Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

C’est-à-dire : un pacte conclu auprès d’Allâh garantissant la sauvegarde de son fils et son retour auprès de lui.

(وَمِنْ قَبْلُ مَا فَرَّطْتُمْ فِي يُوسُفَ)

Quant à l’expression « فَلَمَّا », elle se trouve à la place de l’accusatif, coordonnée à « أَنَّ ». Le sens est donc : « Ne savez-vous pas que votre père a exigé de vous un engagement devant Allâh, et que vous savez la négligence dont vous avez fait preuve envers Yûsuf ? » C’est l’explication donnée par An-Naḥḥâs et d’autres. La préposition « مِنْ » dans l’énoncé « وَمِنْ قَبْلُ » est rattachée au verbe « تَعْلَمُوا ». Il est également permis de considérer « فَلَمَّا » comme particule supplémentaire ; dans ce cas, les deux compléments circonstanciels « مِنْ قَبْلُ » et « فِي يُوسُفَ » se rattachent au verbe « فَرَّطْتُمْ ». On peut encore tenir « فَلَمَّا » et le verbe pour une tournure verbale nominalisée ; « مِنْ قَبْلُ » se rattacherait alors à un verbe elliptique, le sens sous-entendu étant : « Votre négligence à l’égard de Yûsuf s’est produite auparavant. » Le pronom relatif « ما » et le verbe occupent ici la place du sujet, tandis que le verbe elliptique auquel se rattache « مِنْ قَبْلُ » tient lieu de prédicat.

(فَلَنْ أَبْرَحَ الْأَرْضَ) : c’est-à-dire : « Je resterai attaché à cette terre et ne cesserai d’y demeurer. » On dit : « بَرِحَ بَرَاحًا وَبُرُوحًا », c’est-à-dire « disparaître » ; or, lorsque la négation intervient, le sens devient affirmatif.

(حَتَّى يَأْذَنَ لِي أَبِي) : « jusqu’à ce que mon père m’autorise à revenir, car j’éprouve de la honte à son égard. »

(أَوْ يَحْكُمَ اللَّهُ لِي) : « ou qu’Allâh statue en ma faveur en me permettant de repartir avec mon frère pour le ramener à mon père. »

Il a également été dit : le sens est « ou qu’Allâh décide pour moi par l’épée », c’est-à-dire que je combatte, reprenne mon frère, ou bien que je sois vaincu et regagne mon père muni d’une excuse. En effet, Ya‘qûb – sur lui la paix – avait déclaré : « Vous reviendrez vers moi avec lui, à moins d’être tous cernés. » (Yûsuf : 66). Or, quiconque combat et se voit acculé est bel et bien « cerné ».

Ibn ‘Abbâs rapporte : « Lorsque Yehûdhâ se mettait en colère et saisissait son épée, cent mille hommes ne pouvaient lui faire face ; les poils de sa poitrine se hérissaient tels des aiguilles et transperçaient ses vêtements. »

Il est rapporté par ailleurs que Yehûdhâ – le plus prompt d’entre eux à la colère – dit à ses frères : « Ou bien vous me laissez m’occuper du roi et de ses gens et je vous épargne les habitants d’Égypte, ou bien vous me laissez les habitants d’Égypte et je vous épargne le roi et ses gens. » Ils répondirent : « Épargne-nous plutôt le roi et ses gens, et nous nous chargerons des habitants d’Égypte. » Il envoya alors l’un de ses frères ; ils recensèrent les marchés de la ville et en trouvèrent neuf, chacun d’eux en prit un.

Puis Yehûdhâ se présenta devant Yûsuf et déclara : « Ô roi ! Si tu ne laisses pas repartir notre frère avec nous, je pousserai un cri tel qu’il ne restera pas une femme enceinte dans ta cité sans qu’elle ne fasse une fausse couche. » C’était là un trait propre à leur lignée lorsqu’ils se mettaient en colère. Yûsuf l’irrita alors par une parole ; Yehûdhâ entra dans une fureur extrême, ses poils se dressèrent. Il en était ainsi de chacun des fils de Ya‘qûb : quand l’un d’eux se mettait en colère, sa peau se hérissait, son corps enflait, les poils de son dos perçaient ses vêtements, au point que chaque poil laissait perler une goutte de sang. S’il frappait le sol du pied, la terre tremblait et les bâtiments s’écroulaient. Et s’il poussait un cri, aucune femme enceinte – humaine ou bête – ne pouvait l’entendre sans avorter.

