Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Si quelque chose avait pu devancer le Décret, le mauvais œil l’aurait devancé. »

Ce ḥadith est considéré comme mu nqaṭiʿ (chaîne interrompue), toutefois il est fermement attesté d’Asmâʾ bint ʿUmays al-Khathʿamiyyah – qu’Allāh l’agrée – d’après le Prophète – paix et bénédictions d’Allāh sur lui – par plusieurs voies authentiques, continues et sûres. Il établit que les incantations licites (ruqā) comptent parmi les moyens de prévenir les épreuves, et que le mauvais œil agit réellement sur l’être humain : il l’affaiblit et le fait dépérir, et cela n’a lieu que par le jugement et la prédestination d’Allāh – Exalté soit-Il.

On dit encore : le mauvais œil atteint plus rapidement les jeunes que les adultes – et Allāh est plus Savant.

Septième point : dans le ḥadith d’Abû Umâmah, le Prophète – paix et bénédictions d’Allāh sur lui – ordonne à celui qui a porté atteinte par le regard de se laver au profit de la personne touchée ; alors qu’ici il prescrit d’avoir recours à la ruqyah.

Nos savants ont expliqué : on ne recourt à la ruqyah contre le mauvais œil que lorsque l’auteur du regard n’est pas identifié ; mais si l’on connaît celui qui en est à l’origine, on lui ordonne d’effectuer ses ablutions, conformément au ḥadith d’Abû Umâmah. – Allāh est plus Savant.

Parole du Très-Haut :
« Et je ne puis, de la part d’Allāh, vous être d’aucun secours » – c’est-à-dire en ce que je crains pour vous ; nulle précaution ne peut prévaloir face au Décret.
« Le jugement (al-ḥukm) n’appartient qu’à Allāh » : l’ordre et la décision Lui reviennent.
« En Lui je place ma confiance » : je m’en remets entièrement à Lui et m’appuie sur Lui.
« Et que ceux qui placent leur confiance la placent en Allāh ». (Sûrat Yûsuf, 12 : 68-70)

Lorsque les frères entrèrent par les portes que leur père leur avait indiquées, cela ne pouvait en rien les préserver contre le décret d’Allāh, sinon un besoin dans l’âme de Yaʿqûb qu’il satisfit. Certes, il était détenteur d’un savoir que Nous lui avions enseigné, mais la plupart des gens ne savent pas. (v. 68)

Et quand ils se présentèrent devant Yûsuf, il retint auprès de lui son frère et lui dit : « C’est moi ton frère. Ne t’afflige donc point à cause de ce qu’ils faisaient. » (v. 69)

Puis, lorsqu’il leur eut fourni leur ravitaillement, il plaça la coupe (à mesurer) dans la sacoche de son frère. Ensuite un héraut proclama : « Ô caravane ! Vous êtes assurément des voleurs. » (v. 70)

Parole du Très-Haut :
« Et lorsqu’ils entrèrent par l’endroit que leur père leur avait prescrit » : c’est-à-dire par des portes différentes.
« Cela ne pouvait les préserver d’Allāh en rien » s’Il avait voulu leur faire subir un mal.
« — Sauf un besoin » : cette exception ne se rattache pas à ce qui précède.
« — dans l’âme de Yaʿqûb qu’il satisfit » : une pensée qui lui était venue au cœur, à savoir son exhortation à se disperser.
Mujāhid a dit : c’était par crainte du mauvais œil – et ceci a déjà été expliqué.
Il fut également avancé que c’était pour éviter que le roi ne voie leur nombre et leur force.

