Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

et ils ne furent pas véridiques.

On a dit : le sens est que les nations pensèrent que les messagers avaient menti à propos de la victoire qu’ils leur avaient promise.

Dans une version rapportée d’Ibn ‘Abbâs, les messagers auraient cru qu’Allah avait manqué à la promesse qu’Il leur avait faite.

On a toutefois rétorqué : cette transmission n’est pas authentique, car il n’est pas concevable d’attribuer une telle pensée aux messagers ; quiconque imagine pareille chose ne mérite pas le secours divin. Comment alors comprendre la parole : « Notre secours leur vint » ?

Abû Naṣr al-Qushayrî dit : si la transmission est avérée, on peut admettre que cette idée effleura le cœur des messagers sans qu’ils l’enracinent réellement en eux-mêmes. Dans le ḥadîth, il est rapporté : « Allah – Très-Haut – a pardonné à ma communauté ce que leurs âmes murmurent tant que la langue ne l’exprime pas et que l’acte ne le concrétise pas. »

On peut encore dire qu’ils s’étaient à peine approchés d’un tel soupçon, comme lorsqu’on dit : « J’ai atteint la demeure », c’est-à-dire : je m’en suis rapproché.

Al-Tha‘labî et al-Naḥḥâs rapportent d’Ibn ‘Abbâs qu’il déclara : « Ils étaient des humains ; la longue épreuve les affaiblit, ils oublièrent et crurent qu’on les avait privés (de la promesse). » Puis il récita : « …au point que le messager et ceux qui crurent avec lui dirent : “Quand viendra donc le secours d’Allah ?” » (al-Baqarah, 2 : 214).

Al-Tirmidhî al-Ḥakîm dit : de notre point de vue, les messagers craignaient la lenteur du secours après qu’Allah le leur eut promis – non qu’ils soupçonnassent la promesse d’Allah, mais qu’ils suspectassent leurs propres âmes d’avoir peut-être commis un acte rompant la condition et le pacte qui leur avait été confié. Ainsi, lorsque la période d’épreuve se prolongeait, le désespoir et les conjectures les gagnaient de ce côté-là.

Al-Mahdawî rapporte d’Ibn ‘Abbâs : les messagers pensèrent qu’on les avait délaissés, selon ce qui peut atteindre la nature humaine. Il étaya cela par la parole d’Ibrâhîm – paix sur lui : « Seigneur ! montre-moi comment Tu rends la vie aux morts » (al-Baqarah, 2 : 260). La première lecture demeure cependant préférable.

Mujâhid et Ḥumayd ont lu : « qad kaḏabû » (kâf et dhâl ouverts, forme légère) signifiant : les peuples des messagers estimèrent que ces derniers avaient menti, voyant qu’Allah – Glorifié soit-Il – différé le châtiment par grâce.

On peut aussi entendre : lorsque les messagers furent certains que leur peuple avait menti au sujet d’Allah par leur mécréance, Notre secours parvint aux messagers.

Al-Bukhârî rapporte, par l’entremise de ‘Urwah, qu’il interrogea ‘Âʾishah au sujet de la parole d’Allah – Puissant et Majestueux : « Jusqu’à ce que les messagers désespérèrent… ». Il lui demanda : « Est-ce “akudhibû” (qu’ils aient menti) ou “kudhdhibû” (qu’ils aient été démentis) ? » ‘Âʾishah répondit : « “Kudhdhibû” : ils ont bel et bien été démentis. » Il dit : « Ils savaient donc avec certitude que leur peuple les avait démentis ; comment parler alors d’une simple conjecture ? » Elle répliqua : « Assurément ! Par ma vie, ils en étaient certains. » Il reprit : « Et que signifie alors : “ils pensèrent qu’ils avaient été trompés” ? » Elle dit : « À Dieu ne plaise ! Jamais les messagers n’ont pensé cela de leur Seigneur. » Il demanda : « Quelle est donc la signification de ce verset ? » Elle répondit : « Il s’agit des partisans des messagers, ceux qui crurent en leur Seigneur et les confirmèrent ; l’épreuve s’était prolongée pour eux et la victoire tardait, au point que, lorsque les messagers désespérèrent… »

