Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

de bien ou de mal, tout comme Il sait ce que l’on expose ouvertement de bien ou de mal.

« Parmi vous (مِنْكُمْ) » peut se comprendre comme un qualificatif de « égaux (سَواءٌ) ». Le sens implicite serait alors : « le secret de celui qui cache et la parole de celui qui divulgue sont, pour vous, choses égales ». Il est également permis de rattacher « min-kum » à « sawāʾ » dans le sens : « il est pour vous indifférent », de la même façon que l’on dirait : « je suis passé auprès de Zayd ».

On peut aussi l’entendre ainsi : « le secret de celui d’entre vous qui cache et la parole de celui d’entre vous qui divulgue … », ou encore : « est d’égale portée, pour vous, celui d’entre vous qui dissimule sa parole et celui qui la proclame », comme on dirait : « la justice de Zayd et de ʿAmr », c’est-à-dire : « tous deux sont doués de justice ».

D’autres ont dit que le terme « sawāʾ » signifie simplement « égal », sans qu’il soit nécessaire de sous-entendre la suppression d’un mot annexé.

« … et celui qui se tient caché de nuit ou qui chemine au grand jour » : il est donc égal, dans la science d’Allah, que la chose soit secrète ou manifeste, que l’homme se tienne sur les chemins à découvert ou qu’il soit enfoui dans les ténèbres.

Al-Akhfash et Quṭrub disent : « celui qui se dissimule la nuit » désigne celui qui est visible ; de là l’on dit : « j’ai khafaytu la chose et akh­faytuhā », c’est-à-dire « je l’ai rendue apparente » ou « je l’ai extraite ». On appelle de même le pilleur de tombes « al-mukhtafī ».

Imruʾ al-Qays a dit :
« Il les dissimula dans leurs terriers,
Comme si une pluie vespérale, amenée par le vent, les avait recouverts. »

Le « sārib » est celui qui se dérobe, c’est-à-dire qui entre dans un souterrain ; d’où l’expression : « le gibier s’est en-saraba lorsqu’il gagne son terrier ».

Ibn ʿAbbās dit : « “celui qui se cache” (mukhtafī) : celui qui se dissimule ; “et celui qui chemine” (sārib) : celui qui apparaît ».

Mujāhid précise : « mukhtafī : celui qui se cache pour désobéir ; sārib : celui qui se montre ».

On a également dit que « sārib » signifie « celui qui s’en va ». Al-Kisāʾī rapporte : « saraba, yasrubu, saraban wa surūban » quand il est parti, et le poète a dit :
« Tous les peuples ont maintenu enchaîné leur étalon,
Tandis que nous avons ôté sa chaîne, si bien qu’il va où bon lui semble. »

C’est-à-dire : il s’en va.

Abū Rajāʾ ajoute : le « sārib » est celui qui s’en va droit devant lui sur la terre; le poète dit :
« Comment as-tu erré, toi qui n’étais pas habituée à errer ? »

Al-Qutaybī dit : « sārib de jour » désigne celui qui va et vient promptement dans ses occupations, à l’exemple de leur expression : « l’eau s’est insinuée (insaraba) ».

