Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

On le lit ainsi dans le muṣḥaf d’Abd Allâh.

Al-Thaʿlabî dit : les deux formes sont de bonnes langues, tout comme on dit aṣ-ṣibyân et aṣ-ṣibya.

Al-Naḥḥâs poursuit : « lî-fitiyânihi » va à l’encontre de la graphie majoritaire, car, dans le codex unanimement reconnu, il n’y a ni alif ni nûn. On ne délaisse pas le consensus de la communauté pour une chaîne de transmission interrompue. De plus, « fityah » est plus approprié que « fityân » ; chez les Arabes, le mot fityah renvoie à un petit nombre, et il est plus vraisemblable qu’un groupe réduit ait été chargé de remettre la marchandise dans les sacoches. Ces jeunes gens préparaient eux-mêmes leur chargement ; c’est pourquoi ils purent déposer leur marchandise dans leurs bagages.

Il se peut aussi qu’ils aient été des hommes libres, auxiliaires de Yûsuf, et que leur marchandise représentât le prix de ce qu’ils avaient acheté en vivres.

On a dit également qu’il s’agissait de dirhams et de dinars.

Ibn ʿAbbâs a déclaré : c’étaient des sandales, des peaux et l’équipement du voyageur, que l’on appelle raḥl.

Ibn al-Anbârî dit : on nomme raḥl aussi bien le récipient que la maison (tente).

« Afin qu’ils la reconnaissent » — car il se peut qu’elle ne parvienne pas intacte durant le voyage.

On a encore avancé qu’il fit cela pour qu’ils reviennent dès qu’ils s’en apercevraient, sachant qu’ils n’accepteraient pas la nourriture sans en payer le prix. On a dit aussi : afin qu’ils disposent de quoi revenir acheter des vivres ; ou encore : il trouva déplacé de prendre de son père et de ses frères le prix du blé ; ou bien : pour qu’ils constatent sa générosité et soient incités à retourner auprès de lui.

(Sourate Yûsuf, 12 : 63-65)

  1. Lorsqu’ils revinrent auprès de leur père, ils dirent : « Ô notre père ! La mesure nous a été refusée ; envoie donc notre frère avec nous afin que nous puissions recevoir la mesure, et certes nous veillerons sur lui. »

  2. Il répondit : « Vous fierai-je en lui autrement que je ne me suis fié en vous pour son frère auparavant ? Allâh est certes le meilleur Gardien, et Il est le plus Miséricordieux des miséricordieux. »

  3. Quand ils ouvrirent leurs bagages, ils constatèrent que leur marchandise leur avait été rendue. Ils dirent : « Ô notre père ! Que pourrions-nous désirer de plus ? Voilà que notre marchandise nous a été rendue. Nous pourrons ainsi approvisionner notre famille, veiller sur notre frère et obtenir en sus la charge d’un chameau ; c’est là une mesure facile. »

Parole du Très-Haut :

« Lorsqu’ils revinrent auprès de leur père et dirent : “Ô notre père ! La mesure nous a été refusée…” »

En effet, Yûsuf leur avait dit : « Si vous ne me l’amenez pas, plus de mesure pour vous auprès de moi. » Ils le mirent donc au courant de tout ce qui s’était passé, de l’accueil honorable qu’ils avaient reçu, et du fait que Shimʿûn avait été retenu en gage jusqu’à ce qu’il vérifie la véracité de leurs propos.

« Envoie avec nous notre frère, afin que nous recevions la mesure » — c’est ce qu’ils lui dirent alors.

هُوَ فِي مُصْحَفِ عَبْدِ اللَّهِ كَذَلِكَ. قَالَ الثَّعْلَبِيُّ: وَهُمَا لُغَتَانِ جَيِّدَتَانِ، مِثْلُ الصِّبْيَانِ وَالصِّبْيَةِ قَالَ النَّحَّاسُ: " لِفِتْيانِهِ" مُخَالِفٌ لِلسَّوَادِ الْأَعْظَمِ، لِأَنَّهُ فِي السَّوَادِ لَا أَلِفَ فِيهِ وَلَا نُونَ، وَلَا يُتْرَكُ السَّوَادُ الْمُجْتَمَعُ عَلَيْهِ لِهَذَا الْإِسْنَادِ الْمُنْقَطِعِ، وَأَيْضًا فَإِنَّ فِتْيَةً أَشْبَهُ مِنْ فِتْيَانٍ، لِأَنَّ فِتْيَةً عِنْدَ الْعَرَبِ لِأَقَلِّ الْعَدَدِ، وَالْقَلِيلُ بِأَنْ يَجْعَلُوا الْبِضَاعَةَ فِي الرِّحَالِ أَشْبَهُ. وَكَانَ هَؤُلَاءِ الْفِتْيَةُ يُسَوُّونَ جَهَازَهُمْ، وَلِهَذَا أَمْكَنَهُمْ جَعْلُ بِضَاعَتِهِمْ فِي رِحَالِهِمْ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونُوا أَحْرَارًا «١» ، وكانوا أعوانا له، وبضاعتهم أَثْمَانُ مَا اشْتَرَوْهُ مِنَ الطَّعَامِ. وَقِيلَ: كَانَتْ دَرَاهِمَ وَدَنَانِيرَ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: النِّعَالُ وَالْأُدْمُ وَمَتَاعُ الْمُسَافِرِ، وَيُسَمَّى رَحْلًا، قَالَ ابْنُ الْأَنْبَارِيِّ: يُقَالُ لِلْوِعَاءِ رَحْلٌ، وَلِلْبَيْتِ رَحْلٌ. وَقَالَ: (لَعَلَّهُمْ يَعْرِفُونَها) لِجَوَازِ أَلَّا تَسْلَمَ فِي الطَّرِيقِ. وَقِيلَ: إِنَّمَا فَعَلَ ذَلِكَ لِيَرْجِعُوا إِذَا وَجَدُوا ذَلِكَ، لِعِلْمِهِ أَنَّهُمْ لَا يَقْبَلُونَ الطَّعَامَ إِلَّا بِثَمَنِهِ «٢» . قِيلَ: لِيَسْتَعِينُوا بِذَلِكَ عَلَى الرُّجُوعِ لِشِرَاءِ الطَّعَامِ. وَقِيلَ: اسْتَقْبَحَ أَنْ يَأْخُذَ مِنْ أَبِيهِ وَإِخْوَتِهِ ثَمَنَ الطَّعَامِ. وَقِيلَ: لِيَرَوْا فَضْلَهُ، وَيَرْغَبُوا فِي الرجوع إليه. [سورة يوسف (١٢) : الآيات ٦٣ الى ٦٥] فَلَمَّا رَجَعُوا إِلى أَبِيهِمْ قالُوا يَا أَبانا مُنِعَ مِنَّا الْكَيْلُ فَأَرْسِلْ مَعَنا أَخانا نَكْتَلْ وَإِنَّا لَهُ لَحافِظُونَ (٦٣) قالَ هَلْ آمَنُكُمْ عَلَيْهِ إِلاَّ كَما أَمِنْتُكُمْ عَلى أَخِيهِ مِنْ قَبْلُ فَاللَّهُ خَيْرٌ حافِظاً وَهُوَ أَرْحَمُ الرَّاحِمِينَ (٦٤) وَلَمَّا فَتَحُوا مَتاعَهُمْ وَجَدُوا بِضاعَتَهُمْ رُدَّتْ إِلَيْهِمْ قالُوا يَا أَبانا مَا نَبْغِي هذِهِ بِضاعَتُنا رُدَّتْ إِلَيْنا وَنَمِيرُ أَهْلَنا وَنَحْفَظُ أَخانا وَنَزْدادُ كَيْلَ بَعِيرٍ ذلِكَ كَيْلٌ يَسِيرٌ (٦٥) قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَلَمَّا رَجَعُوا إِلى أَبِيهِمْ قالُوا يَا أَبانا مُنِعَ مِنَّا الْكَيْلُ) لِأَنَّهُ قَالَ لَهُمْ: " فَإِنْ لَمْ تَأْتُونِي بِهِ فَلا كَيْلَ لَكُمْ عِنْدِي" وَأَخْبَرُوهُ بِمَا كَانَ مِنْ أَمْرِهِمْ وَإِكْرَامِهِمْ إِيَّاهُ، وَأَنَّ شَمْعُونَ مُرْتَهَنٌ حَتَّى يَعْلَمَ صِدْقَ قَوْلِهِمْ. (فَأَرْسِلْ مَعَنا أَخانا نَكْتَلْ) أي قالوا عند ذلك:
(١). في ع: أجراء أو كانوا. وهو الحق. (٢). في ع وك: بثمن.

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