Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il comporte quatre points :

Premier point :
La parole du Très-Haut :
« Il dit : Place-moi à la tête des trésors du pays ».

Sa‘îd ibn Manṣûr rapporte : « J’ai entendu Mâlik ibn Anas dire : “L’Égypte est le grenier de la terre. N’as-tu pas entendu Sa parole : Place-moi à la tête des trésors du pays, c’est-à-dire charge-moi d’en assurer la préservation ?” » – le complément a donc été sous-entendu.

« Je suis certes gardien » : de ce dont on m’investit ;
« et savant » : de ses affaires.

Dans l’exégèse, on lit : « Je suis comptable et scribe » ; il fut le premier à écrire sur des parchemins.
On a également dit : « Gardien » parce qu’il sait répartir les vivres, « Savant » parce qu’il connaît les années de famine.

Jouwaybir rapporte, d’après ad-Dahhâk, d’après Ibn ‘Abbâs, que le Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – a dit :
« Qu’Allâh fasse miséricorde à mon frère Yûsuf ! S’il n’avait pas dit : Place-moi à la tête des trésors du pays, il aurait été nommé sur-le-champ ; mais cela fut différé d’un an pour lui. »

Ibn ‘Abbâs ajoute : Lorsque l’année s’écoula depuis le jour où il avait sollicité le gouvernorat, le roi le fit appeler ; il le couronna et lui passa son épée en bandoulière, fit dresser pour lui un trône d’or serti de perles et de rubis, qu’il recouvrit d’une tenture de brocart. Le trône mesurait trente coudées de long sur dix de large ; on y disposa trente matelas et soixante coussins. Puis il lui ordonna de paraître ; Yûsuf sortit couronné, le teint semblable à la neige, le visage tel la lune ; quiconque le regardait distinguait ses traits tant ils étaient limpides. Il s’assit sur le trône et les rois se soumirent à lui. Le roi regagna ses appartements auprès de ses épouses, remit à Yûsuf l’administration de l’Égypte, destitua Qiṭfîr de sa charge et établit Yûsuf à sa place.

Ibn Zayd rapporte : Le Pharaon, roi d’Égypte, possédait de nombreux trésors en dehors des vivres ; il remit tout son pouvoir à Yûsuf. Qiṭfîr mourut ces mêmes nuits, et le roi unit Yûsuf à Râ‘îl, l’épouse de l’Azîz.

Lorsqu’il entra auprès d’elle, Yûsuf dit : « Cela n’est-il pas meilleur que ce que tu recherchais ? » Elle répondit : « Ô Véridique, ne me blâme pas. J’étais – comme tu le vois – une femme belle et délicate ; mon époux ne fréquentait pas les femmes, et toi, tu étais doté de la beauté qu’Allâh t’a accordée ; mon âme a donc prévalu sur moi. »

Yûsuf la trouva vierge, s’unit à elle, et elle lui donna deux fils : Ifrâthîm fils de Yûsuf et Minshâ fils de Yûsuf.

Wahb ibn Munabbih dit : Son mariage avec Zulaïkhâ, l’épouse de l’Azîz, eut lieu entre les deux venues de ses frères. En effet, Zulaïkhâ perdit son mari tandis que Yûsuf était encore en prison, sa fortune disparut et sa vue s’éteignit de larmes versées pour Yûsuf ; elle se mit alors à mendier, certains la prenant en pitié, d’autres non.

