Parole du Très-Haut :
« Et ceux qui rompent l’alliance d’Allah après l’avoir fermement conclue… » (ar-Raʿd, 13 : 25).
Après avoir mentionné ceux qui remplissent fidèlement leur engagement envers Lui et maintiennent ce qu’Il a ordonné, ainsi que la récompense qui leur revient, Il évoque ici leurs contraires.
Rompre le pacte, c’est abandonner Son ordre. – D’aucuns ont dit : c’est négliger leur raison, si bien qu’ils ne s’en servent pas pour réfléchir et connaître Allah Très-Haut.
« … et qui coupent ce qu’Allah a ordonné d’unir » : c’est-à-dire les liens de parenté et la foi en tous les prophètes.
« … et qui corrompent sur la terre » : par la mécréance et la perpétration des péchés.
« Ceux-là auront la malédiction » : l’expulsion et l’éloignement de la miséricorde.
« … et pour eux la pire demeure » : le plus mauvais retour, l’Enfer.
Saʿd ibn Abî Waqqâṣ a déclaré : « Par Allah, en dehors de Qui il n’est point de divinité, ce sont bien les Ḥarûrites » (les kharijites).
Parole du Très-Haut :
« Allah étend la subsistance à qui Il veut et la restreint » (ar-Raʿd, 13 : 26).
Après avoir exposé le sort du croyant et celui du polythéiste, Il précise qu’Il est, exalté soit-Il, Celui qui, dans ce bas-monde – demeure d’épreuve –, prodigue la subsistance ou la rétrécit ; l’aisance accordée au mécréant n’est donc pas une marque d’honneur, pas plus que l’étroitesse imposée à certains croyants n’est une humiliation pour eux.
« Et Il la restreint » : c’est-à-dire qu’Il la réduit ; ainsi dans Sa parole : « … à qui la subsistance a été mesurée » (aṭ-Ṭalâq, 65 : 7) ; c’est- à- dire : réduite. – Il a également été dit : « Il la restreint », c’est-à-dire qu’Il donne selon le strict nécessaire.
« Ils se réjouissent de la vie d’ici-bas » : il s’agit des polythéistes de La Mekke ; ils se complurent dans le bas-monde, n’en connurent rien d’autre et ignorèrent ce qu’il y a auprès d’Allah. Cette proposition se coordonne à « et ils corrompent sur terre ». Le verset comporte une inversion : le sens est « ceux qui rompent l’alliance d’Allah après l’avoir conclue, coupent ce qu’Allah a ordonné d’unir, corrompent sur terre et se réjouissent de la vie d’ici-bas ».
« Or la vie d’ici-bas, comparée à l’au-delà, n’est qu’un bien à jouir » : un simple objet parmi d’autres, telle une grande écuelle ou une petite assiette.
Mujâhid a dit : « C’est une chose insignifiante et fugace, semblable au plaisir d’un jour qui décline ; elle est vouée à disparaître. »
Ibn ʿAbbâs a dit : « Une provision semblable à celle du berger. »
D’autres ont dit : la jouissance de la vie d’ici-bas est ce dont on profite ici-bas. – Et l’on a dit encore : c’est ce dont on se pourvoit ici-bas pour l’au-delà, à savoir la piété et l’œuvre pie.
« … et pour eux la pire demeure. » Puis Il reprend : « Allah étend la subsistance à qui Il veut et la restreint », c’est-à-dire qu’Il l’élargit ou la réduit.
(Sourate ar-Raʿd, 13 : 27-28)
« Et ceux qui ont mécru disent : “Pourquoi ne lui a-t-on pas fait descendre un signe de la part de son Seigneur ?” Dis : “Certes, Allah égare qui Il veut et guide vers Lui celui qui revient repentant – ceux qui croient, et dont les cœurs s’apaisent au rappel d’Allah ; n’est-ce point par le rappel d’Allah que les cœurs s’apaisent ?” » (versets 27-28).