Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Troisième question – Quant à la rémunération du changeur (an-naqd), elle incombe également au vendeur. En effet, l’acheteur qui remet ses dirhams déclare : « Ils sont irréprochables ; c’est toi qui en contestes la qualité, vois donc cela pour ton propre compte. » De plus, l’avantage retiré de l’opération profite au vendeur, si bien que la charge financière lui revient. Il en va de même pour celui contre qui la peine de rétorsion (al-qiṣāṣ) est prononcée : il n’est pas tenu de se couper lui-même la main, sauf s’il y consent librement. Ne vois-tu pas qu’il lui est imposé de racheter sa main et de conclure un accord si le demandeur de la rétorsion l’exige ? Le salaire de l’exécuteur incombe donc au requérant de la peine. Al-Shâfiʿî, selon l’avis le plus répandu de son école, estime toutefois que ce frais revient à celui de qui l’on se venge, à l’instar du vendeur.

Quatrième question – Il est déconseillé à une personne de dire, dans sa supplication : « Ô Allah, fais-moi l’aumône », car l’aumône ne provient que de celui qui recherche une récompense, tandis qu’Allah – exalté soit-Il – est le Bienfaiteur qui accorde la récompense pour l’ensemble des bienfaits ; il n’est d’autre Seigneur que Lui. Al-Ḥasan entendit un homme dire : « Ô Allah, fais-moi l’aumône », et lui répondit : « Ô toi ! Allah ne fait pas l’aumône ; l’aumône provient de celui qui aspire à la rétribution. N’as-tu pas entendu la parole du Très-Haut : “En vérité, Allah récompense ceux qui font l’aumône” ? Dis plutôt : “Ô Allah, accorde-moi Tes dons et répands Ta faveur sur moi.” »

Sûrat Yûsuf (12), versets 89 à 93
89. Il dit : « Vous souvenez-vous de ce que vous avez fait à Joseph et à son frère lorsque vous étiez ignorants ? »
90. Ils dirent : « Est-ce bien toi, Joseph ? » Il répondit : « Je suis Joseph, et voici mon frère ; Allah nous a certes comblés de Sa grâce. Quiconque est pieux et patient, Allah ne laisse pas perdre la récompense des bienfaisants. »
91. Ils dirent : « Par Allah ! Il t’a vraiment préféré à nous, et nous étions bel et bien fautifs. »
92. Il dit : « Il n’y aura aujourd’hui aucune récrimination contre vous. Qu’Allah vous pardonne ; Il est le plus Miséricordieux des miséricordieux. »
93. « Partez avec cette tunique à moi, posez-la sur le visage de mon père : il recouvrera la vue. Puis revenez à moi avec tous les vôtres, sans exception. »

Parole du Très-Haut :
« Il dit : “Vous souvenez-vous de ce que vous avez fait à Joseph et à son frère ?” »

Il s’agit d’une interrogation destinée à rappeler et à blâmer, et c’est ce à quoi fait allusion la parole divine : « Tu les informeras assurément de cette affaire-là » (Yûsuf, v. 15).