أَيْ عَهْدًا مِنَ اللَّهِ فِي حِفْظِ ابْنِهِ، وَرَدِّهِ إِلَيْهِ. (وَمِنْ قَبْلُ مَا فَرَّطْتُمْ فِي يُوسُفَ) " فَلَمَّا" فِي مَحَلِّ نَصْبٍ عَطْفًا عَلَى " أَنَّ" وَالْمَعْنَى: أَلَمْ تَعْلَمُوا أَنَّ أَبَاكُمْ قَدْ أَخَذَ عَلَيْكُمْ مَوْثِقًا مِنَ اللَّهِ، وَتَعْلَمُوا تَفْرِيطَكُمْ فِي يُوسُفَ، ذَكَرَهُ النَّحَّاسُ وَغَيْرَهُ. وَ " مِنَ" فِي قَوْلِهِ: " وَمِنْ قَبْلُ" مُتَعَلِّقَةٌ بِ " تَعْلَمُوا" . وَيَجُوزُ أَنْ تكون " فَلَمَّا" زَائِدَةً، فَيَتَعَلَّقُ الظَّرْفَانِ اللَّذَانِ هُمَا " مِنْ قَبْلُ" وَ " فِي يُوسُفَ" بِالْفِعْلِ وَهُوَ " فَرَّطْتُمْ" . وَيَجُوزُ أن تكون " فَلَمَّا" وَالْفِعْلُ مَصْدَرًا، وَ " مِنْ قَبْلُ" مُتَعَلِّقًا بِفِعْلٍ مُضْمَرٍ، التَّقْدِيرُ: تَفْرِيطُكُمْ فِي يُوسُفَ وَاقِعٌ مِنْ قَبْلُ، فَمَا وَالْفِعْلُ فِي مَوْضِعِ رَفْعٍ بِالِابْتِدَاءِ، وَالْخَبَرُ هُوَ الْفِعْلُ الْمُضْمَرُ الَّذِي يَتَعَلَّقُ بِهِ " مِنْ قَبْلُ" . (فَلَنْ أَبْرَحَ الْأَرْضَ) «١» أَيْ أَلْزَمُهَا، وَلَا أَبْرَحُ مُقِيمًا فِيهَا، يُقَالُ: بَرِحَ بَرَاحًا وَبُرُوحًا أَيْ زَالَ، فَإِذَا دَخَلَ النَّفْيُ صَارَ مُثْبَتًا. (حَتَّى يَأْذَنَ لِي أَبِي) بِالرُّجُوعِ فَإِنِّي أستحي منه. (أَوْ يَحْكُمَ اللَّهُ لِي) بِالْمَمَرِّ مَعَ أَخِي فَأَمْضِي مَعَهُ إِلَى أَبِي. وَقِيلَ: الْمَعْنَى أَوْ يَحْكُمُ اللَّهُ لِي بِالسَّيْفِ فَأُحَارِبُ وَآخُذُ أَخِي، أَوْ أَعْجِزُ فَأَنْصَرِفُ بِعُذْرٍ، وَذَلِكَ أَنَّ يَعْقُوبَ قَالَ: " لَتَأْتُنَّنِي بِهِ إِلَّا أَنْ يُحاطَ بِكُمْ" [يوسف: ٦٦] وَمَنْ حَارَبَ وَعَجَزَ فَقَدْ أُحِيطَ بِهِ، وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: وَكَانَ يَهُوذَا إِذَا غَضِبَ وَأَخَذَ السَّيْفَ فَلَا يَرُدُّ وَجْهَهُ مِائَةُ أَلْفٍ، يَقُومُ شَعْرُهُ فِي صَدْرِهِ مِثْلُ الْمَسَالِّ فَتَنْفُذُ مِنْ ثِيَابِهِ. وَجَاءَ فِي الْخَبَرِ أَنَّ يَهُوذَا قَالَ لِإِخْوَتِهِ- وَكَانَ أَشَدَّهُمْ غَضَبًا-: إِمَّا أَنْ تَكْفُونِي الْمَلِكَ وَمَنْ مَعَهُ أَكْفِكُمْ أَهْلَ مِصْرَ، وَإِمَّا أَنْ تَكْفُونِي أَهْلَ مِصْرَ أَكْفِكُمُ الْمَلِكَ وَمَنْ مَعَهُ، قَالُوا: بَلِ اكْفِنَا الْمَلِكَ وَمَنْ مَعَهُ نَكْفِكَ أَهْلَ مِصْرَ، فَبَعَثَ وَاحِدًا مِنْ إِخْوَتِهِ فَعَدُّوا أَسْوَاقَ مِصْرَ فَوَجَدُوا فِيهَا تِسْعَةَ أَسْوَاقٍ، فَأَخَذَ كُلُّ، وَاحِدٍ مِنْهُمْ سُوقًا، ثُمَّ إِنَّ يَهُوذَا دَخَلَ عَلَى يُوسُفَ وَقَالَ: أَيُّهَا الْمَلِكُ! لَئِنْ لَمْ تُخَلِّ مَعَنَا أَخَانَا لَأَصِيحَنَّ صَيْحَةً تُبْقِي فِي مَدِينَتِكَ حَامِلًا إِلَّا أَسْقَطَتْ مَا فِي بَطْنِهَا، وَكَانَ ذَلِكَ خَاصَّةً فِيهِمْ عِنْدَ الْغَضَبِ، فَأَغْضَبَهُ يُوسُفُ وَأَسْمَعَهُ كَلِمَةً، فَغَضِبَ يَهُوذَا وَاشْتَدَّ غَضَبُهُ، وَانْتَفَجَتْ «٢» شَعَرَاتُهُ، وَكَذَا كَانَ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْ بَنِي يَعْقُوبَ، كَانَ إِذَا غَضِبَ، اقْشَعَرَّ جِلْدُهُ، وَانْتَفَخَ جَسَدُهُ، وَظَهَرَتْ شَعَرَاتُ ظَهْرِهِ، مِنْ تَحْتِ الثَّوْبِ، حَتَّى تَقْطُرَ مِنْ كُلِّ شَعْرَةٍ قَطْرَةُ دَمٍ، وَإِذَا ضَرَبَ الْأَرْضَ بِرِجْلِهِ تَزَلْزَلَتْ وَتَهَدَّمَ الْبُنْيَانُ، وَإِنْ صَاحَ صَيْحَةً لَمْ تسمعه حامل من النساء والبهائم
(١). في ى: أي من الأرض. (٢). نفجت: ثارت بقوة.

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