Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il s’en saisirait par jalousie ou par précaution ; telle est l’explication avancée par certains commentateurs tardifs et retenue par an-Naḥḥās, lequel ajoute : « Il n’est ici nullement question du mauvais œil. »

Ce verset atteste qu’il incombe au musulman d’avertir son frère de ce qu’il craint pour lui et de le guider vers la voie du salut et de la délivrance, car la religion est conseil et le musulman est le frère du musulman.

Parole du Très-Haut :
« Et certes Il [c.-à-d. Allâh] l’a doté d’un savoir que Nous lui avons enseigné. »
– Il s’agit de Ya‘qoub.
– « doté d’un savoir grâce à ce que Nous lui avons enseigné » : savoir relatif à sa religion.
– « Mais la plupart des gens ne savent pas » : ils n’ont pas connaissance de ce que Ya‘qoub – paix sur lui – connaît des affaires de son dîn.

On a également dit : « doté d’un savoir » signifie « doté d’œuvre », car la science est la première cause de l’action ; on a donc désigné l’action par son origine.

Parole du Très-Haut :
« Et lorsque, entrés auprès de Youssouf, il recueillit son frère auprès de lui… »
Qatâda dit : il le serra contre lui et le fit loger avec lui.
D’autres rapportent qu’il ordonna que chacun d’eux logeât par deux ; son frère resta seul, alors il le prit chez lui en disant : « Je crains pour lui la solitude. »
Il lui dit à l’abri des autres :
« C’est moi, ton frère ; ne t’attriste donc point de ce qu’ils faisaient. »

Parole du Très-Haut :
« Quand il leur eut fourni leur provision, il plaça la coupe dans la charge de son frère… »
Lorsque Benyamin sut qu’il avait affaire à Youssouf, il lui dit : « Ne me renvoie pas vers eux. »
Youssouf répondit : « Tu sais combien le chagrin de Ya‘qoub s’est aggravé par ma perte ; il s’en verrait encore augmenté. » Benyamin refusa de partir.
Youssouf déclara : « Je ne puis te retenir qu’en te prêtant une accusation qui ne te sied guère. » Il répondit : « Peu m’importe ! »
Youssouf introduisit alors la coupe dans sa besace – soit de sa propre main, à l’insu de tous, soit par l’entremise de quelques-uns de ses proches.

Le terme « tadjhîz » signifie l’équipement, l’acheminement, l’accomplissement d’une affaire ; on dit aussi « jahaḍa ‘alâ l-jarîḥ » lorsqu’on achève un blessé, c’est-à-dire qu’on le tue, ou « najjaztu amrahu » lorsqu’on mène son affaire à terme.

La « siqâya » et le « ṣuwâ‘ » désignent une seule et même chose : un récipient doté de deux embouchures avec une anse centrale ; le roi buvait d’un côté et on mesurait la nourriture de l’autre. C’est ce qu’a rapporté an-Naqqâsh d’après Ibn ‘Abbâs. Tout vase dans lequel on boit est appelé « ṣuwâ‘ ». On a même cité ce vers :
« Nous buvons le vin au grand jour dans le ṣuwâ‘. »

Les avis divergent quant à la matière de ce récipient : Shu‘ba rapporte, d’après Abû Bishr, d’après Sa‘îd b. Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs : « La coupe du roi était une pièce d’argent, comparable à un fuseau, faite d’argent serti de pierres précieuses, que l’on plaçait sur la tête. »

