Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

L’œil envieux l’a conduit jusqu’à la tombe, et combien de chameaux robustes se sont-ils ainsi retrouvés dans la marmite ! Toutefois, tout cela ne se produit que par la Volonté d’Allah, – Très-Haut –, comme Il a dit :
« Ils ne sauraient nuire à personne, si ce n’est avec la permission d’Allah » (al-Baqara, 102).

Al-Aṣmaʿī rapporte : « J’ai vu un homme renommé pour son regard envieux ; entendant une vache qu’on trayait, l’abondance de son lait lui plut. Il demanda : “Laquelle est-ce ?” On lui désigna une autre bête pour détourner son attention ; toutes deux périrent : celle qu’on avait montrée et celle qu’on avait voulu dissimuler. » Al-Aṣmaʿī ajouta : « Lorsque je contemple quelque chose qui me plaît, je sens une chaleur sortir de mes yeux. »

Troisièmement – Il incombe à tout musulman qui admire une chose d’appeler la bénédiction (baraka) sur elle ; car, s’il implore la bénédiction, le danger redouté est inévitablement écarté. Ne vois-tu pas que le Prophète – paix et salut sur lui – dit à ʿĀmir : « Pourquoi donc n’as-tu pas invoqué la bénédiction ? » Il en ressort que le mauvais œil ne nuit ni ne se propage lorsque l’auteur du regard prononce la bénédiction, et qu’il n’agit que s’il ne l’a pas faite. L’invocation souhaitée consiste à dire : « Tabâraka-Llâhu aḥsanu l-khâliqîn ! Allâhumma bârik fîh. »

Quatrièmement – Lorsque celui qui jette l’œil atteint quelqu’un sans avoir invoqué la bénédiction, on lui ordonne de se laver ; s’il refuse, on l’y contraint, car cet ordre est impératif, d’autant plus qu’on craint pour la vie de la personne atteinte. Nul ne doit priver son frère de ce qui lui est profitable et ne lui cause, à lui, aucun tort – surtout lorsqu’il est à l’origine même du préjudice.

Cinquièmement – Celui que l’on sait coutumier de l’atteinte par le mauvais œil est tenu à l’écart des gens afin de prévenir son dommage. Certains savants disent que l’Imâm lui ordonne de rester chez lui ; si la pauvreté le touche, on pourvoit à ses besoins afin qu’il cesse de nuire. D’autres estiment qu’il doit être exilé. Toutefois, le ḥadîth rapporté par Mâlik que nous avons cité contredit ces avis : en effet, le Prophète – paix et salut sur lui – n’a imposé ni détention ni bannissement à ʿĀmir. Il arrive qu’un homme vertueux soit atteint de ce pouvoir sans que cela ne porte atteinte à sa probité ni ne le rende pervers. Ceux qui prônent son emprisonnement ou son confinement ne le font que par mesure de précaution et pour prévenir le dommage ; Allah est plus Savant.

Sixièmement – Mâlik rapporte, d’après Ḥumayd ibn Qays al-Makkî : On amena auprès du Messager d’Allah – paix et salut sur lui – les deux fils de Jaʿfar ibn Abî Ṭâlib. Il dit à leur nourrice : « Pourquoi les vois-je si chétifs ? » Elle répondit : « Ô Messager d’Allah, l’œil envieux les atteint rapidement ; ce qui nous a empêchés de pratiquer pour eux la ruqya, c’est que nous ne savions pas ce qui aurait ton agrément dans ce domaine. » Le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – répondit : « Recourez à la ruqya pour eux, car, en vérité… »

أَدْخَلَتْهُ الْعَيْنُ الْقَبْرَ، وَكَمْ مِنْ جَمَلٍ ظَهِيرٍ أَدْخَلَتْهُ الْقِدْرَ، لَكِنَّ ذَلِكَ بِمَشِيئَةِ اللَّهِ تَعَالَى كَمَا قَالَ: " وَما هُمْ بِضارِّينَ بِهِ مِنْ أَحَدٍ إِلَّا بِإِذْنِ اللَّهِ" «١» [البقرة: ١٠٢] . قَالَ الْأَصْمَعِيُّ: رَأَيْتُ رَجُلًا عَيُونًا سَمِعَ بَقَرَةً تَحْلُبُ فَأَعْجَبَهُ شَخْبُهَا فَقَالَ: أَيَّتُهُنَّ هَذِهِ؟ فَقَالُوا: الْفُلَانِيَّةُ لِبَقَرَةٍ أُخْرَى يُوَرُّونَ عَنْهَا، فَهَلَكَتَا جَمِيعًا، الْمُوَرَّى بِهَا وَالْمُوَرَّى عَنْهَا. قَالَ الْأَصْمَعِيُّ. وَسَمِعْتُهُ يَقُولُ: إِذَا رَأَيْتُ الشَّيْءَ يُعْجِبُنِي وَجَدْتُ حَرَارَةً تَخْرُجُ مِنْ عَيْنِي. الثَّالِثَةُ- وَاجِبٌ عَلَى كُلِّ مسلم أعجبه شي أَنْ يُبَرِّكَ، فَإِنَّهُ إِذَا دَعَا بِالْبَرَكَةِ صُرِفَ الْمَحْذُورُ لَا مَحَالَةَ، أَلَا تَرَى قَوْلَهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ لِعَامِرٍ: " أَلَا بَرَّكْتَ" فَدَلَّ عَلَى أَنَّ الْعَيْنَ لَا تَضُرُّ وَلَا تَعْدُو إِذَا بَرَّكَ الْعَائِنُ، وَأَنَّهَا إِنَّمَا تَعْدُو إِذَا لَمْ يُبَرِّكْ. وَالتَّبْرِيكُ أَنْ يَقُولَ: تَبَارَكَ اللَّهُ أَحْسَنُ الْخَالِقِينَ! اللَّهُمَّ بَارِكْ فِيهِ. الرَّابِعَةُ- الْعَائِنُ إِذَا أَصَابَ بِعَيْنِهِ وَلَمْ يُبَرِّكْ فَإِنَّهُ يُؤْمَرُ بِالِاغْتِسَالِ، وَيُجْبَرُ عَلَى ذَلِكَ إِنْ أَبَاهُ، لِأَنَّ الْأَمْرَ عَلَى الْوُجُوبِ، لَا سِيَّمَا هَذَا» ، فَإِنَّهُ قَدْ يُخَافُ عَلَى الْمَعِينِ الْهَلَاكُ، وَلَا يَنْبَغِي لِأَحَدٍ أَنْ يَمْنَعَ أَخَاهُ مَا يَنْتَفِعُ بِهِ أَخُوهُ وَلَا يَضُرُّهُ هُوَ، وَلَا سِيَّمَا إِذَا كَانَ بِسَبَبِهِ وَكَانَ الْجَانِيَ عَلَيْهِ. الْخَامِسَةُ- مَنْ عُرِفَ بِالْإِصَابَةِ بِالْعَيْنِ مُنِعَ مِنْ مُدَاخَلَةِ النَّاسِ دَفْعًا لِضَرَرِهِ، وَقَدْ قَالَ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ: يَأْمُرُهُ الْإِمَامُ بِلُزُومِ بَيْتِهِ، وَإِنْ كَانَ فَقِيرًا رَزَقَهُ مَا يَقُومُ بِهِ، وَيَكُفُّ أَذَاهُ عَنِ النَّاسِ. وَقَدْ قِيلَ: إِنَّهُ يُنْفَى، وَحَدِيثُ مَالِكٍ الَّذِي ذَكَرْنَاهُ يَرُدُّ هَذِهِ الْأَقْوَالَ، فَإِنَّهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ لَمْ يَأْمُرْ فِي عَامِرٍ بِحَبْسٍ وَلَا بِنَفْيٍ، بَلْ قَدْ يكون الرجل الصالح عاينا، وَأَنَّهُ لَا يَقْدَحُ فِيهِ وَلَا يَفْسُقُ بِهِ، وَمَنْ قَالَ: يُحْبَسُ وَيُؤْمَرُ بِلُزُومِ بَيْتِهِ. فَذَلِكَ احْتِيَاطٌ وَدَفْعُ ضَرَرٍ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. السَّادِسَةُ- رَوَى مَالِكٌ عَنْ حُمَيْدِ بْنِ قَيْسٍ الْمَكِّيِّ أَنَّهُ قَالَ: دُخِلَ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِابْنَيْ جَعْفَرِ بْنِ أَبِي طَالِبٍ فَقَالَ لِحَاضِنَتِهِمَا: " مَا لِي أَرَاهُمَا ضَارِعَيْنِ" «٣» فَقَالَتْ حَاضِنَتُهُمَا: يَا رَسُولَ اللَّهِ! إِنَّهُ تُسْرِعُ إِلَيْهِمَا الْعَيْنَ، وَلَمْ يَمْنَعْنَا أَنْ نَسْتَرْقِيَ لَهُمَا إِلَّا أَنَّا لَا نَدْرِي مَا يُوَافِقُكَ مِنْ ذَلِكَ؟ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " استرقوا لهما فإنه
(١). راجع ج ٢ ص ٥٥. (٢). في ع وك وى: هنا. (٣). الضارع: النحيف الضاوي الجسم. [ ..... ]

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