Al-Aṣmaʿī ajoute : « khalla sarabah » signifie : « il a dégagé sa voie ».‎

خَيْرٍ وَشَرٍّ، كَمَا يَعْلَمُ مَا جَهَرَ بِهِ مِنْ خَيْرٍ وَشَرٍّ. وَ " مِنْكُمْ" يَحْتَمِلُ أَنْ يَكُونَ وَصْفًا لِ " سَواءٌ" التَّقْدِيرُ: سِرُّ مَنْ أَسَرَّ وَجَهْرُ مَنْ جَهَرَ سَوَاءٌ مِنْكُمْ، وَيَجُوزُ أن يتعلق " بسواء" عَلَى مَعْنَى: يَسْتَوِي مِنْكُمْ، كَقَوْلِكَ: مَرَرْتُ بِزَيْدٍ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ عَلَى تَقْدِيرِ: سِرُّ مَنْ أَسَرَّ مِنْكُمْ وَجَهْرُ مَنْ جَهَرَ مِنْكُمْ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ التَّقْدِيرُ: ذُو سَوَاءٍ مِنْكُمْ مَنْ أَسَرَّ الْقَوْلَ وَمَنْ جَهَرَ بِهِ، كَمَا تَقُولُ: عَدْلُ زَيْدٍ وَعَمْرٍو أَيْ ذَوَا عَدْلٍ. وَقِيلَ: " سَواءٌ" أَيْ مُسْتَوٍ، فَلَا يَحْتَاجُ إِلَى تَقْدِيرِ حَذْفِ مُضَافٍ. (وَمَنْ هُوَ مُسْتَخْفٍ بِاللَّيْلِ وَسارِبٌ بِالنَّهارِ) أَيْ يَسْتَوِي فِي عِلْمِ اللَّهِ السِّرُّ وَالْجَهْرُ، وَالظَّاهِرُ فِي الطُّرُقَاتِ، وَالْمُسْتَخْفِي فِي الظُّلُمَاتِ. وَقَالَ الْأَخْفَشُ وَقُطْرُبُ: الْمُسْتَخْفِي بِاللَّيْلِ الظَّاهِرُ، وَمِنْهُ خَفَيْتُ الشَّيْءَ وَأَخْفَيْتُهُ أَيْ أَظْهَرْتُهُ، وَأَخْفَيْتُ الشَّيْءَ أَيِ اسْتَخْرَجْتُهُ، وَمِنْهُ قِيلَ لِلنَّبَّاشِ: الْمُخْتَفِي. وَقَالَ امْرُؤُ الْقَيْسِ: خَفَاهُنَّ مِنْ أَنْفَاقِهِنَّ «١» كَأَنَّمَا ... خَفَاهُنَّ وَدْقٌ مِنْ عَشِيٍّ مُجَلَّبِ وَالسَّارِبُ الْمُتَوَارِي، أَيِ الدَّاخِلُ سَرَبًا، وَمِنْهُ قَوْلُهُمُ: انْسَرَبَ الْوَحْشِيُّ إِذَا دَخَلَ فِي كِنَاسِهِ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: " مُسْتَخْفٍ" مُسْتَتِرٌ، " وَسارِبٌ" ظَاهِرٌ. مُجَاهِدٌ: " مُسْتَخْفٍ" بِالْمَعَاصِي، " وَسارِبٌ" ظَاهِرٌ. وَقِيلَ: مَعْنَى " سارِبٌ" ذَاهِبٌ، [قَالَ] «٢» الْكِسَائِيُّ: سَرَبَ يَسْرُبُ سَرَبًا وَسُرُوبًا إِذَا ذَهَبَ، وَقَالَ الشَّاعِرُ «٣» : وَكُلُّ أُنَاسٍ قَارَبُوا قَيْدَ فَحْلِهِمْ ... وَنَحْنُ خَلَعْنَا قَيْدَهُ فَهْوَ سَارِبُ أَيْ ذَاهِبٌ. وَقَالَ أَبُو رَجَاءٍ: السَّارِبُ الذَّاهِبُ عَلَى وَجْهِهِ فِي الْأَرْضِ، قَالَ الشَّاعِرُ «٤» : أَنَّى سَرَبْتِ وَكُنْتِ غَيْرَ سَرُوبٍ وَقَالَ الْقُتَبِيُّ: " سارِبٌ بِالنَّهارِ" أَيْ مُنْصَرِفٌ فِي حَوَائِجِهِ بِسُرْعَةٍ، مِنْ قَوْلِهِمُ: انْسَرَبَ الْمَاءُ. وقال الأصمعي: خل سربه أي طريقه.
(١). أنفاق (جمع نفق): وهو سرب في الأرض إلى موضع آخر، واستعاره امرؤ القيس لحجرة الفئرة والودق: المطر. وغيث مجلب: مصوت، ويروى محلب (بالحاء). (٢). من اوح وو (٣). هو الأخنس ابن شهاب التغلبي ويريد أن الناس أقاموا في موضع واحد لا يجترءون على النقلة، وحبسوا فحلهم عن أن يتقدم فتبعه إبلهم خوفا أن يغار عليها، ونحن أعزاء خلعنا قيد فحلنا ليذهب حيث شاء. (٤). هو قيس بن الحطيم، وتمام البيت: وتقرب الأحلام غير قريب . [ ..... ]

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