Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ils s’assirent derrière la Ka‘ba, puis ils dépêchèrent quelqu’un auprès du Messager d’Allah, qui vint à eux.
Abd Allâh lui dit alors :
« Si tu tiens vraiment à ce que nous te suivions, fais-nous donc, au moyen du Coran, déplacer les montagnes de La Mecque ; ôte-les de notre territoire afin que la contrée s’élargisse, car c’est une terre exiguë. Fais-y jaillir pour nous des sources et des rivières afin que nous puissions y planter et y cultiver. Tu n’es pas, comme tu le prétends, moins considéré par ton Seigneur que Dâwûd, pour qui les montagnes furent soumises et cheminaient avec lui. Soumets-nous aussi le vent, que nous le chevauchions jusqu’au Shâm, afin d’y pourvoir à nos provisions et à nos besoins, puis de revenir le même jour ; car Sulaymân eut, dit-on, le vent sous ses ordres, et tu n’es pas moins considéré par ton Seigneur que Sulaymân ibn Dâwûd. Fais également revivre pour nous Qusayy – ton aïeul – ou quelque autre de nos morts que tu choisiras, afin que nous l’interrogions : ce que tu dis est-il véridique ou mensonger ? ‘Îsâ rendait certes la vie aux morts, et tu n’es pas moins considéré auprès d’Allah que lui. »

Alors Allah – Exalté soit-Il – fit descendre :
« Et même si un Coran grâce auquel les montagnes seraient mises en marche… »
Cette verset – expliquent az-Zubayr ibn al-‘Awwâm, Mujâhid, Qatâda et ad-Dahhâk – signifie :
le prédicat, omis par concision, est : « ce serait assurément ce Coran-ci ». L’absence de ce complément est tolérée, l’indication étant manifeste dans le contexte, à l’instar de la parole d’Imru’ l-Qays :
« Si seulement l’âme mourait tout d’un coup…
mais elle est une âme qui s’en va par fragments. »
Il voulait dire : cela me serait chose aisée. Tel est le sens retenu par Qatâda, qui déclara : « Si un Coran antérieur au vôtre avait pu accomplir cela, le vôtre l’aurait certes accompli. »

D’autres ont dit : la réponse est sous-entendue plus haut, et la phrase comporte une inversion ; autrement dit : « et eux persistent à mécroire au Tout-Miséricordieux, même si Nous faisions descendre le Coran et opérions, par son truchement, ce qu’ils exigent. »

Al-Farrâ’ ajoute : il se peut que la réponse implicite soit : « eussions-Nous fait cela pour eux, ils auraient quand même mécru au Tout-Miséricordieux. »

Az-Zajjâj explique : de « Et même si un Coran… » jusqu’à « … les morts », ils n’auraient pas cru. La réponse elliptique ici est identique à celle clairement exprimée dans le verset : « Même si Nous faisions descendre les anges vers eux… ils ne croiraient que si Allah le veut. » (al-An‘âm, 111)

« Bien plus, toute l’affaire appartient à Allah » : Il est le Maître souverain de toutes les choses, Celui qui accomplit ce qu’Il veut d’entre elles. Ce que vous réclamez ne se réalise pas par le Coran, mais uniquement par l’ordre d’Allah.

Sa parole – Exalté soit-Il – :
« Se peut-il que les croyants n’aient pas encore désespéré ? »
Al-Farrâ’ rapporte d’après al-Kalbî que « yaya’s » a ici le sens de « savoir », selon l’usage de la tribu des Nakh‘. Al-Qushayrî le cite d’Ibn ‘Abbâs : autrement dit « N’ont-ils pas encore su… ? » C’est également ce qu’atteste al-Jawharî dans son Ṣiḥâḥ.

