Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Deuxièmement – Il incombe à tout musulman, lorsqu’il est éprouvé dans sa personne, son enfant ou ses biens, d’accueillir cette épreuve avec une belle patience, en faisant preuve d’agrément et de soumission envers Celui qui la lui a décrétée – et Il est l’Omniscient, le Sage –, et de prendre exemple sur le Prophète de Dieu Ya‘qoub ainsi que sur l’ensemble des prophètes – qu’Allah répande sur eux tous Ses prières et Sa paix.

Sa‘îd b. Abî ‘Arûbah rapporte de Qatâdah, d’après al-Hasan : « Il n’est pas deux gorgées que le serviteur avale et qui soient plus aimées d’Allah que : la gorgée d’une épreuve qu’il accueille par une patience exemplaire et une consolation vertueuse, et la gorgée de colère qu’il maîtrise par la longanimité et le pardon. »

Ibn Jurayj rapporte de Mujâhid, au sujet de la parole du Très-Haut : « Une belle patience », c’est-à-dire : « Je ne m’en plaindrai à personne. »

Qâtal b. Sulaymân rapporte d’après ‘Atâ’ b. Abî Rabâh, d’après Abû Hurayrah, que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Quiconque divulgue (son malheur) n’a pas fait preuve de patience. »

Il a été mentionné précédemment, dans la sourate al-Baqarah, que la patience véritable est celle qui se manifeste au premier choc, et que la récompense attend celui qui rappelle son épreuve et formule l’istirjâ‘, même si longtemps s’est écoulé depuis.

Juwair rapporte du Dahhâk, d’après Ibn ‘Abbâs : « Jacob reçut, pour l’épreuve affligeant Joseph, la récompense de cent martyrs ; de même, quiconque, au sein de cette communauté, espère la récompense d’Allah dans son malheur recevra une récompense semblable à celle de Jacob – paix sur lui. »

Parole du Très-Haut : « Il se peut qu’Allah me les ramène tous » : parce qu’il était convaincu que Joseph – sur lui la paix – n’était pas mort, mais seulement absent à ses nouvelles. Joseph, vendu comme esclave sans rien posséder, fut acheté par le roi et demeura dans son palais, à l’abri des regards ; puis il fut emprisonné. Quand il recouvra la liberté et la position, il chercha un moyen d’informer son père de son sort sans envoyer de messager, de crainte que ses frères ne l’apprennent et n’empêchent le messager de parvenir jusqu’à lui.

Il a dit « me les ramener » parce qu’ils étaient trois : Joseph, son frère, et celui qui était resté en arrière à cause de son frère, celui qui déclara : « Je ne quitterai point cette terre… »

« Il est, certes, l’Omniscient » concernant ma situation, « le Sage » dans ce qu’Il décrète.

[Coran, sourate Yûsuf, 12 : 84]

« Il se détourna d’eux et dit : “Hélas, mon chagrin pour Joseph !” Ses yeux blanchirent de tristesse et il était accablé. »

Ce verset comporte trois points :

