُ جَنَّةٍ " تَجْرِي مِنْ تَحْتِهَا الْأَنْهارُ" . وَقِيلَ مَعْنَاهُ: شَبَهُ الْجَنَّةِ الَّتِي وُعِدَ الْمُتَّقُونَ فِي الْحُسْنِ وَالنِّعْمَةِ وَالْخُلُودِ كَشَبَهِ النَّارِ فِي الْعَذَابِ وَالشِّدَّةِ وَالْخُلُودِ، قَالَهُ مُقَاتِلٌ. (أُكُلُها دائِمٌ) لَا يَنْقَطِعُ، وَفِي الْخَبَرِ: " إِذَا أُخِذَتْ ثَمَرَةٌ عَادَتْ مَكَانَهَا أُخْرَى" وَقَدْ بَيَّنَّاهُ فِي " التَّذْكِرَةِ" . (وَظِلُّها) أَيْ وَظِلُّهَا كَذَلِكَ، فَحَذَفَ، أَيْ ثَمَرُهَا لَا يَنْقَطِعُ، وَظِلُّهَا لَا يَزُولُ، وَهَذَا رَدٌّ عَلَى الْجَهْمِيَّةِ فِي زَعْمِهِمْ أَنَّ نَعِيمَ الْجَنَّةِ يَزُولُ وَيَفْنَى. (تِلْكَ عُقْبَى الَّذِينَ اتَّقَوْا وَعُقْبَى الْكافِرِينَ النَّارُ) أَيْ عَاقِبَةُ أمر المكذبين وآخرتهم النار يدخلونها. [[سورة الرعد (١٣) : آية ٣٦]] وَالَّذِينَ آتَيْناهُمُ الْكِتابَ يَفْرَحُونَ بِما أُنْزِلَ إِلَيْكَ وَمِنَ الْأَحْزابِ مَنْ يُنْكِرُ بَعْضَهُ قُلْ إِنَّما أُمِرْتُ أَنْ أَعْبُدَ اللَّهَ وَلا أُشْرِكَ بِهِ إِلَيْهِ أَدْعُوا وَإِلَيْهِ مَآبِ (٣٦) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَالَّذِينَ آتَيْناهُمُ الْكِتابَ يَفْرَحُونَ بِما أُنْزِلَ إِلَيْكَ) أَيْ بَعْضُ مَنْ أُوتِيَ الْكِتَابَ يَفْرَحُ بِالْقُرْآنِ، كَابْنِ سَلَامٍ وَسَلْمَانَ، وَالَّذِينَ جَاءُوا مِنَ الْحَبَشَةِ، فَاللَّفْظُ عَامٌّ، وَالْمُرَادُ الْخُصُوصُ. وَقَالَ قَتَادَةُ: هُمْ أَصْحَابُ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَفْرَحُونَ بِنُورِ الْقُرْآنِ، وَقَالَهُ مجاهد
(١). راجع ج ١٦ ص ٨. (٢). في ى: ليس كهو سيئ.

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