c’est-à-dire : « je ne cesserai point ».
An-Naḥḥās dit : la remarque qu’il vient de formuler est bonne et juste.
Al-Ḫalîl et Sîbawayh prétendent que la négation « lâ » est sous-entendue dans la formule de serment, parce qu’il n’y a là aucune ambiguïté ; si son emploi avait été obligatoire, on l’aurait exprimée par la particule « lam » suivie de la nûn d’insistance.
S’ils l’ont omise, c’est parce qu’ils savaient avec certitude que l’intéressé persévère continuellement dans cet acte.
On dit en arabe : « mâ zâla il fait telle chose », et de même « mâ fati’a / fatâa » ; les deux formes appartiennent à deux dialectes et ne s’emploient qu’avec la négation.
Le poète a dit :
« Je n’ai point cessé, jusqu’à ce que sa poussière
Fût pareille aux tentures que soulève un jour de grand vent. »
C’est-à-dire : « je ne me suis pas arrêté » ; ainsi fatat’a signifie « ne pas interrompre, continuer ».
Ibn ʿAbbâs explique : « tu continues sans relâche ».
« … jusqu’à ce que tu deviennes ḥaraḍan » : autrement dit, anéanti.
Ibn ʿAbbâs et Mujâhid : « atteint d’une maladie grave, à la limite de la mort mais sans mourir ».
Le poète a dit :
« Mon souci parcourut la nuit et me rendit malade ;
Depuis longtemps il accroît mon mal,
Comme l’amour, avant ce jour, n’engendre que convoitise. »
Qatâda : « jusqu’à la décrépitude ».
Aḍ-Ḍaḥḥâk : « usé, disparu ».
Muḥammad b. Isḥâq : « corrompu, privé de raison ».
Al-Farrâ’ : « al-ḥâriḍ désigne le corps et l’esprit altérés ; il en est de même de al-ḥaraḍ ».
Ibn Zayd : « l’avidité ramenée au plus vil âge ».
Ar-Rabîʿ b. Anas : « la peau desséchée qui colle aux os ».
Al-Mu’arrij : « dissous par le souci ».
Al-Aḫfaš : « anéanti ».
Ibn al-Anbârî : « périssant ».
Tous ces sens sont voisins.
Le mot ḥaraḍ a pour origine la notion d’altération du corps ou de l’esprit, due au chagrin, à la passion ou à la vieillesse (rapporté d’Abû ʿUbayda et d’autres).
Al-ʿArajî a dit :
« Je suis un homme qu’un amour obstiné a consumé ;
Je me suis flétri, la maladie m’a amaigri. »
An-Naḥḥâs précise : on dit ḥariḍa ḥaraḍan, ou ḥaruḍa ḥurûḍan / ḥurûḍatan, lorsque quelqu’un dépérit et tombe malade ; on dit aussi un homme ḥâriḍ ou ḥaraḍ, mais ḥaraḍ est indéclinable au duel et au pluriel, tout comme qamin et ḥarî : ils ne se mettent ni au duel ni au pluriel.
Aṯ-Ṯaʿlabî rapporte que certains Arabes disent ḥâriḍ pour le masculin et ḥâriḍa pour le féminin ; lorsqu’on emploie cette forme comme qualificatif, on peut alors la décliner au duel, au pluriel et au féminin.
On dit encore : ḥariḍa, yaḥraḍu, ḥarâḍatan, d’où ḥarîḍ et ḥariḍ.
On dit aussi : « un homme muḥraḍ » (dépéri).
On scande ce vers :
« Les cavaliers le pourchassèrent une journée entière ;
S’ils l’avaient atteint, il serait devenu haradan (anéanti). »