  1. Parole du Très-Haut : « Il se détourna d’eux » : c’est-à-dire, il se détourna de leurs personnes. En effet, lorsque Jacob apprit ce qui était advenu de Benjamin, son affliction devint totale, son endurance atteignit sa limite, et Allah renouvela pour lui le souvenir de la perte de Joseph, si bien qu’il s’exclama : « Hélas, mon chagrin pour Joseph ! »
الثانية- الْوَاجِبُ عَلَى كُلِّ مُسْلِمٍ إِذَا أُصِيبَ بِمَكْرُوهٍ فِي نَفْسِهِ أَوْ وَلَدِهِ أَوْ مَالِهِ أَنْ يَتَلَقَّى ذَلِكَ بِالصَّبْرِ الْجَمِيلِ، وَالرِّضَا وَالتَّسْلِيمِ لِمُجْرِيهِ عَلَيْهِ وَهُوَ الْعَلِيمُ الْحَكِيمُ، وَيَقْتَدِي [بِنَبِيِّ اللَّهِ «١» [يَعْقُوبَ وَسَائِرِ النَّبِيِّينَ، صَلَوَاتُ اللَّهِ عَلَيْهِمْ أَجْمَعِينَ. وَقَالَ سَعِيدِ بْنِ أَبِي عَرُوبَةَ عَنْ قَتَادَةَ عَنْ الْحَسَنِ قَالَ: مَا مِنْ جَرْعَتَيْنِ يَتَجَرَّعُهُمَا الْعَبْدُ أَحَبُّ إِلَى اللَّهِ مِنْ جَرْعَةِ مُصِيبَةٍ يَتَجَرَّعُهَا الْعَبْدُ بِحُسْنِ صَبْرٍ وَحُسْنِ عَزَاءٍ، وَجَرْعَةِ غَيْظٍ يَتَجَرَّعُهَا الْعَبْدُ بِحِلْمٍ وَعَفْوٍ. وَقَالَ ابْنُ جُرَيْجٍ عَنْ مُجَاهِدٍ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: " فَصَبْرٌ جَمِيلٌ" أَيْ لَا أَشْكُو ذَلِكَ إِلَى أَحَدٍ. وروى قاتل بْنُ سُلَيْمَانَ عَنْ عَطَاءِ بْنِ أَبِي رَبَاحٍ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: " مَنْ بَثَّ لَمْ يَصْبِرْ" . وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي " الْبَقَرَةِ" «٢» أَنَّ الصَّبْرَ عِنْدَ أَوَّلِ الصَّدْمَةِ، وَثَوَابُ مَنْ ذَكَرَ مُصِيبَتَهُ وَاسْتَرْجَعَ وَإِنْ تَقَادَمَ عَهْدُهَا. وَقَالَ جُوَيْبِرٌ عَنِ الضَّحَّاكِ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: إِنَّ يَعْقُوبَ أُعْطِيَ عَلَى يُوسُفَ أَجْرَ مِائَةِ شَهِيدٍ، وَكَذَلِكَ مَنِ احْتَسَبَ مِنْ هَذِهِ الْأُمَّةِ فِي مُصِيبَتِهِ فَلَهُ [مِثْلُ «٣» ] أَجْرِ يَعْقُوبَ عَلَيْهِ السَّلَامُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (عَسَى اللَّهُ أَنْ يَأْتِيَنِي بِهِمْ جَمِيعاً) لِأَنَّهُ كَانَ عِنْدَهُ أَنَّ يُوسُفَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَمْ يَمُتْ، وَإِنَّمَا غَابَ عَنْهُ خَبَرُهُ، لِأَنَّ يُوسُفَ حُمِلَ وَهُوَ عَبْدٌ لَا يَمْلِكُ لِنَفْسِهِ شَيْئًا، ثُمَّ اشْتَرَاهُ الْمَلِكُ فَكَانَ فِي دَارِهِ لَا يَظْهَرُ لِلنَّاسِ، ثُمَّ حُبِسَ، فَلَمَّا تَمَكَّنَ احْتَالَ فِي أَنْ يَعْلَمَ أَبُوهُ خَبَرَهُ، وَلَمْ يُوَجِّهْ بِرَسُولٍ لِأَنَّهُ كَرِهَ مِنْ إِخْوَتِهِ أَنْ يَعْرِفُوا ذَلِكَ فَلَا يَدَعُوا الرَّسُولَ يَصِلُ إِلَيْهِ. وَقَالَ: " بِهِمْ" لِأَنَّهُمْ ثَلَاثَةٌ، يُوسُفُ وَأَخُوهُ، وَالْمُتَخَلِّفُ مِنْ أَجْلِ أَخِيهِ، وَهُوَ الْقَائِلُ: " فَلَنْ أَبْرَحَ الْأَرْضَ" . (إِنَّهُ هُوَ الْعَلِيمُ) بِحَالِي. (الْحَكِيمُ) فيما يقضي. [[سورة يوسف (١٢) : آية ٨٤]] وَتَوَلَّى عَنْهُمْ وَقالَ يَا أَسَفى عَلى يُوسُفَ وَابْيَضَّتْ عَيْناهُ مِنَ الْحُزْنِ فَهُوَ كَظِيمٌ (٨٤) فِيهِ ثَلَاثُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَتَوَلَّى عَنْهُمْ) أَيْ أَعْرَضَ عَنْهُمْ، وَذَلِكَ أَنَّ يَعْقُوبَ لَمَّا بَلَغَهُ خَبَرُ بِنْيَامِينَ تَتَامَّ حُزْنُهُ، وَبَلَغَ جُهْدُهُ، وَجَدَّدَ اللَّهُ مُصِيبَتَهُ لَهُ فِي يُوسُفَ فَقَالَ: (يا أَسَفى عَلى يُوسُفَ)
(١). من ع. وفي ى: بأيوب، بدل يعقوب. وهو من أغلاط الناسخ. (٢). راجع ج ٢ ص ١٧٤، ٧٥ ١. (٣). من ع وك وى.

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