Ma pudeur envers Toi m’a interdit de dévoiler l’élan de mon amour,
mais Tu m’as dispensé, par la science venant de Toi, d’en faire l’aveu.
Tu T’es montré plein de douceur à mon égard : Tu as fait passer le témoin
de ce qui se voit à ce qui demeure caché ; et la délicatesse ne se saisit que par la délicatesse.
Tu T’es dévoilé à moi par la connaissance, au point que l’on dirait
que Tu m’annonces l’invisible et que Tu Te trouves dans le creux de ma main !
Il m’advient, sous l’effet de la crainte révérencielle que j’éprouve pour Toi, une solitude intérieure,
alors Tu me tiens compagnie par Ta douceur et Ta bienveillance.
Tu redonnes vie à l’amant pour qui Ton amour même serait cause de mort ;
merveille donc : comment la vie subsiste-t-elle avec la mort ?
Ibn al-‘Arabî a dit :
« Voici un homme qui a fait alliance avec Allah et qui en a trouvé le plein accomplissement et la perfection.
Prenez-le donc pour exemple – si Allah le veut, vous serez bien guidés. »
Abû al-Faraj al-Jawzî a dit :
« Le fait que cet homme soit demeuré silencieux dans ce péril, prétendant s’en remettre au tawakkul,
a constitué en réalité une aide apportée contre lui-même, et cela n’est pas licite.
S’il avait compris le sens véritable du tawakkul, il aurait su qu’il ne s’oppose nullement à ce qu’il implore du secours dans pareille situation ;
de même que le Messager d’Allah – paix et bénédiction d’Allah sur lui – n’est pas sorti du cadre du tawakkul lorsqu’il dissimula son départ de La Mecque,
qu’il engagea un guide, qu’il garda l’affaire secrète et qu’il se cacha dans la grotte,
et qu’il dit à Suraqa : « Cache-nous. »
Le tawakkul louable ne s’obtient pas au moyen d’un acte illicite,
or le mutisme de cet homme tombé dans le puits lui était interdit.
Car Allah – Très-Haut – a créé pour l’être humain des facultés par lesquelles il repousse le dommage et s’attire l’avantage ;
quiconque les délaisse sous prétexte de tawakkul fait preuve d’ignorance à l’égard du tawakkul et rejette la sagesse inhérente aux causes secondes.
Le tawakkul n’est autre que la confiance du cœur en Allah – Exalté soit-Il –,
et il n’exige aucunement la rupture avec les moyens.
Si un homme, en proie à la faim, refusait de demander jusqu’à mourir, il entrerait en Enfer, – l’a dit Sufyân ath-Thawrî et d’autres –
car la voie du salut lui ayant été indiquée, se soustraire à celle-ci revient à se nuire soi-même.
Et Abû al-Faraj d’ajouter :
« On ne prête aucune attention à la parole d’Abû Hamza : “Un lion est venu et m’a fait sortir.”
Quand bien même le fait serait avéré, il pourrait s’agir d’une simple coïncidence ou d’une grâce qu’Allah – Très-Haut – aurait accordée à ce serviteur ignorant.
Ce qui n’est pas contestable, c’est que son acte relève de sa propre acquisition :
il a porté atteinte à sa propre personne, laquelle est un dépôt qu’Allah lui a confié et qu’Il lui a ordonné de préserver. »
[Sourate ar-Ra‘d (13), versets 21 à 24]
22. « Ceux qui maintiennent ce qu’Allah a ordonné de maintenir lié, qui craignent leur Seigneur et redoutent la rigueur du Comptable ;
23. ceux qui patientent en quête de la Face de leur Seigneur, accomplissent la prière, dépensent (pour la cause d’Allah) de ce que Nous leur avons accordé, en secret et au grand jour, et repoussent le mal par ce qui est meilleur :
ceux-là auront la plus belle demeure dans l’au-delà,
24. des Jardins d’Éden où ils entreront, ainsi que les justes parmi leurs pères, leurs épouses et leur descendance, et les anges viendront à eux par toutes les portes
25. – « Paix sur vous pour ce que vous avez enduré ! » – Quelle excellente demeure que celle de l’au-delà ! »