De façon détaillée.
On a dit : le verset est révélé au sujet des hypocrites. Le sens de Sa parole : « Et la plupart d’entre eux ne croient pas en Allah » est qu’ils professent la foi par la langue alors qu’ils mécr oient dans leur cœur – rapporté par al-Mâwardî d’après al-Ḥasan également.
‘Atâ’ a dit : cela concerne l’invocation. En effet, les mécréants oublient leur Seigneur dans l’aisance ; puis, quand l’épreuve les atteint, ils se montrent sincères dans leur supplication, comme l’indique Sa parole : « …et ils pensèrent qu’ils allaient être cernés… » (Yûnus, 22), ainsi que : « Et lorsque l’homme est touché par le mal, il Nous invoque, [couché] sur son flanc… » (Yûnus, 12), et dans un autre verset : « Quand le malheur l’atteint, le voici multipliant les longues prières. » (Fussilat, 51).
D’autres ont dit : le sens en est qu’ils implorent Allah afin qu’Il les sauve de la perdition ; mais, une fois sauvés, l’un d’eux déclare : « Sans untel nous n’aurions pas été sauvés », ou : « Sans le chien, le voleur serait entré chez nous », et semblables paroles. Ils attribuent ainsi le bienfait d’Allah à tel ou tel, et Sa protection au chien.
Je dis : il arrive que beaucoup de simples musulmans tombent dans cette parole ou la précédente ; il n’y a de force ni de puissance qu’en Allah, le Très-Haut, le Tout-Puissant.
On a dit aussi : ce verset fut révélé au sujet de l’épisode de la fumée ; lorsque la fumée enveloppa les habitants de La Mecque durant les années de sécheresse, ils dirent : « Seigneur, écarte de nous le châtiment ; certes, nous croyons. » (Ad-Dukhân, 12). Tel fut leur acte de foi ; leur association, en revanche, fut leur retour à la mécréance après la levée du châtiment, comme l’indique : « Vous reviendrez certes [à votre mécréance]. » (Ad-Dukhân, 15). Or le retour n’existe qu’après un début ; ainsi le sens de : « sauf qu’ils sont associateurs » est : sauf qu’ils reviennent à l’association – et Allah sait mieux.
Sa parole – Exalté soit-Il – : « Sont-ils donc à l’abri qu’une calamité recouvrante, émanant du châtiment d’Allah, ne vienne les atteindre ? » Ibn ‘Abbâs a dit : une affliction générale. Mujâhid a dit : un châtiment qui les couvre, semblable à : « Le jour où le châtiment les enveloppera d’en haut d’eux et de dessous leurs pieds. » (Al-‘Ankabût, 55). Qatâda a dit : une catastrophe qui s’abattra sur eux. Ad-Dahhâk a dit : c’est-à-dire les foudres et les coups dévastateurs.
« …ou que l’Heure vienne sur eux subitement » : c’est-à-dire le Jour de la Résurrection. Le terme « subitement » est à l’accusatif de manière circonstancielle, et provient, à l’origine, du nom verbal. Al-Mubarrid a dit : les Arabes emploient parfois une circonstance après un indéfini, comme dans leur expression : « L’affaire survint baghtatan (à l’improviste) ou faj’atan. » An-Nahhâs a dit : le sens de « baghtatan » est un choc venant de là où l’on ne s’y attend pas.
« …et qu’ils ne s’en aperçoivent pas » : c’est une insistance.
Au sujet de Sa parole : « subitement », Ibn ‘Abbâs a dit : le Cri frappera les gens alors qu’ils se trouvent dans leurs marchés et leurs lieux de réunion, comme Sa parole : « Elle les saisira alors qu’ils sont en train de discuter. » (Yâ-Sîn, 49), comme il sera expliqué plus loin.