Parole du Très-Haut :
« On s’est bel et bien moqué de messagers avant toi, puis J’ai accordé un délai à ceux qui ont mécru, ensuite Je les ai saisis. »
Le sens du terme « dérision » a déjà été exposé dans la sourate « Al-Baqarah » (1), et celui du « sursis accordé » dans la sourate « Âl-‘Imrân » (2). Autrement dit, on se moqua de ces messagers, on les tourna en ridicule, mais Moi, J’ai laissé aux mécréants un laps de temps, afin que, parmi eux, celui dont Je savais qu’il croirait, en vînt effectivement à la foi ; puis, lorsque le décret fut irrévocablement établi, Je les saisis par le châtiment.
« Quel fut alors Mon châtiment ! »
C’est-à-dire : que pensez-vous de ce que J’ai fait d’eux ? De même Je traiterai les polythéistes de ton peuple.
Parole du Très-Haut :
« Est-ce donc Celui qui veille sur chaque âme selon ce qu’elle acquiert… »
Ici, le « fait de se tenir debout » n’est pas l’opposé de « s’asseoir » ; il signifie plutôt la prise en charge des affaires des créatures, comme l’on dit : « Un tel s’est chargé de telle tâche. » Allâh est donc Celui qui, pour chaque âme, mesure la capacité d’agir, la crée, la pourvoit, la protège et la rétribue pour ses œuvres. Le sens est qu’Il est un Gardien qui ne se distrait jamais ; la réponse à l’interrogation est sous-entendue : « Est-Il comparable à celui qui, lui, est sujet à l’inattention ? »
D’après une autre explication, « Celui qui veille » signifie « Celui qui sait », comme l’a déclaré Al-A‘mach. Le poète dit :
« N’eussent été des hommes puissants de Quraych,
vous auriez dérobé les étoffes de la Maison sacrée,
et Allâh en est Témoin ! »
c’est-à-dire : Il en a pleine science. Allâh connaît donc le gain de chaque âme.
Certains disent encore qu’il s’agit ici des anges chargés des fils d’Âdam, d’après Ad-Dahhâk.
« et ils ont attribué… »
a le statut de ḥâl (« tout en attribuant »), ou est coordonné à « on s’est moqué » : ils se sont moqués et ont attribué
« des associés à Allâh »,
– des idoles qu’ils ont prises pour divinités.
« Dis : Nommez-les ! »
Dis-leur, ô Muḥammad : « Nommez-les ! » Autrement dit, faites connaître leurs noms, à titre de menace : en réalité, ils ne peuvent citer que Al-Lât, Al-‘Uzzâ, Manât, Hubal…
« Voulez-vous donc L’informer de ce qu’Il ne connaît pas sur la terre ? »
Le « am » introduit une interrogation réprobatrice : prétendez-vous L’en informer ? Cette tournure se rattache, dans le sens, à la question sous-entendue apparue dans l’ordre « Nommez-les ! », c’est-à-dire : ont-ils des noms dignes du Créateur, ou bien voulez-vous informer Allâh de ce qu’Il ne connaît pas sur la terre ?
D’autres ont dit : le sens est : « Dis-leur : Allez-vous informer Allâh d’une réalité cachée qu’Il ne connaîtrait pas, ou d’une parole manifeste qu’Il connaîtrait ? » S’ils disent qu’il s’agit d’une réalité secrète qui Lui échapperait, leur propos est absurde ; et s’ils disent