لو سبق شي الْقَدَرَ سَبَقَتْهُ الْعَيْنُ". وَهَذَا الْحَدِيثُ مُنْقَطِعٌ، وَلَكِنَّهُ مَحْفُوظٌ لِأَسْمَاءَ بُنْتِ عُمَيْسٍ الْخَثْعَمِيَّةِ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْ وُجُوهٍ ثَابِتَةٍ مُتَّصِلَةٍ صِحَاحٍ، وَفِيهِ أَنَّ الرُّقَى مِمَّا يُسْتَدْفَعُ بِهِ الْبَلَاءُ، وَأَنَّ الْعَيْنَ تُؤَثِّرُ فِي الْإِنْسَانِ وَتَضْرَعُهُ، أَيْ تُضْعِفُهُ وَتُنْحِلُهُ، وَذَلِكَ بِقَضَاءِ اللَّهِ تَعَالَى وَقَدَرَهُ. وَيُقَالُ: إِنَّ الْعَيْنَ أَسْرَعُ إِلَى الصِّغَارِ مِنْهَا إِلَى الْكِبَارِ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. السَّابِعَةُ- أَمَرَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي حَدِيثِ أَبِي أُمَامَةَ الْعَائِنَ بِالِاغْتِسَالِ لِلْمَعِينِ، وَأَمَرَ هُنَا بِالِاسْتِرْقَاءِ، قَالَ عُلَمَاؤُنَا: إِنَّمَا يُسْتَرْقَى مِنَ الْعَيْنِ إِذَا لَمْ يُعْرَفِ الْعَائِنُ، وَأَمَّا إِذَا عُرِفَ الَّذِي أَصَابَهُ بِعَيْنِهِ فَإِنَّهُ يُؤْمَرُ بِالْوُضُوءِ عَلَى حَدِيثِ أَبِي أُمَامَةَ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَما أُغْنِي عَنْكُمْ مِنَ اللَّهِ مِنْ شَيْءٍ) أي من شي أَحْذَرُهُ عَلَيْكُمْ، أَيْ لَا يَنْفَعُ الْحَذَرَ مَعَ القدر. (إِنِ الْحُكْمُ) أي الأمر والقضاء لله. (إِلَّا لِلَّهِ عَلَيْهِ تَوَكَّلْتُ) أَيِ اعْتَمَدْتُ وَوَثِقْتُ. (وَعَلَيْهِ فَلْيَتَوَكَّلِ الْمُتَوَكِّلُونَ) . [سورة يوسف (١٢) : الآيات ٦٨ الى ٧٠] وَلَمَّا دَخَلُوا مِنْ حَيْثُ أَمَرَهُمْ أَبُوهُمْ مَا كانَ يُغْنِي عَنْهُمْ مِنَ اللَّهِ مِنْ شَيْءٍ إِلاَّ حاجَةً فِي نَفْسِ يَعْقُوبَ قَضاها وَإِنَّهُ لَذُو عِلْمٍ لِما عَلَّمْناهُ وَلكِنَّ أَكْثَرَ النَّاسِ لَا يَعْلَمُونَ (٦٨) وَلَمَّا دَخَلُوا عَلى يُوسُفَ آوَى إِلَيْهِ أَخاهُ قالَ إِنِّي أَنَا أَخُوكَ فَلا تَبْتَئِسْ بِما كانُوا يَعْمَلُونَ (٦٩) فَلَمَّا جَهَّزَهُمْ بِجَهازِهِمْ جَعَلَ السِّقايَةَ فِي رَحْلِ أَخِيهِ ثُمَّ أَذَّنَ مُؤَذِّنٌ أَيَّتُهَا الْعِيرُ إِنَّكُمْ لَسارِقُونَ (٧٠) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلَمَّا دَخَلُوا مِنْ حَيْثُ أَمَرَهُمْ أَبُوهُمْ) أَيْ مِنْ أَبْوَابٍ شَتَّى. (مَا كانَ يُغْنِي عَنْهُمْ مِنَ اللَّهِ مِنْ شَيْءٍ) إِنْ أَرَادَ إِيقَاعَ مَكْرُوهٍ بِهِمْ. (إِلَّا حاجَةً) اسْتِثْنَاءٌ لَيْسَ مِنَ الْأَوَّلِ. (فِي نَفْسِ يَعْقُوبَ قَضاها) أَيْ خَاطِرٌ خَطَرَ بِقَلْبِهِ، وَهُوَ وَصِيَّتُهُ أَنْ يَتَفَرَّقُوا، قَالَ مُجَاهِدٌ: خَشْيَةَ الْعَيْنِ، وَقَدْ تَقَدَّمَ الْقَوْلُ فِيهِ. وَقِيلَ: لِئَلَّا يَرَى الْمَلِكُ عَدَدَهُمْ وَقُوَّتَهُمْ

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