Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Quant à l’attribution, par Yûsuf, de l’accusation de vol à ses frères, la réponse est la suivante :
Ils l’avaient auparavant « volé » à son père, l’avaient jeté dans le puits, puis l’avaient vendu. À cause de cet acte, ils méritaient légitimement cette appellation, et il était donc véridique de les qualifier ainsi.

Autre réponse : par l’interpellation « Ô caravane ! », il voulait dire : « Votre situation est celle de voleurs », c’est-à-dire qu’un objet appartenant à autrui se trouve chez vous sans l’agrément ni la connaissance du roi.

Troisième réponse : il ne s’agissait que d’une ruse destinée à réunir Yûsuf et son frère et à le séparer d’eux pour l’amener auprès de lui ; ceci à condition que Binyâmîn n’ait pas su que la coupe avait été glissée dans sa besace, ni que Yûsuf l’en ait informé lui-même.

Il a aussi été dit que la phrase est à comprendre sous forme interrogative : « Seriez-vous donc des voleurs ? », à l’instar de la parole divine : « وَتِلْكَ نِعْمَةٌ » (ach-Shu‘arâ’, 22), c’est-à-dire : « Est-ce là un bienfait dont tu te glorifies envers moi ? » Le but est de ne pas attribuer de mensonge à Yûsuf – sur lui la paix.

[Coran, Sûrat Yûsuf (12), versets 71-72]
« Ils dirent, tout en se tournant vers eux : “Qu’avez-vous perdu ?” (71)
— “Nous avons perdu la coupe du roi, répondirent-ils. Quiconque la rapportera recevra une charge de chameau, et je m’en porte garant.” (72) »

Ces versets comportent sept questions juridiques :
Premièrement : la parole du Très-Haut : « Et quiconque la rapportera recevra une charge de chameau, et je m’en porte garant. »

Selon la majorité des exégètes, le terme « ba‘îr » désigne ici le chameau ; d’autres ont dit qu’il s’agit de l’âne, sens attesté dans le parler de certaines tribus arabes, avis rapporté et retenu par Mujâhid.

Mujâhid a également dit : le « za‘îm » (garant) est le héraut qui lança l’appel : « Ô caravane ! ». Les termes za‘îm (garant), kafîl, ḥamîl, ḍamîn et qabîl sont équivalents ; le mot za‘îm peut aussi signifier « chef ».

On récite dans un poème :
« Je suis, certes, garant que, si je reviens couronné, / Par ma chevauchée tu verras les “farânik”* s’incliner. »

Et Laylâ al-Akhîliyya, déplorant la mort de son frère, dit :
« Sa tunique en lambeaux, on le croirait, au jour du combat, / Malade de pudeur. »

*Les « farânik » : sept chiens qui précèdent le lion, avertissant les gens de sa venue.

يُوسُفَ السَّرِقَةَ إِلَى إِخْوَتِهِ فَالْجَوَابُ: أَنَّ الْقَوْمَ كَانُوا قَدْ سَرَقُوهُ مِنْ أَبِيهِ فَأَلْقَوْهُ فِي الْجُبِّ، ثُمَّ بَاعُوهُ، فَاسْتَحَقُّوا هَذَا الِاسْمَ بِذَلِكَ الْفِعْلِ، فَصَدَقَ إِطْلَاقُ ذَلِكَ عَلَيْهِمْ. جَوَابٌ آخَرُ- وَهُوَ أَنَّهُ أَرَادَ أَيَّتُهَا الْعِيرُ حَالُكُمْ حَالُ السُّرَّاقِ، وَالْمَعْنَى: إِنَّ شَيْئًا لِغَيْرِكُمْ صَارَ عِنْدَكُمْ مِنْ غَيْرِ رِضَا الْمَلِكِ وَلَا عِلْمِهِ. جَوَابٌ آخَرُ- وَهُوَ أَنَّ ذَلِكَ كَانَ حِيلَةً لِاجْتِمَاعِ شَمْلِهِ بِأَخِيهِ، وَفَصْلِهِ عَنْهُمْ إِلَيْهِ، وَهَذَا بِنَاءً عَلَى أَنَّ بِنْيَامِينَ لَمْ يَعْلَمْ بِدَسِّ الصَّاعِ فِي رَحْلِهِ، وَلَا أَخْبَرَهُ بِنَفْسِهِ. وَقَدْ قِيلَ: إن معنى الكلام الاستفهام، أي أو إنكم لسارقون؟ كقوله: " وَتِلْكَ نِعْمَةٌ" «١» [الشعراء: ٢٢] أي أو تلك نِعْمَةٌ تَمُنُّهَا عَلَيَّ؟ وَالْغَرَضُ أَلَّا يُعْزَى إِلَى يوسف صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الكذب. [سورة يوسف (١٢) : الآيات ٧١ الى ٧٢] قالُوا وَأَقْبَلُوا عَلَيْهِمْ مَاذَا تَفْقِدُونَ (٧١) قالُوا نَفْقِدُ صُواعَ الْمَلِكِ وَلِمَنْ جاءَ بِهِ حِمْلُ بَعِيرٍ وَأَنَا بِهِ زَعِيمٌ (٧٢) فِيهِ سَبْعُ مَسَائِلَ: الْأُولَى: قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلِمَنْ جاءَ بِهِ حِمْلُ بَعِيرٍ وَأَنَا بِهِ زَعِيمٌ) . الْبَعِيرُ هُنَا الْجَمَلُ فِي قَوْلِ أَكْثَرِ الْمُفَسِّرِينَ. وَقِيلَ: إِنَّهُ الْحِمَارُ، وَهِيَ لُغَةٌ لِبَعْضِ الْعَرَبِ، قَالَهُ مُجَاهِدٌ وَاخْتَارَهُ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: الزَّعِيمُ هُوَ الْمُؤَذِّنُ الَّذِي قَالَ: " أَيَّتُهَا الْعِيرُ" . وَالزَّعِيمُ وَالْكَفِيلُ وَالْحَمِيلُ وَالضَّمِينُ وَالْقَبِيلُ سَوَاءٌ وَالزَّعِيمُ الرَّئِيسُ. قَالَ «٢» : وَإِنِّي زَعِيمٌ إِنْ رَجَعْتُ مُمَلَّكًا ... بِسَيْرٍ تَرَى مِنْهُ الْفُرَانِقَ أَزْوَرَا وَقَالَتْ لَيْلَى الْأَخْيِلِيَّةُ تَرِثِي أَخَاهَا «٣» : وَمُخَرَّقٌ عَنْهُ الْقَمِيصُ تخاله ... يوم اللقاء من الحياء سقيما
(١). راجع ج ١٣ ص ٩٣. (٢). هو امرؤ القيس. والفرانق: سبع يصيح بين يدي الأسد كأنه ينذر الناس به، وهو فارسي معرب. والأزور: المائل في شق، أي إن ملكني قيصر فإنى أسير سيرا شديدا يميل منه الفرانق من شدته بجانب. (٣). كذا في الأصل ولعله ترثى توبة. وفى صفته بخرق القميص أقوال: الأول- أن ذلك إشارة إلى جذب العفاة له. الثاني- أنه يؤثر بجيد ثيابه فيكسوها ويكتفى بمعاوزها. الثالث- أنه غليظ المناكب، وإذا كان كذلك أسرع الخرق إلى قميصه. الرابع- أنه كثير الغزوات متصل في الأسفار، فقميصه منخرق لذلك.

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