فِيهِ أَرْبَعُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (قالَ اجْعَلْنِي عَلى خَزائِنِ الْأَرْضِ) قَالَ سَعِيدُ بْنُ مَنْصُورٍ: سَمِعْتُ مَالِكَ بْنَ أَنَسٍ يَقُولُ: مِصْرُ خِزَانَةُ الْأَرْضِ، أَمَا سَمِعْتَ إِلَى قَوْلِهِ: " اجْعَلْنِي عَلى خَزائِنِ الْأَرْضِ" أَيْ عَلَى حِفْظِهَا، فَحَذَفَ الْمُضَافَ. (إِنِّي حَفِيظٌ) لِمَا وُلِّيتُ (عَلِيمٌ) بِأَمْرِهِ. وَفِي التَّفْسِيرِ: إِنِّي حَاسِبٌ كَاتِبٌ، وَأَنَّهُ أَوَّلُ مَنْ كَتَبَ فِي الْقَرَاطِيسِ. وَقِيلَ: " حَفِيظٌ" لِتَقْدِيرِ الْأَقْوَاتِ " عَلِيمٌ" بِسِنِي الْمَجَاعَاتِ. قَالَ جُوَيْبِرٌ عَنِ الضَّحَّاكِ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " رَحِمَ اللَّهُ أَخِي يُوسُفَ لَوْ لَمْ يَقُلِ اجْعَلْنِي عَلَى خزائن الأرض لاستعمله من ساعته ولكن أخر ذَلِكَ عَنْهُ سَنَةً" . قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: لَمَّا انْصَرَمَتِ السَّنَةُ مِنْ يَوْمِ سَأَلَ الْإِمَارَةَ دَعَاهُ الْمَلِكُ فَتَوَجَّهَ وَرَدَّاهُ «١» بِسَيْفِهِ، وَوَضَعَ لَهُ سَرِيرًا مِنْ ذَهَبٍ، مُكَلَّلًا بِالدُّرِّ وَالْيَاقُوتِ، وَضَرَبَ عَلَيْهِ حُلَّةً مِنْ إِسْتَبْرَقٍ، وَكَانَ طُولَ السَّرِيرِ ثَلَاثِينَ ذِرَاعًا وَعَرْضُهُ عَشَرَةُ أَذْرُعٍ، عَلَيْهِ ثَلَاثُونَ فِرَاشًا وَسِتُّونَ مِرْفَقَةً «٢» ، ثُمَّ أَمَرَهُ أَنْ يَخْرُجَ، فَخَرَجَ مُتَوَّجًا، لَوْنُهُ كَالثَّلْجِ، وَوَجْهُهُ كَالْقَمَرِ، يَرَى النَّاظِرُ وَجْهَهُ مِنْ صَفَاءِ لَوْنِ وَجْهِهِ، فَجَلَسَ عَلَى السَّرِيرِ وَدَانَتْ لَهُ الْمُلُوكُ، وَدَخَلَ الْمَلِكُ بَيْتَهُ مَعَ نِسَائِهِ، وَفَوَّضَ إِلَيْهِ أَمْرَ مِصْرَ، وَعَزْلَ قِطْفِيرَ عَمَّا كَانَ عَلَيْهِ وَجَعَلَ يُوسُفَ مَكَانَهُ. قَالَ ابْنُ زَيْدٍ: كَانَ لِفِرْعَوْنَ مَلِكِ مِصْرَ خَزَائِنُ كَثِيرَةٌ غَيْرَ الطَّعَامِ، فَسَلَّمَ سُلْطَانَهُ كُلَّهُ إِلَيْهِ، وَهَلَكَ قِطْفِيرُ تِلْكَ اللَّيَالِي، فَزَوَّجَ الْمَلِكُ يُوسُفَ رَاعِيلَ امْرَأَةَ الْعَزِيزِ، فَلَمَّا دَخَلَ عَلَيْهَا قَالَ: أَلَيْسَ هَذَا خَيْرًا مِمَّا كُنْتِ تُرِيدِينَ؟ ! فَقَالَتْ: أَيُّهَا الصِّدِّيقُ لَا تَلُمْنِي، فَإِنِّي كُنْتُ امْرَأَةً حَسْنَاءَ نَاعِمَةً كَمَا تَرَى، وَكَانَ صَاحِبِي لَا يَأْتِي النِّسَاءَ، وَكُنْتَ كَمَا جَعَلَكَ اللَّهُ مِنَ الْحُسْنِ فَغَلَبَتْنِي نَفْسِي. فَوَجَدَهَا يُوسُفُ عَذْرَاءَ فَأَصَابَهَا فَوَلَدَتْ لَهُ رَجُلَيْنِ: إِفْرَاثِيمَ بْنَ يُوسُفَ، ومنشا بْنَ يُوسُفَ. وَقَالَ وَهْبُ بْنُ مُنَبِّهٍ: إِنَّمَا كَانَ تَزْوِيجُهُ زَلِيخَاءَ امْرَأَةَ الْعَزِيزِ بَيْنَ دَخْلَتَيِ الْإِخْوَةِ، وَذَلِكَ أَنَّ زَلِيخَاءَ مَاتَ زَوْجُهَا وَيُوسُفُ فِي السِّجْنِ، وَذَهَبَ مَالُهَا وَعَمِيَ بَصَرُهَا بُكَاءً عَلَى يُوسُفَ، فَصَارَتْ تَتَكَفَّفُ النَّاسَ، فَمِنْهُمْ من يرحمها ومنهم من لا يرحمها،
(١). رداه بسيفه: قلده به. (٢). المرفقة (بالكسر): المتكأ والمخدة [ ..... ]

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