Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« man » a ici le sens de « celui qui ». Le verbe « yattaqi » (qu’il craigne) fait partie de la proposition relative ; la yâ y demeure écrite, tandis que « wa-yaṣbiru » (et qu’il patiente) est au mode indicatif. Il est toutefois permis de le mettre au jussif : « wa-yaṣbirْ », si l’on considère « yattaqi » au jussif et « man » comme particule de condition ; la yâ est alors maintenue et le signe du jussif est la suppression de la ḍamma qui, à l’origine, se trouvait sur cette yâ, comme dans ces vers :
« Puis, lorsque tu entres à Damas, lance cet appel :
Ô Yazîd fils de Khâlid fils de Yazîd ! »
Et l’autre poète a dit :
« Ne t’est-il pas parvenu – et les nouvelles se répandent –
ce qu’a enduré la chamelle des Banû Ziyâd ? »
La récitation retenue par l’ensemble des transmetteurs est limpide ; le pronom « -hu » dans « innahُ » renvoie au récit tout entier, et la proposition constitue l’information donnée.

Parole du Très-Haut :
« Ils dirent : Par Allah ! Allah t’a réellement préféré à nous… »
Le mot comporte à l’origine deux hamzas ; la seconde a été allégée et il n’est pas permis de la prononcer pleine. Le participe actif en est مُؤْثِر (celui qui privilégie) et le nom d’action إِيثار (préférence, choix).

On dit encore : « athartu-t-turâba ithâratan fa-anâ muthîr » – « j’ai soulevé la poussière, je suis un “souleveur” ». Le terme suit aussi le schème أَفْعَل avant d’être assimilé ; son étymon est أَثْيَر : la voyelle de la yâ a été transférée sur la thâ, la yâ s’est changée en alif puis a été élidée à cause de la rencontre de deux consonnes muettes. De même : « athartu-l-ḥadîtha ‘alâ fa‛altu fa-anâ âthir » – « j’ai rapporté le propos et j’en suis l’“auteur” ».

Le sens de leur parole est : « Allah t’a véritablement préféré à nous, Il t’a choisi pour ta science, ta longanimité, ta sagesse, ta raison et ta royauté. »

« Et certes, nous étions fautifs. »
C’est-à-dire pécheurs, dérivé de « khaṭi’a – yakhṭa’u » lorsqu’on commet la faute ; cette formule contient implicitement une demande de pardon.
On demanda à Ibn ʿAbbâs : « Comment ont-ils pu dire : “Nous étions fautifs” alors qu’ils l’avaient fait délibérément ? » Il répondit : « Même s’ils l’ont fait en connaissance de cause, ils ne l’ont fait qu’après avoir manqué la vérité ; quiconque commet un péché s’écarte de la voie droite jusqu’à tomber dans le doute et la désobéissance. »

Parole du Très-Haut :
« Aujourd’hui, point de reproche contre vous. »
Yûsuf – doué d’une indulgence parfaite et d’un soutien divin – déclara : « Aujourd’hui, point de reproche contre vous », et la phrase se conclut. « Aujourd’hui » désigne le moment présent. Le terme tathrîb signifie l’invective, le blâme ; autrement dit : il n’y aura aujourd’hui ni blâme, ni reproche, ni grief à votre encontre, comme l’ont expliqué Sufyân ath-Thawrî et d’autres.
Ainsi, le Prophète – paix sur lui – a dit : « Si la servante de l’un de vous commet la fornication, qu’il lui applique la peine légale et qu’il ne la blâme pas (la yutharrib ‘alayhâ) », c’est-à-dire qu’il ne la stigmatise pas.
Et Bishr a dit :
« Je leur ai accordé mon pardon – un pardon sans remontrance ;
je les ai laissés pour le châtiment d’un jour éternel. »

