Quatrièmement : Ces six mois se comptent selon les mois lunaires, comme tous les autres mois de la Loi révélée. C’est pourquoi il est rapporté, dans l’école, d’après certains compagnons de Mâlik – je pense que cela se trouve dans le Kitâb d’Ibn Hârith – que, si l’on retranche trois jours au-delà des six mois, l’enfant est néanmoins attribué (au père), en raison de la diminution ou de l’allongement possibles des mois lunaires ; c’est ainsi que l’a relaté Ibn ʿAtiyya.
Cinquièmement : Les savants ont divergé au sujet de la durée maximale de la grossesse.
– Ibn Jurayj a rapporté de Jamîlah bint Saʿd, d’après ʿÂʾicha : « La grossesse peut dépasser deux ans, le temps que l’ombre du fuseau se déplace », hadith rapporté par ad-Dâraquṭnî.
– Jamîlah bint Saʿd – la sœur de ʿUbayd b. Saʿd – ainsi que al-Layth b. Saʿd soutiennent qu’elle peut aller jusqu’à trois ans.
– Selon ach-Châfiʿî : quatre ans.
– Il est rapporté de Mâlik, dans l’une de ses deux versions, et c’est l’avis le plus connu de lui, qu’elle peut atteindre cinq ans ; on rapporte encore de lui qu’il n’y a pas de limite, même si elle dépassait dix ans ; c’est la troisième version transmise de lui.
– De az-Zuhrî : six ou sept ans.
Abû ʿUmar dit : Certains Compagnons la portent jusqu’à sept ans.
Ach-Châfiʿî fixe la limite extrême à quatre ans.
Les savants de Koufa disent : deux ans, pas davantage.
Muḥammad b. ʿAbd al-Ḥakam dit : un an, pas plus.
Dâwûd dit : neuf mois ; selon lui aucune grossesse ne saurait excéder ce délai.
Abû ʿUmar conclut : Cette question ne repose que sur l’ijtihâd ; il faut donc se référer à ce que l’on connaît de la condition des femmes. Et c’est Allah qui accorde le succès.
Ad-Dâraquṭnî rapporte d’al-Walîd b. Muslim : « J’ai dit à Mâlik b. Anas : “On m’a transmis qu’ʿÂʾicha a dit : ‘La femme ne dépasse pas deux ans de grossesse, le temps que l’ombre du fuseau se déplace.’” Il répondit : ‘Gloire à Allah ! Qui dit cela ? Notre voisine, l’épouse de Muḥammad b. ʿAjlân, porte et accouche en quatre ans. C’est une femme véridique, et son mari est un homme véridique ; elle a porté trois grossesses en douze ans, chacune durant quatre ans.’ » Al-Mubârak b. Mujâhid rapporte de même : « Il est notoire chez nous que l’épouse de Muḥammad b. ʿAjlân portait et mettait au monde en quatre ans ; on l’appelait “la porteuse de l’éléphanteau”. »
Il est également rapporté qu’un jour, alors que Mâlik b. Dînâr était assis, un homme vint lui dire : « Abû Yaḥyâ, invoque (Allah) pour une femme enceinte depuis quatre ans, qui est dans une grande détresse. » Mâlik se mit en colère, referma le Muṣḥaf et dit : « Que pensent donc ces gens ? Croient-ils que nous sommes des prophètes ? » Puis il récita (le Coran), invoqua, et dit : « Ô Allah, si ce qu’elle porte n’est qu’un souffle, fais-le sortir d’elle sur-le-champ ; et si ce qu’elle porte est une fille, permets-lui de la remplacer par un garçon, car Tu effaces ce que Tu veux et Tu maintiens (ce que Tu veux), et auprès de Toi… »