« … lorsque vous étiez ignorants » est une preuve qu’ils

الثَّالِثَةُ- وَأَمَّا أُجْرَةُ النَّقْدِ فَعَلَى الْبَائِعِ أَيْضًا، لِأَنَّ الْمُبْتَاعَ الدَّافِعَ لِدَرَاهِمِهِ يَقُولُ: إِنَّهَا طَيِّبَةٌ، فَأَنْتَ الَّذِي تَدَّعِي الرَّدَاءَةَ فَانْظُرْ لِنَفْسِكَ، وَأَيْضًا فَإِنَّ النَّفْعَ يَقَعُ لَهُ فَصَارَ الْأَجْرُ عَلَيْهِ، وَكَذَلِكَ لَا يَجِبُ عَلَى الَّذِي [يَجِبُ] «١» عَلَيْهِ الْقِصَاصُ، لِأَنَّهُ لَا يَجِبُ عَلَيْهِ أَنْ يَقْطَعَ يَدَ نَفْسِهِ، إِلَّا أَنْ يُمَكَّنَ مِنْ ذَلِكَ طَائِعًا، أَلَا تَرَى أَنَّ فَرْضًا عَلَيْهِ أَنْ يَفْدِيَ يَدَهُ، وَيُصَالِحَ عَلَيْهِ إِذَا طَلَبَ الْمُقْتَصُّ ذَلِكَ مِنْهُ، فَأَجْرُ الْقَطَّاعِ عَلَى الْمُقْتَصِّ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ فِي الْمَشْهُورِ عَنْهُ: إِنَّهَا عَلَى الْمُقْتَصِّ مِنْهُ كَالْبَائِعِ. الرَّابِعَةُ- يُكْرَهُ لِلرَّجُلِ أَنْ يَقُولَ فِي دُعَائِهِ: اللَّهُمَّ تَصَدَّقْ عَلَيَّ، لِأَنَّ الصَّدَقَةَ إِنَّمَا تَكُونُ مِمَّنْ يَبْتَغِي الثَّوَابَ، وَاللَّهُ تَعَالَى مُتَفَضِّلٌ بِالثَّوَابِ بِجَمِيعِ النِّعَمِ لَا رَبَّ غَيْرُهُ، وَسَمِعَ الْحَسَنُ رَجُلًا يَقُولُ: اللَّهُمَّ تَصَدَّقْ عَلَيَّ، فَقَالَ الْحَسَنُ: يَا هَذَا! إِنَّ اللَّهَ لَا يَتَصَدَّقُ إِنَّمَا يَتَصَدَّقُ مَنْ يَبْتَغِي الثَّوَابَ، أَمَا سَمِعْتَ قَوْلَ اللَّهِ تَعَالَى: " إِنَّ اللَّهَ يَجْزِي الْمُتَصَدِّقِينَ" قل: اللهم أعطني وتفضل علي. [سورة يوسف (١٢) : الآيات ٨٩ الى ٩٣] قالَ هَلْ عَلِمْتُمْ مَا فَعَلْتُمْ بِيُوسُفَ وَأَخِيهِ إِذْ أَنْتُمْ جاهِلُونَ (٨٩) قالُوا أَإِنَّكَ لَأَنْتَ يُوسُفُ قالَ أَنَا يُوسُفُ وَهذا أَخِي قَدْ مَنَّ اللَّهُ عَلَيْنا إِنَّهُ مَنْ يَتَّقِ وَيَصْبِرْ فَإِنَّ اللَّهَ لَا يُضِيعُ أَجْرَ الْمُحْسِنِينَ (٩٠) قالُوا تَاللَّهِ لَقَدْ آثَرَكَ اللَّهُ عَلَيْنا وَإِنْ كُنَّا لَخاطِئِينَ (٩١) قالَ لَا تَثْرِيبَ عَلَيْكُمُ الْيَوْمَ يَغْفِرُ اللَّهُ لَكُمْ وَهُوَ أَرْحَمُ الرَّاحِمِينَ (٩٢) اذْهَبُوا بِقَمِيصِي هَذَا فَأَلْقُوهُ عَلى وَجْهِ أَبِي يَأْتِ بَصِيراً وَأْتُونِي بِأَهْلِكُمْ أَجْمَعِينَ (٩٣) قَوْلُهُ تَعَالَى: (قالَ هَلْ عَلِمْتُمْ مَا فَعَلْتُمْ بِيُوسُفَ وَأَخِيهِ) اسْتِفْهَامٌ بِمَعْنَى التَّذْكِيرِ وَالتَّوْبِيخِ، وَهُوَ الَّذِي قَالَ «٢» اللَّهُ: " لَتُنَبِّئَنَّهُمْ بِأَمْرِهِمْ هذا" [يوسف: ١٥] الْآيَةَ «٣» . (إِذْ أَنْتُمْ جاهِلُونَ) دَلِيلٌ عَلَى أَنَّهُمْ
(١). من ع وووى. (٢). أي تصديق قول الله، كما في تفسير الفخر وفى ع: قال الرب. (٣). من ع.

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