" مَنَّ" بِمَعْنَى الَّذِي، وَتَدْخُلُ " يَتَّقِي" فِي الصِّلَةِ، فتثبت الياء لأغير، وَتُرْفَعُ " وَيَصْبِرُ" . وَقَدْ يَجُوزُ أَنْ تُجْزَمَ " وَيَصْبِرْ" عَلَى أَنْ تُجْعَلَ " يَتَّقِي" فِي مَوْضِعِ جَزْمٍ وَ " مَنَّ" لِلشَّرْطِ، وَتَثْبُتُ الْيَاءُ، وَتُجْعَلُ عَلَامَةُ الْجَزْمِ حَذْفَ الضَّمَّةِ الَّتِي كَانَتْ فِي الْيَاءِ عَلَى الْأَصْلِ، كَمَا قَالَ: ثُمَّ نَادِي إِذَا دَخَلْتَ دِمَشْقَا ... يَا يَزِيدَ بْنَ خَالِدِ بْنِ يَزِيدَ وَقَالَ آخَرُ: أَلَمْ يَأْتِيكَ وَالْأَنْبَاءُ تَنْمِي ... بِمَا لَاقَتْ لَبُونُ بَنِي زِيَادِ وَقِرَاءَةُ الْجَمَاعَةِ ظَاهِرَةٌ، وَالْهَاءُ فِي " إِنَّهُ" كِنَايَةٌ عَنِ الْحَدِيثِ، وَالْجُمْلَةُ الْخَبَرُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (قالُوا تَاللَّهِ لَقَدْ آثَرَكَ اللَّهُ عَلَيْنا) الْأَصْلُ هَمْزَتَانِ خُفِّفَتِ الثَّانِيَةُ، وَلَا يَجُوزُ تَحْقِيقُهَا، وَاسْمُ الْفَاعِلِ مُؤْثِرٌ، وَالْمَصْدَرُ إِيثَارٌ. وَيُقَالُ: أَثَرْتُ التُّرَابَ إِثَارَةً فَأَنَا مُثِيرٌ، وَهُوَ أَيْضًا عَلَى أَفْعَلُ ثُمَّ أُعِلَّ، وَالْأَصْلُ أَثْيَرُ «١» نُقِلَتْ حَرَكَةُ الْيَاءِ عَلَى الثَّاءِ، فَانْقَلَبَتِ الْيَاءُ أَلِفًا، ثُمَّ حُذِفَتْ لِالْتِقَاءِ السَّاكِنَيْنِ. وَأَثَرْتُ الْحَدِيثَ عَلَى فَعَلْتُ فَأَنَا آثِرٌ، وَالْمَعْنَى: لَقَدْ فَضَّلَكَ اللَّهُ عَلَيْنَا، وَاخْتَارَكَ بِالْعِلْمِ وَالْحِلْمِ وَالْحُكْمِ وَالْعَقْلِ وَالْمُلْكِ. (وَإِنْ كُنَّا لَخاطِئِينَ) أَيْ مُذْنِبِينَ مِنْ خَطِئَ يَخْطَأُ إِذَا أَتَى الْخَطِيئَةَ، وَفِي ضِمْنِ هَذَا سُؤَالُ الْعَفْوِ. وَقِيلَ لِابْنِ عَبَّاسٍ: كَيْفَ قَالُوا " وَإِنْ كُنَّا لَخاطِئِينَ" وَقَدْ تَعَمَّدُوا لِذَلِكَ؟ قَالَ: وَإِنْ تَعَمَّدُوا لِذَلِكَ، فَمَا تَعَمَّدُوا حَتَّى أَخْطَئُوا الْحَقَّ، وَكَذَلِكَ كُلُّ مَنْ أَتَى ذَنْبًا تَخَطَّى الْمِنْهَاجَ الَّذِي عَلَيْهِ مِنَ الْحَقِّ، حَتَّى يَقَعَ فِي الشُّبْهَةِ وَالْمَعْصِيَةِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (لَا تَثْرِيبَ عَلَيْكُمُ الْيَوْمَ) أَيْ قَالَ يُوسُفُ- وَكَانَ حَلِيمًا مُوَفَّقًا-: " لَا تَثْرِيبَ عَلَيْكُمُ الْيَوْمَ" وَتَمَّ الْكَلَامُ. وَمَعْنَى " الْيَوْمَ" : الْوَقْتُ. وَالتَّثْرِيبُ التَّعْيِيرُ وَالتَّوْبِيخُ، أَيْ لَا تَعْيِيرَ وَلَا تَوْبِيخَ وَلَا لَوْمَ عَلَيْكُمُ الْيَوْمَ، قَالَ سُفْيَانُ الثَّوْرِيُّ وَغَيْرُهُ، وَمِنْهُ قَوْلِهِ عَلَيْهِ السَّلَامُ: " إِذَا زَنَتْ أَمَةُ أَحَدِكُمْ فَلْيَجْلِدْهَا الْحَدَّ وَلَا يُثَرِّبْ عَلَيْهَا" أَيْ لَا يُعَيِّرْهَا، وَقَالَ بِشْرٌ: فَعَفَوْتُ عَنْهُمْ عَفْوَ غير مثرب ... وتركتهم لعقاب يوم سرمد
(١). كذا في الأصل وأعراب القرآن للنحاس. ويلاحظ أن عين الفعل واو لا ياء، وعليه فالأصل أثور، نقلت حركة الواو إلى ما قبلها فقلبت ألفا، ثم حذفت- عند اتصال الفعل بضمير متحرك- لالتقاء الساكنين.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies