Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

[Sourate Youssouf (12), verset 101]
« Seigneur, Tu m’as certes octroyé une part de la royauté et Tu m’as enseigné une part de l’interprétation des récits. Ô Créateur des cieux et de la terre, Tu es mon Protecteur, ici-bas comme dans l’au-delà. Fais-moi mourir en pleine soumission et fais-moi rejoindre les vertueux. »

Paroles du Très-Haut :
« Seigneur, Tu m’as certes octroyé une part de la royauté et Tu m’as enseigné une part de l’interprétation des récits… »

Qatâda a dit : « Nul — qu’il fût Prophète ou autre — n’a souhaité la mort, si ce n’est Youssouf, sur lui la paix ; lorsque les bienfaits s’étaient parachevés sur lui et que sa famille fut réunie autour de lui, il désira alors la rencontre de son Seigneur — Glorifié et Exalté soit-Il. »

On a également dit : Youssouf ne formula pas le souhait de mourir ; il demanda plutôt d’être rappelé à Dieu en état d’Islam : « Lorsque mon terme arrivera, fais-moi mourir en musulman. » Telle est l’opinion de la majorité.

Sahl ibn ‘Abd Allâh at-Tustarî a déclaré : « Trois seulement souhaitent la mort : un homme ignorant de ce qui vient après la mort ; un homme qui cherche à fuir les décrets divins qui s’abattent sur lui ; ou un homme épris, ardent au désir de rencontrer Allah — Puissant et Majestueux. »

Il est rapporté dans le Ṣaḥîḥ, d’après Anas, que le Messager d’Allah — que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui — a dit :
« Qu’aucun de vous ne souhaite la mort en raison d’une épreuve qui l’a frappé. S’il lui faut absolument formuler un vœu, qu’il dise : « Ô Allah ! Fais-moi vivre tant que la vie m’est un bien, et fais-moi mourir lorsque la mort m’est un bien. » » (Hadith rapporté par Muslim).

Et, dans le même ouvrage, d’après Abou Hourayra, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a dit :
« Que nul parmi vous ne souhaite la mort ni n’invoque pour l’obtenir avant qu’elle ne vienne à lui ; car, lorsque l’un de vous meurt, son œuvre est interrompue, et la prolongation de la vie du croyant ne fait qu’accroître son bien. »

Si ces textes sont établis, comment pourrait-on soutenir que Youssouf — sur lui la paix — aurait souhaité la mort, la sortie de ce monde et l’interruption de l’action ? Cela est invraisemblable, à moins de dire qu’une telle demande était permise dans la législation qui lui était propre. Il reste toutefois permis de souhaiter la mort ou d’en faire l’invocation quand les épreuves se généralisent, la religion est menacée, ainsi que nous l’avons expliqué dans notre livre « at-Tadhkira ».

La particule « min » (de) dans « min al-mulk » (« une part de la royauté ») est partitive ; il en va de même dans « wa ‘allamtanî min ta’wîl al-ahâdîth » (« Tu m’as enseigné une part de l’interprétation des récits »), car le royaume d’Égypte ne constituait pas toute la royauté, et la science de l’interprétation n’englobe pas toutes les sciences.

D’autres ont dit que « min » est ici une préposition de genre, comme dans la parole divine : « Écartez-vous de la souillure que constituent les idoles » (Al-Hajj, 30). D’autres encore y voient un outil d’insistance, c’est-à-dire : « Tu m’as accordé la royauté et Tu m’as enseigné l’interprétation des récits. »

[[سورة يوسف (١٢) : آية ١٠١]] رَبِّ قَدْ آتَيْتَنِي مِنَ الْمُلْكِ وَعَلَّمْتَنِي مِنْ تَأْوِيلِ الْأَحادِيثِ فاطِرَ السَّماواتِ وَالْأَرْضِ أَنْتَ وَلِيِّي فِي الدُّنْيا وَالْآخِرَةِ تَوَفَّنِي مُسْلِماً وَأَلْحِقْنِي بِالصَّالِحِينَ (١٠١) قَوْلُهُ تَعَالَى: (رَبِّ قَدْ آتَيْتَنِي مِنَ الْمُلْكِ وَعَلَّمْتَنِي مِنْ تَأْوِيلِ الْأَحادِيثِ) قَالَ قَتَادَةُ: لَمْ يَتَمَنَّ الْمَوْتَ أَحَدٌ، نَبِيٌّ وَلَا غَيْرُهُ إِلَّا يُوسُفَ عَلَيْهِ السَّلَامُ، حِينَ تَكَامَلَتْ عَلَيْهِ النِّعَمُ وَجُمِعَ لَهُ الشَّمْلُ اشْتَاقَ إِلَى لِقَاءِ رَبِّهِ عَزَّ وَجَلَّ. وَقِيلَ: إِنَّ يُوسُفَ لَمْ يَتَمَنَّ الْمَوْتَ، وَإِنَّمَا تَمَنَّى الْوَفَاةَ عَلَى الْإِسْلَامِ، أَيْ إِذَا جَاءَ أَجَلِي تَوَفَّنِي مُسْلِمًا، وَهَذَا قَوْلُ الْجُمْهُورِ. وَقَالَ سَهْلُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ التُّسْتَرِيُّ: لَا يَتَمَنَّى الْمَوْتَ إِلَّا ثَلَاثٌ: رَجُلٌ جَاهِلٌ بِمَا بَعْدَ الْمَوْتِ، أَوْ رَجُلٌ يَفِرُّ مِنْ أَقْدَارِ اللَّهِ تَعَالَى عَلَيْهِ، أَوْ مُشْتَاقٌ مُحِبٌّ لِلِقَاءِ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ. وَثَبَتَ فِي الصَّحِيحِ عَنْ أَنَسٍ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " لَا يَتَمَنَّيَنَّ أَحَدُكُمُ الْمَوْتَ لِضُرٍّ نَزَلَ بِهِ فَإِنْ كَانَ لَا بُدَّ مُتَمَنِّيًا فَلْيَقُلِ اللَّهُمَّ أَحْيِنِي مَا كَانَتِ الْحَيَاةُ خيرا لي وتوفقني إِذَا كَانَتِ الْوَفَاةُ خَيْرًا لِي" رَوَاهُ مُسْلِمٌ. وَفِيهِ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " لَا يَتَمَنَّيَنَّ أَحَدُكُمُ الْمَوْتَ وَلَا يَدْعُ «١» بِهِ مِنْ قَبْلِ أَنْ يَأْتِيَهُ إِنَّهُ إِذَا مَاتَ أَحَدُكُمُ انْقَطَعَ عَمَلُهُ وَإِنَّهُ لَا يَزِيدُ الْمُؤْمِنَ عُمُرُهُ إِلَّا خَيْرًا" . وَإِذَا ثَبَتَ هَذَا فَكَيْفَ يُقَالُ: إِنَّ يُوسُفَ عَلَيْهِ السَّلَامُ تَمَنَّى الْمَوْتَ وَالْخُرُوجَ مِنَ الدُّنْيَا وَقَطْعَ الْعَمَلِ؟ هَذَا بَعِيدٌ! إِلَّا أَنْ يُقَالَ: إِنَّ ذَلِكَ كَانَ جَائِزًا فِي شَرْعِهِ، أَمَا أَنَّهُ يَجُوزُ تَمَنِّي الْمَوْتِ وَالدُّعَاءِ بِهِ عِنْدَ ظُهُورِ الْفِتَنِ وَغَلَبَتِهَا، وَخَوْفِ ذَهَابِ الدِّينِ، عَلَى مَا بَيَّنَّاهُ فِي كِتَابِ " التَّذْكِرَةِ" . وَ " مِنَ" مِنْ قَوْلِهِ: " مِنَ الْمُلْكِ" لِلتَّبْعِيضِ، وَكَذَلِكَ قَوْلُهُ: " وَعَلَّمْتَنِي مِنْ تَأْوِيلِ الْأَحادِيثِ" لِأَنَّ مُلْكَ مِصْرَ مَا كَانَ كُلَّ الْمُلْكِ، وَعِلْمُ التَّعْبِيرِ مَا كَانَ كُلَّ الْعُلُومِ. وَقِيلَ: " مِنَ" لِلْجِنْسِ كقوله: " فَاجْتَنِبُوا الرِّجْسَ مِنَ «٢» الْأَوْثانِ" [الحج: ٣٠] وَقِيلَ: لِلتَّأَكُّدِ. أَيْ آتَيْتَنِي الْمُلْكَ وَعَلَّمْتَنِي تَأْوِيلَ الأحاديث
(١). قيل: وجه صحة عطفه على النفي من حيث إنه بمعنى النهى. وقال ابن حجر: فيه إيماء إلى أن الأول نهى على بابه، ويكون قد جمع بين لغتي حذف حرف العلة وإثباته. (٢). راجع ج ١٢ ص ٥٤. [ ..... ]

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