« Al-Mathulāt » : on remplace la ḍamma par une fatḥa du fait de la lourdeur de cette voyelle. D’autres ont dit : la fatḥa vient en substitution du hāʾ. Il est rapporté d’al-Aʿmash qu’il la récitait « al-Mathlāt » en ouvrant le mīm et en immobilisant le thāʾ ; il s’agit alors du pluriel de « muthlah », la ḍamma ayant été retranchée à cause de sa pesanteur. An-Naḥḥās – qu’Allah lui fasse miséricorde – a mentionné tout cela. Suivant la récitation la plus répandue, son singulier est « mathlah », à l’instar de « ṣadaqa ». Dans le parler de la tribu de Tamīm, on prononce le thāʾ et le mīm tous deux avec une ḍamma, et chez eux le singulier est « muthlah », avec le mīm en ḍamma et le thāʾ au sukūn, comme « ghurfah/ghurufāt ». Le verbe en est : « mathaltu bihi, amthulu mathlan », avec le mīm ouvert et le thāʾ au repos.
« Et ton Seigneur est certes Détenteur de pardon » : c’est-à-dire qu’Il pardonne aux polythéistes lorsqu’ils embrassent la foi, et aux pécheurs lorsqu’ils se repentent. Ibn ʿAbbās a dit : « Le verset le plus porteur d’espérance dans le Livre d’Allah – Très-Haut – est : “Et ton Seigneur est certes Détenteur de pardon pour les gens, malgré leur injustice.” »
« Et ton Seigneur est certes Dur en châtiment » lorsqu’ils persévèrent dans la mécréance. Ḥammād b. Salama rapporte, d’après ʿAlī b. Zayd, d’après Saʿīd b. al-Musayyib : lorsque fut révélé le verset « Et ton Seigneur est certes Détenteur de pardon pour les gens, malgré leur injustice, et ton Seigneur est certes Dur en châtiment », le Messager d’Allah – que la prière et le salut d’Allah soient sur lui – déclara : « N’eût été la clémence d’Allah, Sa miséricorde et Son indulgence, nul ne goûterait au moindre bien-être dans la vie ; et n’eût été Son châtiment, Ses menaces et Son supplice, chacun se serait reposé (sur l’impunité). »
Sa Parole – Très-Haut : « Et les mécréants disent : “Pourquoi donc (hal-lā) un signe n’a-t-il pas été fait descendre sur lui de la part de son Seigneur ?” » Après qu’ils eurent réclamé et exigé des miracles, Allah – Exalté soit-Il – dit à Son Prophète – paix et salut sur lui : « Tu n’es que l’avertisseur », c’est-à-dire l’instructeur. « Et à chaque communauté un guide » : un Prophète qui les appelle à Allah. D’autres ont dit : Le Guide, c’est Allah ; ton rôle se limite à l’avertissement, et c’est Allah qui guide chaque peuple lorsqu’Il veut leur bonne direction.
[Coran, sourate ar-Raʿd (13), versets 8-9]
« Allah sait ce que porte toute femelle ; ce que les matrices réduisent et ce qu’elles augmentent ; et toute chose auprès de Lui est mesurée (v. 8). — Il est le Connaisseur de l’invisible et du visible, le Grand, le Très-Élevé (v. 9). »
Il y a dans ces versets huit questions :
Premièrement : Sa Parole – Très-Haut : « Allah sait ce que porte toute femelle » – qu’il s’agisse de mâle ou de femelle, de beau ou de laid, de vertueux ou de pervers. Il a déjà été exposé dans la sourate al-Anʿām que Dieu – qu’Il soit glorifié – est seul détenteur de la science de l’invisible.