وَلَمْ يَصْدُقُوا. وَقِيلَ: الْمَعْنَى ظَنَّ الْأُمَمُ أَنَّ الرُّسُلَ قَدْ كَذَبُوا فِيمَا وَعَدُوا بِهِ مِنْ نَصْرِهِمْ. وَفِي رِوَايَةٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ، ظَنَّ الرُّسُلُ أَنَّ اللَّهَ أَخْلَفَ مَا وَعَدَهُمْ. وَقِيلَ: لَمْ تَصِحَّ هَذِهِ الرِّوَايَةُ، لِأَنَّهُ لَا يُظَنُّ بِالرُّسُلِ هَذَا الظَّنُّ، وَمَنْ ظَنَّ هَذَا الظَّنَّ لَا يَسْتَحِقُّ النَّصْرَ، فَكَيْفَ قَالَ: (جَاءَهُمْ نَصْرُنَا) ؟ ! قال القشيري أبو نصر: ولا يبعد إن صَحَّتِ الرِّوَايَةُ أَنَّ الْمُرَادَ خَطَرَ بِقُلُوبِ الرُّسُلِ «١» هَذَا مِنْ غَيْرِ أَنْ يَتَحَقَّقُوهُ فِي نُفُوسِهِمْ، وَفِي الْخَبَرِ: " إِنَّ اللَّهَ تَعَالَى تَجَاوَزَ لِأُمَّتِي عَمَّا حَدَّثَتْ بِهِ أَنْفُسَهَا مَا لَمْ يَنْطِقْ بِهِ لِسَانٌ أَوْ تَعْمَلْ بِهِ" . وَيَجُوزُ أَنْ يُقَالَ: قَرُبُوا مِنْ ذَلِكَ الظَّنِّ، كَقَوْلِكَ: بَلَغْتُ الْمَنْزِلَ، أَيْ قَرُبْتُ مِنْهُ. وَذَكَرَ الثَّعْلَبِيُّ وَالنَّحَّاسُ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: كَانُوا بَشَرًا فَضَعُفُوا مِنْ طُولِ الْبَلَاءِ، وَنَسُوا وَظَنُّوا أَنَّهُمْ أُخْلِفُوا، ثُمَّ تَلَا: " حَتَّى يَقُولَ الرَّسُولُ وَالَّذِينَ آمَنُوا مَعَهُ مَتى نَصْرُ اللَّهِ" «٢» [البقرة: ٢١٤] . وَقَالَ التِّرْمِذِيُّ الْحَكِيمُ: وَجْهُهُ عِنْدَنَا أَنَّ الرُّسُلَ كَانَتْ تَخَافُ بُعْدَ مَا وَعَدَ اللَّهُ النَّصْرَ، لَا مِنْ تُهْمَةٍ لِوَعْدِ اللَّهِ، وَلَكِنْ لِتُهْمَةِ النُّفُوسِ أَنْ تَكُونَ قَدْ أَحْدَثَتْ، حَدَثًا يَنْقُضُ ذَلِكَ الشَّرْطَ وَالْعَهْدَ الَّذِي عُهِدَ إِلَيْهِمْ، فَكَانَتْ إِذَا طَالَتْ [عَلَيْهِمُ] «٣» الْمُدَّةُ دَخَلَهُمُ الْإِيَاسُ وَالظُّنُونُ مِنْ هَذَا الْوَجْهِ. وَقَالَ الْمَهْدَوِيُّ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: ظَنَّتِ الرُّسُلُ أَنَّهُمْ قَدْ أُخْلِفُوا عَلَى مَا يَلْحَقُ الْبَشَرَ، وَاسْتَشْهَدَ بِقَوْلِ إِبْرَاهِيمَ عَلَيْهِ السلام: " رَبِّ أَرِنِي كَيْفَ تُحْيِ الْمَوْتى " «٤» [البقرة: ٢٦٠] الْآيَةَ. وَالْقِرَاءَةُ الْأُولَى أَوْلَى. وَقَرَأَ مُجَاهِدٌ وَحُمَيْدٌ- " قَدْ كَذَبُوا" بِفَتْحِ الْكَافِ وَالذَّالِ مُخَفَّفًا، عَلَى مَعْنَى: وَظَنَّ قَوْمُ الرُّسُلِ أَنَّ الرُّسُلَ قَدْ كَذَبُوا، لِمَا رَأَوْا مِنْ تَفَضُّلِ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ فِي تَأْخِيرِ الْعَذَابِ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ المعنى: و [لما] أَيْقَنَ الرُّسُلُ أَنَّ قَوْمَهُمْ قَدْ كَذَبُوا عَلَى اللَّهِ بِكُفْرِهِمْ جَاءَ الرُّسُلَ نَصْرُنَا. وَفِي الْبُخَارِيِّ عَنْ عُرْوَةَ عَنْ عَائِشَةَ قَالَتْ لَهُ وَهُوَ يَسْأَلُهَا عَنْ قَوْلِ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ: " حَتَّى إِذَا اسْتَيْأَسَ الرُّسُلُ" قَالَ قُلْتُ: أَكُذِبُوا أَمْ كُذِّبُوا؟ قَالَتْ عَائِشَةُ: كُذِبُوا. قُلْتُ: فَقَدِ اسْتَيْقَنُوا أَنَّ قَوْمَهُمْ كَذَّبُوهُمْ فَمَا هُوَ بِالظَّنِّ؟ قَالَتْ: أَجَلَّ! لَعَمْرِي! لَقَدِ اسْتَيْقَنُوا بِذَلِكَ، فَقُلْتُ لَهَا: " وَظَنُّوا أَنَّهُمْ قَدْ كُذِبُوا" قَالَتْ: مَعَاذَ اللَّهِ! لَمْ تَكُنِ الرُّسُلُ تَظُنُّ ذَلِكَ بِرَبِّهَا. قُلْتُ: فَمَا هَذِهِ الْآيَةُ؟ قَالَتْ: هُمْ أَتْبَاعُ الرُّسُلِ [الَّذِينَ آمَنُوا بِرَبِّهِمْ وَصَدَّقُوهُمْ، فَطَالَ عَلَيْهِمُ الْبَلَاءُ، وَاسْتَأْخَرَ عَنْهُمُ النصر حتى إذا استيأس الرسل «٥» ]
(١). من ع. وهو الصواب، وفى غيرها البشر. (٢). راجع ج ٣ ص ٣٣ فما بعد، وص ٢٧٣. (٣). من ع. وهو الصواب، وفى غيرها البشر. (٤). راجع ج ٣ ص ٣٣ فما بعد، وص ٢٧٣. (٥). الزيادة من صحيح البخاري.

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