Il a creusé une brèche dans le navire, a tué le garçon et a relevé le mur, tandis que Mûsâ ibn Manshâ l’accompagnait jusqu’à ce qu’il atteigne avec lui l’endroit qu’il avait à atteindre. Ibn ʿAbbâs rejetait cependant cette version, et la vérité est conforme à ce qu’a affirmé Ibn ʿAbbâs, comme le confirme également le Coran. Entre Yûsuf et Mûsâ il y eut ensuite des nations et des générations entières ; entre les deux se situait (le prophète) Shuʿayb – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur eux tous.
[ Sûrat Yûsuf (12) : versets 102 à 104 ]
« Voilà (ô Muhammad) une partie des récits de l’invisible que Nous te révélons ; tu n’étais pas auprès d’eux lorsqu’ils décidèrent unanimement de leur affaire tandis qu’ils complotaient. (102) Et la plupart des gens, même si tu tiens ardemment à leur foi, ne seront pas croyants. (103) Tu ne leur réclames pour cela aucun salaire ; ce (Coran) n’est qu’un rappel pour les mondes. (104) »
Paroles du Très-Haut :
(« ذلِكَ مِنْ أَنْبَاءِ الْغَيْبِ »)
– sujet et prédicat.
(« نُوحِيهِ إِلَيْكَ »)
– second prédicat.
Az-Zajjâj dit : Il est également permis de considérer « ذلِكَ » au sens de « الَّذِي » ; « نُوحِيهِ إِلَيْكَ » en serait alors le prédicat : « ce qui relève des nouvelles du monde invisible, Nous te l’inspirons ». Autrement dit : ce que Nous t’avons conté au sujet de Yûsuf fait partie des informations cachées que Nous te communiquons par révélation.
(« وَما كُنْتَ لَدَيْهِمْ »)
C’est-à-dire : tu n’étais pas présent auprès des frères de Yûsuf
(« إِذْ أَجْمَعُوا أَمْرَهُمْ »)
quand ils se mirent d’accord pour le jeter au fond du puits,
(« وَهُمْ يَمْكُرُونَ »)
c’est-à-dire qu’ils complotaient contre Yûsuf afin de l’y précipiter.
D’autres disent : ils complotaient contre Yaʿqûb lorsqu’ils lui rapportèrent la tunique tachée de sang ; tu n’as pas été le témoin de ces événements, mais Allâh t’en a informé.
Paroles du Très-Haut :
(« وَما أَكْثَرُ النَّاسِ وَلَوْ حَرَصْتَ بِمُؤْمِنِينَ »)
Le Prophète – paix et salut sur lui – pensait que les Arabes croiraient lorsqu’il leur raconterait cette histoire qu’ils avaient réclamée. Comme ils ne crurent pas, ce verset fut révélé pour le consoler : tu n’as pas pouvoir de guider celui que tu souhaites guider. Le verbe « حَرَصَ – يَحْرِصُ » se conjugue comme « ضَرَبَ – يَضْرِبُ ». Dans une langue peu répandue, on dit « حَرِصَ – يَحْرَصُ » comme « حَمِدَ – يَحْمَدُ ». Le hirṣ désigne la recherche d’une chose avec choix et empressement.
Paroles du Très-Haut :
(« وَما تَسْئَلُهُمْ عَلَيْهِ مِنْ أَجْرٍ »)
La particule « مِنْ » est ici explicative : tu ne leur demandes aucun salaire.
(« إِنْ هُوَ »)
c’est-à-dire : ce (Coran),
(« إِلَّا ذِكْرٌ »)
ne constitue qu’un rappel, un avertissement
(« لِلْعالَمِينَ »)
à l’adresse de l’ensemble des mondes.