Cinquièmement –
Parole du Très-Haut :
« Il est abreuvé d’une même eau ».
Al-Naḥḥâs et al-Bukhârî expliquent : il en est de même du vertueux et du pervers parmi les fils d’Âdam ; leur père est unique.
ʿÂṣim et Ibn ʿÂmir ont lu : « yusqâ » (il est abreuvé) à la troisième personne masculine, c’est-à-dire : tout cela est irrigué. Les autres lecteurs ont lu « tusqâ » (elle est abreuvée) au féminin, en raison du mot « jannâtun » (des jardins). Cette dernière leçon a été privilégiée par Abû Ḥâtim et Abû ʿUbayda. Abû ʿAmr déclara : la forme féminine est meilleure, car Allah dit : « Et Nous en privilégions certaines par rapport à d’autres quant à leurs fruits », et Il n’a pas dit : « quant à ses fruits ».
Ḥamza, al-Kisâʾî et d’autres ont lu « wa yufaḍḍilu » (et Il privilégie) à la troisième personne masculine, conformément aux expressions précédentes : « Il administre l’ordre », « Il détaille », « Il couvre ». Les autres ont lu « wa nufaḍḍilu » (et Nous privilégions) à la première personne du pluriel : « Et Nous, Nous privilégions… »
Jâbir b. ʿAbdillâh rapporte : « J’ai entendu le Prophète – qu’Allah lui accorde bénédictions et paix – dire à ʿAlî – qu’Allah l’agrée : “Les gens proviennent d’arbres divers, tandis que toi et moi provenons d’un même arbre.” Puis le Prophète récita : « Et sur la terre, il est des parcelles voisines… » jusqu’à Sa parole : « Il est abreuvé d’une même eau. »
Le terme « al-ukul » désigne le fruit.
Ibn ʿAbbâs a dit : il s’agit du doux, de l’âpre, du « fârisî » (une variété noble de dattes) et du « daqal » (une datte de qualité médiocre).
Il est rapporté dans un ḥadith marfûʿ d’Abû Hurayra que le Messager d’Allah – qu’Allah lui accorde bénédictions et paix – commenta la parole du Très-Haut : « Et Nous en privilégions certaines par rapport à d’autres quant à leurs fruits » en disant : « le fârisî, le daqal, le doux et l’âpre. » Rapporté par ath-Thaʿlabî.
Al-Ḥasan a dit : ce verset est une parabole qu’Allah – Très-haut – adresse aux fils d’Âdam ; leur origine est unique, mais ils diffèrent dans le bien et le mal, la foi et la mécréance, comme diffèrent les fruits que l’on abreuve d’une seule et même eau.
Le poète a dit :
« Les hommes ressemblent aux plantes, et les plantes sont de couleurs variées ;
Parmi elles le santal, le camphrier et le bananier,
Et parmi elles l’arbre qui, tout au long du temps, ne donne que du goudron. »
« Il y a assurément là des signes pour des gens doués d’intelligence » : c’est-à-dire des marques évidentes pour celui dont le cœur comprend les exhortations d’Allah – exalté soit-Il.
[Coran, sourate 13, verset 5]
« Et si tu t’étonnes, il y a certes de quoi s’étonner de leur parole : “Quand nous serons poussière, serons-nous vraiment recréés ?” Ceux-là sont ceux qui ont mécru en leur Seigneur ; ce sont eux qui auront les carcans à leur cou ; ce sont les hôtes du Feu ; ils y demeureront éternellement. »