Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et, selon lui également, il s’agissait d’une distance équivalente à une marche d’un mois.

L’imâm Mâlik b. Anas – qu’Allâh l’agrée – a dit : « Celui qui fit parvenir son odeur n’est autre que Celui qui transporta le trône de Bilqîs avant même que le regard de Sulaymân (ʿalayhi s-salâm) ne revienne vers lui. »

Mujâhid a rapporté : « Un vent se leva, agita la tunique et les senteurs du Paradis se répandirent dans ce bas-monde jusqu’à parvenir à Yaʿqûb. Il perçut alors le parfum du Paradis et sut qu’il n’existe, ici-bas, aucune effluve du Jardin hormis celle qui émanait de cette tunique. C’est alors qu’il dit : ‟Certes, je trouve…” c’est-à-dire : ‟je sens”. Il s’agit donc d’une perception par l’odorat. »

(Law-lâ an tufannidûnî) –

Ibn ʿAbbâs et Mujâhid ont expliqué : « Si seulement vous ne me traitiez pas d’insensé. »

À ce propos le poète an-Nâbiġah dit :
« Hormis Sulaymân, quand le Roi lui ordonna :
‟Parcours la steppe et préserve-la de la sottise.” »

Saʿîd b. Jubayr et ad-Dahhâk ont dit : « Si seulement vous ne me traitiez pas de menteur. » Le terme al-fanad signifie : le mensonge. On dit : afnada, yafnidu, ifnâdan : il a menti. Le poète a déclaré :
« Y a-t-il, dans la fierté du noble, quelque torsion ?
Ou dans la parole du véridique, quelque mensonge ? »

D’autres ont dit : « Si seulement vous ne me dénigriez pas », avis rapporté par Abû ʿAmr, le tafnîd signifiant alors la dépréciation. Le poète dit :
« Ô mes deux compagnons, laissez mes reproches et mon discrédit ;
Ce qui est passé de mes affaires ne saurait revenir. »

Ibn al-Aʿrâbî, suivi d’Ibn Is-hâq, a expliqué : « Si seulement vous ne considériez pas que mon jugement a faibli. » Al-fanad désigne l’affaiblissement de l’opinion dû à la vieillesse.

Un quatrième avis : « … que vous ne me taxiez pas d’égarement », rapporté par Abû ʿUbaydah.

Al-Akhfash a dit : « … que vous ne me blâmiez pas » ; ainsi, le tafnîd renvoie au blâme et à l’affaiblissement d’un avis.

Al-Hasan, Qatâdah et, à nouveau, Mujâhid ont dit : « … que vous ne me traitiez pas de vieillard sénile. » Tous ces sens se rapprochent, revenant à l’idée d’incapacité et de perte de jugement.

On dit : fannadahû tafnîdan – il l’a réduit à l’impuissance – comme dans l’expression : « Il m’a anéanti par ses reproches et par son discrédit. »

On dit également : afnada – lorsqu’une personne profère une erreur ; al-fanad est alors l’erreur dans la parole ou dans l’opinion, comme l’a chanté an-Nâbiġah :
« … protège-la de l’égarement. » C’est-à-dire : préserve-la de la corruption de l’esprit.

De là vient l’adage : « Le blâme est un discrédit (tafnîd). »

Le poète a dit :
« Ô vous qui me blâmez, cessez reproches et critiques ;
Ma passion est longue et vos discrédits prolongés. »