فَيَبْطِشُ بِهِمْ حَسَدًا أَوْ حَذَرًا، قَالَهُ بَعْضُ الْمُتَأَخِّرِينَ، وَاخْتَارَهُ النَّحَّاسُ، وَقَالَ: وَلَا مَعْنَى لِلْعَيْنِ هَاهُنَا. وَدَلَّتْ هَذِهِ الْآيَةُ عَلَى أَنَّ الْمُسْلِمَ يَجِبُ عَلَيْهِ أَنْ يُحَذِّرَ أَخَاهُ مِمَّا يَخَافُ عَلَيْهِ، وَيُرْشِدَهُ إِلَى مَا فِيهِ طَرِيقُ السَّلَامَةِ وَالنَّجَاةِ، فَإِنَّ الدِّينَ النَّصِيحَةُ، وَالْمُسْلِمُ أَخُو الْمُسْلِمِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَإِنَّهُ) يَعْنِي يَعْقُوبَ. (لَذُو عِلْمٍ لِما عَلَّمْناهُ) أَيْ بِأَمْرِ دِينِهِ. (وَلكِنَّ أَكْثَرَ النَّاسِ لَا يَعْلَمُونَ) أَيْ لَا يَعْلَمُونَ مَا يَعْلَمُ يَعْقُوبَ عَلَيْهِ السَّلَامُ مِنْ أَمْرِ دِينِهِ. وَقِيلَ: " لَذُو عِلْمٍ" أَيْ عَمَلٍ، فَإِنَّ الْعِلْمَ أَوَّلُ أَسْبَابِ الْعَمَلِ، فَسُمِّيَ بِمَا «١» هُوَ بِسَبَبِهِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلَمَّا دَخَلُوا عَلى يُوسُفَ آوَى إِلَيْهِ أَخاهُ) قَالَ قَتَادَةُ: ضَمَّهُ إِلَيْهِ، وَأَنْزَلَهُ مَعَهُ. وَقِيلَ: أَمَرَ أَنْ يَنْزِلَ كُلُّ اثْنَيْنِ فِي مَنْزِلٍ، فَبَقِيَ أَخُوهُ مُنْفَرِدًا فَضَمَّهُ إِلَيْهِ وَقَالَ: أَشْفَقْتُ عَلَيْهِ مِنَ الْوَحْدَةِ، قَالَ لَهُ سِرًّا مِنْ إِخْوَتِهِ: (إِنِّي أَنَا أَخُوكَ فَلا تَبْتَئِسْ) أَيْ لَا تَحْزَنْ (بِما كانُوا يَعْمَلُونَ) . قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَلَمَّا جَهَّزَهُمْ بِجَهازِهِمْ جَعَلَ السِّقايَةَ فِي رَحْلِ أَخِيهِ) لَمَّا عَرَفَ بِنْيَامِينُ أَنَّهُ يُوسُفَ قَالَ لَهُ: لَا تَرُدَّنِي إِلَيْهِمْ، فَقَالَ: قَدْ عَلِمْتُ اغْتِمَامَ يَعْقُوبَ بِي فَيَزْدَادُ غَمُّهُ، فَأَبَى بِنْيَامِينُ الْخُرُوجَ، فَقَالَ يُوسُفُ: لَا يُمْكِنُ حَبْسُكَ إِلَّا بَعْدَ أَنْ أَنْسُبَكَ إِلَى مَا لَا يَجْمُلُ بِكَ: فَقَالَ: لَا أُبَالِي! فَدَسَّ الصَّاعَ فِي رَحْلِهِ، إِمَّا بِنَفْسِهِ مِنْ حَيْثُ لَمْ يَطَّلِعْ عَلَيْهِ أَحَدٌ، أَوْ أَمَرَ بَعْضَ خَوَاصِّهِ بِذَلِكَ. وَالتَّجْهِيزُ التَّسْرِيحُ وَتَنْجِيزُ الْأَمْرِ، وَمِنْهُ جَهَّزَ عَلَى الْجَرِيحِ أَيْ قَتَلَهُ، وَنَجَزَّ أَمْرَهُ. والسقاية والصواع شي وَاحِدٌ، إِنَاءٌ لَهُ رَأْسَانِ فِي وَسَطِهِ مِقْبَضٌ، كَانَ الْمَلِكُ يَشْرَبُ مِنْهُ مِنَ الرَّأْسِ الْوَاحِدِ، وَيُكَالُ الطَّعَامُ بِالرَّأْسِ الْآخَرِ، قَالَهُ النَّقَّاشُ عَنِ ابن عباس، وكل شي يُشْرَبُ بِهِ فَهُوَ صُوَاعٌ، وَأَنْشَدَ: نَشْرَبُ الْخَمْرَ بِالصُّوَاعِ جِهَارًا «٢» وَاخْتُلِفَ فِي جِنْسِهِ، فَرَوَى شُعْبَةُ عَنْ أَبِي بِشْرٍ عَنْ سَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: كَانَ صُوَاعُ الْمَلِكِ شي من فضة يشبه المكوك، من فضة مرصع بالجوهر، يجعل على الرأس،
(١). من ع. (٢). البيت تقدم في ص ١٧٨ من هذا الجزء. برواية: نشرب الإثم.

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