جَلَسُوا خَلْفَ الْكَعْبَةِ، ثُمَّ أَرْسَلُوا إِلَى رَسُولِ اللَّهِ فَأَتَاهُمْ، فَقَالَ لَهُ عَبْدُ اللَّهِ: إِنْ سَرَّكَ أَنْ نَتَّبِعَكَ فَسَيِّرْ لَنَا جِبَالَ مَكَّةَ بِالْقُرْآنِ، فَأَذْهِبْهَا عَنَّا حَتَّى تَنْفَسِحَ، فَإِنَّهَا أَرْضٌ ضَيِّقَةٌ، وَاجْعَلْ لَنَا فِيهَا عُيُونًا وَأَنْهَارًا، حَتَّى نَغْرِسَ وَنَزْرَعَ، فَلَسْتَ كَمَا زَعَمْتَ بِأَهْوَنَ عَلَى رَبِّكَ مِنْ دَاوُدَ حِينَ سَخَّرَ لَهُ الْجِبَالَ تَسِيرُ مَعَهُ، وَسَخِّرْ لَنَا الرِّيحَ فَنَرْكَبُهَا إِلَى الشَّامِ نَقْضِي عَلَيْهَا مِيرَتَنَا وَحَوَائِجَنَا، ثُمَّ نَرْجِعُ مِنْ يَوْمِنَا، فَقَدْ كَانَ سُلَيْمَانُ سُخِّرَتْ لَهُ الرِّيحُ كَمَا زَعَمْتَ، فَلَسْتَ بِأَهْوَنَ عَلَى رَبِّكَ مِنْ سُلَيْمَانَ بْنِ دَاوُدَ، وَأَحْيِ لَنَا قُصَيًّا «١» جَدَّكَ، أَوْ مَنْ شِئْتَ أَنْتَ مِنْ مَوْتَانَا نَسْأَلُهُ، أَحَقٌّ مَا تَقُولُ أَنْتَ أَمْ بَاطِلٌ؟ فَإِنَّ عِيسَى كَانَ يُحْيِي الْمَوْتَى، وَلَسْتَ بِأَهْوَنَ عَلَى اللَّهِ مِنْهُ، فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى: " وَلَوْ أَنَّ قُرْآناً سُيِّرَتْ بِهِ الْجِبالُ" الْآيَةَ، قَالَ مَعْنَاهُ الزُّبَيْرُ بْنُ الْعَوَامِّ وَمُجَاهِدٌ وَقَتَادَةُ وَالضَّحَّاكُ، وَالْجَوَابُ مَحْذُوفٌ تَقْدِيرُهُ: لَكَانَ هَذَا الْقُرْآنُ، لَكِنْ حُذِفَ إِيجَازًا، لِمَا فِي ظَاهِرِ الْكَلَامِ مِنَ الدَّلَالَةِ عَلَيْهِ، كَمَا قَالَ امْرُؤُ الْقَيْسِ: فَلَوْ أَنَّهَا نَفْسٌ تَمُوتُ جَمِيعَةً ... وَلَكِنَّهَا نَفْسٌ تَسَاقَطُ أَنْفُسَا يَعْنِي لَهَانَ عَلَيَّ، هَذَا مَعْنَى قَوْلِ قَتَادَةَ، قَالَ: لَوْ فَعَلَ هَذَا قُرْآنٌ قَبْلَ قُرْآنِكُمْ لَفَعَلَهُ قُرْآنُكُمْ. وَقِيلَ: الْجَوَابُ مُتَقَدِّمٌ، وَفِي الْكَلَامِ تَقْدِيمٌ وَتَأْخِيرٌ، أَيْ وَهُمْ يَكْفُرُونَ بِالرَّحْمَنِ لَوْ أَنْزَلْنَا الْقُرْآنَ وَفَعَلْنَا بِهِمْ مَا اقْتَرَحُوا. الْفَرَّاءُ: يَجُوزُ أَنْ يَكُونَ الْجَوَابَ لَوْ فَعَلَ بِهِمْ هَذَا لَكَفَرُوا بِالرَّحْمَنِ. الزَّجَّاجُ: " وَلَوْ أَنَّ قُرْآناً" إِلَى قَوْلِهِ: " الْمَوْتى " لَمَا آمَنُوا، وَالْجَوَابُ الْمُضْمَرُ هُنَا مَا أُظْهِرَ فِي قَوْلِهِ: " وَلَوْ أَنَّنا نَزَّلْنا إِلَيْهِمُ الْمَلائِكَةَ" [الأنعام: ١١١] إِلَى قَوْلِهِ: " مَا كانُوا لِيُؤْمِنُوا إِلَّا أَنْ يَشاءَ اللَّهُ" «٢» [الأنعام: ١١١] . (بَلْ لِلَّهِ الْأَمْرُ جَمِيعاً) أَيْ هُوَ الْمَالِكُ لِجَمِيعِ الْأُمُورِ، الْفَاعِلُ لِمَا يَشَاءُ مِنْهَا، فَلَيْسَ مَا تَلْتَمِسُونَهُ مِمَّا يَكُونُ بِالْقُرْآنِ، إِنَّمَا يَكُونُ بِأَمْرِ اللَّهِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَفَلَمْ يَيْأَسِ الَّذِينَ آمَنُوا) قَالَ الْفَرَّاءُ قَالَ الْكَلْبِيُّ: " يَيْأَسِ" بِمَعْنَى يَعْلَمْ، لُغَةُ النَّخَعِ، وَحَكَاهُ الْقُشَيْرِيُّ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ، أَيْ أَفَلَمْ يَعْلَمُوا، وَقَالَهُ الْجَوْهَرِيُّ فِي الصحاح.
(١). هو قصى بن كلاب. (٢). راجع ج ٧ ص ٦٦.

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