Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Ne parcourent-ils donc pas la terre afin de regarder »
les lieux où furent anéanties les nations qui traitèrent de mensonge leurs prophètes, et qu’ils en tirent enseignement.

« Et la demeure de l’Au-delà est certes meilleure »

Ici, il s’agit d’un sujet et de son prédicat. Al-Farrâ’ prétend que « la demeure » et « l’Au-delà » désignent une seule et même réalité ; la chose est rapportée à elle-même, par simple différence d’expression, comme on dit « le jour du jeudi » ou « la veille de la première ». Le poète a dit :
« Si les demeures du clan ʿAbs se vidaient autour de toi,
tu connaîtrais l’humiliation d’une connaissance certaine. »
c’est-à-dire : d’une connaissance parfaitement sûre.

Al-Kisâʾî appuie cette opinion par l’expression « la prière de la première », tandis que l’Akhfash invoque « la mosquée du جامع ». Al-Naḥḥâs objecte que rapporter une chose à elle-même est impossible : l’annexion sert précisément à faire connaître l’inconnu par le connu. L’expression la plus correcte est donc « la prière الأولى (première) ». Celui qui dit « la prière de la première » veut dire : « au moment de la première prière obligatoire ». On l’appela « al-ʾûlâ » (la première) parce qu’elle fut la première prière prescrite et aussi la première rendue publique ; on l’appelle pour cela également « al-ẓuhr ».

Le sens sous-entendu est : « La demeure de la condition dernière est meilleure ». Tel est l’avis des grammairiens de Baṣra ; la demeure visée ici est le Paradis, c’est-à-dire : elle est meilleure pour les pieux.

On a aussi lu : « Et certes la demeure dernière… ».

Nāfiʿ, ʿĀṣim, Yaʿqūb et d’autres ont lu : « Ne raisonnez-vous donc pas ? » avec le tāʾ de l’adresse directe ; les autres l’ont lu avec le yāʾ du récit.

Parole du Très-Haut :

« Jusqu’à ce que, lorsque les Messagers désespérèrent… »
Nous avons déjà mentionné la lecture et l’explication de ce passage.

« et qu’ils pensèrent qu’on les avait traités de menteurs… »
Ce verset proclame la pureté et l’infaillibilité des prophètes quant à tout ce qui ne leur sied pas. C’est un domaine considérable et d’une extrême importance ; il convient d’y prêter la plus grande attention afin de ne pas trébucher et se retrouver au cœur de la Géhenne.

Le sens est : Nous n’avons envoyé avant toi, ô Muḥammad, que des hommes ; puis Nous n’avons pas aussitôt châtié leurs peuples…

« …jusqu’à ce que, lorsque les Messagers désespérèrent »
c’est-à-dire qu’ils perdirent tout espoir de voir leur peuple croire.

« et qu’ils pensèrent qu’on les avait traités de menteurs »
– avec redoublement de la consonne –, c’est-à-dire qu’ils furent certains que leur peuple les avait démentis.

On a dit aussi : le sens serait qu’ils crurent que ceux de leur peuple qui avaient cru en eux les avaient finalement démentis, non que l’ensemble du peuple les avait rejetés ; les prophètes appréhendaient, craignaient que le doute ne s’insinue dans le cœur de leurs adeptes. Dans cette interprétation, « ils pensèrent » conserve donc son sens propre.

Ibn ʿAbbâs, Ibn Masʿūd, Abū ʿAbd-al-Raḥmân al-Sulamî, Abū Jaʿfar Ibn al-Qaʿqâʿ, al-Ḥasan, Qatāda, Abū Rajāʾ al-ʿUṭâridî, ʿĀṣim, Ḥamza, al-Kisâʾî, Yaḥyâ Ibn Waththâb, al-Aʿmash et Khalaf ont lu : « qu’ils furent traités de menteurs » avec allègement – c’est-à-dire : le peuple pensa que les messagers les avaient trompés au sujet du châtiment qu’ils leur avaient annoncé.

قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَفَلَمْ يَسِيرُوا فِي الْأَرْضِ فَيَنْظُرُوا) إِلَى مَصَارِعِ الْأُمَمِ الْمُكَذِّبَةِ لِأَنْبِيَائِهِمْ فَيَعْتَبِرُوا. (وَلَدارُ الْآخِرَةِ خَيْرٌ) ابْتِدَاءٌ وَخَبَرُهُ. وَزَعَمَ الْفَرَّاءُ أَنَّ الدَّارَ هِيَ الْآخِرَةُ، وَأُضِيفَ الشَّيْءُ إِلَى نَفْسِهِ لِاخْتِلَافِ اللَّفْظِ، كَيَوْمِ الْخَمِيسِ، وَبَارِحَةِ الْأُولَى، قَالَ الشَّاعِرُ: وَلَوْ أَقْوَتْ عَلَيْكَ دِيَارُ عَبْسٍ «١» ... عَرَفْتَ الذُّلَّ عِرْفَانَ الْيَقِينِ أَيْ عِرْفَانًا يَقِينًا، وَاحْتَجَّ الْكِسَائِيُّ بِقَوْلِهِمْ: صَلَاةُ الْأُولَى، وَاحْتَجَّ الْأَخْفَشُ بِمَسْجِدِ الْجَامِعِ. قَالَ النَّحَّاسُ: إِضَافَةُ الشَّيْءِ إِلَى نَفْسِهِ مُحَالٌ، لِأَنَّهُ إِنَّمَا يُضَافُ الشَّيْءُ إِلَى غَيْرِهِ لِيَتَعَرَّفَ بِهِ، وَالْأَجْوَدُ الصَّلَاةُ الْأُولَى، وَمَنْ قَالَ صَلَاةُ الْأُولَى فَمَعْنَاهُ: عِنْدَ صَلَاةِ الْفَرِيضَةِ الْأُولَى، وَإِنَّمَا سُمِّيَتِ الْأُولَى لِأَنَّهَا أَوَّلُ مَا صُلِّيَ حِينَ فُرِضَتِ الصَّلَاةُ، وَأَوَّلُ مَا أُظْهِرَ، فَلِذَلِكَ قِيلَ لَهَا أَيْضًا الظُّهْرُ. وَالتَّقْدِيرُ: وَلَدَارُ الْحَالِ الْآخِرَةِ خَيْرٌ، وَهَذَا قَوْلُ الْبَصْرِيِّينَ، وَالْمُرَادُ بِهَذِهِ الدَّارِ الْجَنَّةُ، أي هي خير للمتقين. وقرى: " وَلَلدَّارُ الْآخِرَةُ" . وَقَرَأَ نَافِعٌ وَعَاصِمٌ وَيَعْقُوبُ وَغَيْرُهُمْ (أَفَلا تَعْقِلُونَ) بِالتَّاءِ عَلَى الْخِطَابِ. الْبَاقُونَ بِالْيَاءِ عَلَى الْخَبَرِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (حَتَّى إِذَا اسْتَيْأَسَ الرُّسُلُ) تَقَدَّمَ الْقِرَاءَةُ فِيهِ وَمَعْنَاهُ «٢» . (وَظَنُّوا أَنَّهُمْ قَدْ كُذِبُوا) وهذه الْآيَةُ فِيهَا تَنْزِيهُ الْأَنْبِيَاءِ وَعِصْمَتُهُمْ عَمَّا لَا يَلِيقُ بِهِمْ. وَهَذَا الْبَابُ عَظِيمٌ، وَخَطَرُهُ جَسِيمٌ، يَنْبَغِي الْوُقُوفُ، عَلَيْهِ لِئَلَّا يَزِلَّ الْإِنْسَانُ فَيَكُونُ فِي سَوَاءِ الْجَحِيمِ. الْمَعْنَى: وَمَا أَرْسَلْنَا قَبْلَكَ يَا مُحَمَّدُ إِلَّا رِجَالًا ثُمَّ لَمْ نُعَاقِبْ أُمَمَهُمْ بِالْعَذَابِ «٣» . " حَتَّى إِذَا اسْتَيْأَسَ الرُّسُلُ" أَيْ يَئِسُوا مِنْ إِيمَانِ قَوْمِهِمْ. " وَظَنُّوا أَنَّهُمْ قَدْ كُذِبُوا" بِالتَّشْدِيدِ، أَيْ أَيْقَنُوا أَنَّ قَوْمَهُمْ كَذَّبُوهُمْ. وَقِيلَ الْمَعْنَى: حَسِبُوا أَنَّ مَنْ آمَنَ بِهِمْ مِنْ قَوْمِهِمْ كَذَّبُوهُمْ، لَا أَنَّ الْقَوْمَ كَذَّبُوا، وَلَكِنَّ الْأَنْبِيَاءَ ظَنُّوا وَحَسِبُوا أَنَّهُمْ يُكَذِّبُونَهُمْ، أَيْ خَافُوا أَنْ يَدْخُلَ قُلُوبَ أَتْبَاعِهِمْ شَكٌّ، فَيَكُونُ " وَظَنُّوا" عَلَى بَابِهِ فِي هَذَا التَّأْوِيلِ. وَقَرَأَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَابْنُ مَسْعُودٍ وَأَبُو عَبْدِ الرَّحْمَنِ السُّلَمِيُّ وَأَبُو جَعْفَرِ بْنُ الْقَعْقَاعِ وَالْحَسَنُ وَقَتَادَةُ وَأَبُو رَجَاءٍ الْعُطَارِدِيُّ وَعَاصِمٌ وَحَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ وَيَحْيَى بْنُ وَثَّابٍ وَالْأَعْمَشُ وَخَلَفٌ " كُذِبُوا" بِالتَّخْفِيفِ، أَيْ ظَنَّ الْقَوْمُ أَنَّ الرُّسُلَ كَذَبُوهُمْ فِيمَا أَخْبَرُوا به من العذاب،
(١). وفى رواية:" فإنك لو حللت ديار عبس" في ع وك وى: عرفت الدار. (٢). راجع ص ٢٤١ من هذا الجزء. (٣). من ع وح الجمل عن القرطبي. وفى اوح وك ى: بالعقاب.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies