Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

[Coran – Sourate Yûsuf (12), verset 100]
« Et il éleva ses père et mère sur le trône ; et tous se prosternèrent devant lui. Il dit : « Ô mon père ! Voilà l’explication de mon songe d’autrefois ; mon Seigneur l’a bel et bien réalisée. Il m’a certes comblé de bienfaits en me faisant sortir de prison et en vous faisant venir du désert, après que Satan eut semé la discorde entre moi et mes frères. Mon Seigneur est, certes, Subtil dans ce qu’Il veut. C’est Lui, vraiment, l’Omniscient, le Sage. »

Parole du Très-Haut : « Et il éleva ses père et mère sur le trône »
Qaṭâda a dit : c’est-à-dire sur le lit royal ; nous avons déjà mentionné ses porteurs. On emploie parfois le terme « ʿarch » pour désigner la royauté ou même le roi lui-même, comme dans ce vers du poète an-Nâbigha adh-Dhubyânî :
« Des trônes qui s’évanouirent après puissance et sécurité » – citation déjà signalée.

Parole du Très-Haut : « Et ils se prosternèrent devant lui »

Elle comporte trois questions.

Première question

Parole du Très-Haut : « Et ils se prosternèrent devant lui ». Le pronom « devant lui » (lahu) : certains affirment qu’il renvoie à Allah – exalté soit-Il –, c’est-à-dire : ils se prosternèrent en gratitude devant Allah et Yûsuf ne fut pour eux qu’une qibla, afin d’actualiser son rêve ; c’est rapporté d’al-Ḥasan. An-Naqqâsh objecte : c’est une erreur, car le pronom se rapporte à Yûsuf, conformément à la parole divine, au début de la sourate : « Je les ai vus prosternés devant moi » (12 : 4).

Leur manière de saluer consistait à ce que l’inférieur se prosterne devant le supérieur, le plus jeune devant l’aîné. Ainsi, Yaʿqûb, sa tante et ses frères se prosternèrent devant Yûsuf – sur lui la paix. Pris d’un frisson, il dit : « Voilà l’explication de mon songe d’autrefois. »

Il s’était écoulé vingt-deux ans entre la vision de Yûsuf et son accomplissement. Salmân al-Fârisî et ʿAbd Allâh b. Shaddâd disent : quarante ans. ʿAbd Allâh b. Shaddâd ajoute que c’est la durée extrême pendant laquelle un songe peut tarder à se réaliser. Qaṭâda dit : trente-cinq ans. As-Suddî, Saʿîd b. Jubayr et ʿIkrima : trente-six ans. Al-Ḥasan, Jisr b. Farqad et Fuḍayl b. ʿIyâḍ : quatre-vingts ans. Wahb b. Munabbih rapporte que Yûsuf fut jeté dans le puits à l’âge de dix-sept ans, resta éloigné de son père pendant quatre-vingts ans, puis vécut encore vingt-trois ans après l’avoir retrouvé.

[[سورة يوسف (١٢) : آية ١٠٠]] وَرَفَعَ أَبَوَيْهِ عَلَى الْعَرْشِ وَخَرُّوا لَهُ سُجَّداً وَقالَ يا أَبَتِ هذا تَأْوِيلُ رُءْيايَ مِنْ قَبْلُ قَدْ جَعَلَها رَبِّي حَقًّا وَقَدْ أَحْسَنَ بِي إِذْ أَخْرَجَنِي مِنَ السِّجْنِ وَجاءَ بِكُمْ مِنَ الْبَدْوِ مِنْ بَعْدِ أَنْ نَزَغَ الشَّيْطانُ بَيْنِي وَبَيْنَ إِخْوَتِي إِنَّ رَبِّي لَطِيفٌ لِما يَشاءُ إِنَّهُ هُوَ الْعَلِيمُ الْحَكِيمُ (١٠٠) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَرَفَعَ أَبَوَيْهِ عَلَى الْعَرْشِ) قَالَ قَتَادَةُ: يريد السرير، وقد تقدمت محامله، قد يُعَبَّرُ بِالْعَرْشِ عَنِ الْمُلْكِ وَالْمَلِكِ نَفْسِهِ، وَمِنْهُ قَوْلُ النَّابِغَةِ الذُّبْيَانِيِّ: عُرُوشٌ تَفَانَوْا بَعْدَ عِزٍّ وَأَمْنَةٍ وَقَدْ تَقَدَّمَ «١» . قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَخَرُّوا لَهُ سُجَّداً) . فِيهِ ثَلَاثُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَخَرُّوا لَهُ سُجَّداً" الْهَاءُ فِي " خَرُّوا لَهُ" قِيلَ: إِنَّهَا تَعُودُ عَلَى اللَّهِ تَعَالَى، الْمَعْنَى: وَخَرُّوا شُكْرًا لِلَّهِ سُجَّدًا، وَيُوسُفُ كَالْقِبْلَةِ لِتَحْقِيقِ روياه، وَرُوِيَ عَنِ الْحَسَنِ، قَالَ النَّقَّاشُ: وَهَذَا خَطَأٌ، وَالْهَاءُ رَاجِعَةٌ إِلَى يُوسُفَ لِقَوْلِهِ تَعَالَى فِي أول السورة: " رَأَيْتُهُمْ لِي ساجِدِينَ" [يوسف: ٤] . وَكَانَ تَحِيَّتَهُمْ أَنْ يَسْجُدَ الْوَضِيعُ لِلشَّرِيفِ، وَالصَّغِيرُ لِلْكَبِيرِ، سَجَدَ يَعْقُوبُ وَخَالَتُهُ وَإِخْوَتُهُ لِيُوسُفَ عَلَيْهِ السلام، فاقشعر جلده وقال: " هذا تَأْوِيلُ رُءْيايَ مِنْ قَبْلُ" وَكَانَ بَيْنَ رُؤْيَا يُوسُفَ وَبَيْنَ تَأْوِيلِهَا اثْنَتَانِ وَعِشْرُونَ سَنَةً. وَقَالَ سَلْمَانُ الْفَارِسِيُّ وَعَبْدُ اللَّهِ بْنُ شَدَّادٍ: أَرْبَعُونَ سَنَةً، قَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ شَدَّادٍ: وَذَلِكَ آخِرُ مَا تُبْطِئُ الرُّؤْيَا. وَقَالَ قَتَادَةُ: خَمْسٌ وَثَلَاثُونَ سَنَةً. وَقَالَ السُّدِّيُّ وَسَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ وَعِكْرِمَةُ: سِتٌّ وَثَلَاثُونَ سَنَةً. وَقَالَ الْحَسَنُ وَجِسْرُ بْنُ فَرْقَدٍ وفضيل ابن عِيَاضٍ: ثَمَانُونَ سَنَةٍ. وَقَالَ وَهْبُ بْنُ مُنَبِّهٍ: أُلْقِيَ يُوسُفُ فِي الْجُبِّ وَهُوَ ابْنُ سَبْعَ عَشْرَةَ سَنَةً، وَغَابَ عَنْ أَبِيهِ ثَمَانِينَ سَنَةً، وَعَاشَ بَعْدَ أَنِ الْتَقَى بِأَبِيهِ ثَلَاثًا وَعِشْرِينَ
(١). راجع ج ٧ ص ٢٢٠.

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