وَعَنْهُ أَيْضًا مَسِيرَةُ شَهْرٍ. وَقَالَ مَالِكُ [بْنُ أَنَسٍ] «١» رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: إِنَّمَا أَوْصَلَ رِيحَهُ مَنْ أَوْصَلَ عَرْشَ بِلْقِيسِ قَبْلَ أَنْ يَرْتَدَّ إِلَى سُلَيْمَانَ عَلَيْهِ السَّلَامُ طَرْفُهُ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: هَبَّتْ رِيحٌ فَصَفَقَتِ «٢» الْقَمِيصَ فَرَاحَتْ رَوَائِحُ الْجَنَّةِ فِي الدُّنْيَا وَاتَّصَلَتْ بِيَعْقُوبَ، فَوَجَدَ رِيحَ الْجَنَّةِ فَعَلِمَ أَنَّهُ لَيْسَ فِي الدُّنْيَا مِنْ رِيحِ الْجَنَّةِ إِلَّا مَا كَانَ مِنْ ذَلِكَ الْقَمِيصِ، فَعِنْدَ ذَلِكَ قَالَ: " إِنِّي لَأَجِدُ" أَيْ أَشُمُّ، فهو وجود بحاسة الشم. (لَوْلا أَنْ تُفَنِّدُونِ) قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَمُجَاهِدٌ: لَوْلَا أَنْ تُسَفِّهُونِ، وَمِنْهُ قَوْلُ النَّابِغَةِ: إِلَّا سُلَيْمَانَ إِذْ قَالَ الْمَلِيكُ لَهُ ... قُمْ فِي الْبَرِيَّةِ فَاحْدُدْهَا عَنِ الْفَنَدِ «٣» أَيْ عَنِ السَّفَهِ. وَقَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ وَالضَّحَّاكُ: لَوْلَا أَنْ تُكَذِّبُونِ. وَالْفَنَدُ الْكَذِبُ. وَقَدْ أَفْنَدَ إِفْنَادًا كَذَبَ، وَمِنْهُ قَوْلُ الشَّاعِرِ: هَلْ فِي افْتِخَارِ الْكَرِيمِ مِنْ أَوَدِ «٤» ... أَمْ هَلْ لِقَوْلِ الصَّدُوقِ مِنْ فَنَدِ أَيْ مِنْ كَذِبٍ. وَقِيلَ: لَوْلَا أَنْ تُقَبِّحُونَ، قَالَهُ أَبُو عَمْرٍو، وَالتَّفْنِيدُ التَّقْبِيحُ، قَالَ الشَّاعِرُ: يَا صَاحِبَيَّ دَعَا لَوْمِي وَتَفْنِيدِي ... فَلَيْسَ مَا فَاتَ مِنْ أَمْرِي بِمَرْدُودِ وَقَالَ ابْنُ الْأَعْرَابِيِّ: " لَوْلا أَنْ تُفَنِّدُونِ" لولا أن تضعفوا رأي، وَقَالَهُ ابْنُ إِسْحَاقَ. وَالْفَنَدُ ضَعْفُ الرَّأْيِ مِنْ كِبَرٍ. وَقَوْلٌ رَابِعٌ: تُضَلِّلُونَ، قَالَهُ أَبُو عُبَيْدَةَ. وَقَالَ الْأَخْفَشُ: تَلُومُونِي، وَالتَّفْنِيدُ اللَّوْمُ وَتَضْعِيفُ الرَّأْيِ. وَقَالَ الْحَسَنُ وَقَتَادَةُ وَمُجَاهِدٌ أَيْضًا: تُهَرِّمُونَ، وَكُلُّهُ مُتَقَارِبُ الْمَعْنَى، وَهُوَ رَاجِعٌ إِلَى التَّعْجِيزِ وَتَضْعِيفِ الرَّأْيِ، يُقَالُ: فَنَّدَهُ تَفْنِيدًا إِذَا أَعْجَزَهُ، كَمَا قَالَ: أَهْلَكَنِي بِاللَّوْمِ وَالتَّفْنِيدِ وَيُقَالُ: أَفْنَدَ إِذَا تَكَلَّمَ بِالْخَطَأِ، وَالْفَنَدُ الْخَطَأُ فِي الْكَلَامِ وَالرَّأْيِ، كَمَا قَالَ النَّابِغَةُ: ... فَاحْدُدْهَا عَنِ الْفَنَدِ أَيِ امْنَعْهَا عَنِ الْفَسَادِ فِي الْعَقْلِ، وَمِنْ ذَلِكَ قِيلَ: اللَّوْمُ تَفْنِيدٌ، قَالَ الشَّاعِرُ: يَا عَاذِلَيَّ دَعَا الْمَلَامَ وَأَقْصِرَا ... طَالَ الْهَوَى وَأَطَلْتُمَا التَّفْنِيدَا
(١). من ووى. (٢). صفقت الريح الشيء وصفقته إذا قلبته يمينا وشمالا ورددته. (٣). شبه الشاعر النعمان بسيدنا سليمان عليه السلام لعظم ملكه، وقبل البيت: ولا أرى فاعلا في الناس يشبهه ... ولا أحاشى من الأقوام من أحد ويروى: فارددها. واحددها: احبسها. والفند أيضا الخطأ في الرأى. والظلم أيضا. (٤). أود: عوج.

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