Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Et il se rappela après un long oubli », ainsi l’a rapporté an-Naḥḥâs. On qualifie d’« amih » [1] l’homme privé de raison.

Al-Jawharî dit : Quant à l’expression « amih » employée dans le ḥadith d’az-Zuhrî avec le sens de « il reconnut, il avoua », il s’agit d’un usage linguistique peu répandu.

Al-Ašhab al-ʿUqaylî a lu : « après une immah », c’est-à-dire après un bienfait ; autrement dit : après qu’Allâh lui eut accordé le salut.

On a ensuite dit : le jeune homme oublia Yûsuf par décret d’Allâh – Très-Haut – afin qu’il demeurât en prison un certain laps de temps. D’autres ont soutenu qu’il ne l’avait pas oublié, mais qu’il craignait que le roi ne se remémorât la faute pour laquelle lui et le boulanger avaient été incarcérés.

La parole : « wa-ddakara » signifie : il se souvint et informa.

An-Naḥḥâs explique : la racine de « iddakara » est « iḏtakar-a ». La lettre ḏâl est proche, dans le point d’articulation, du tâʾ ; il n’a pas été permis de l’assimiler car le ḏâl est sonore alors que le tâʾ est sourd ; si on les avait fusionnés, la sonorité aurait disparu. On a donc remplacé la place du tâʾ par une consonne sonore, le dâl, préférable au ṭâʾ puisque celui-ci est emphatique ; on obtint ainsi « iḏdakar-a ». Puis on assimila le ḏâl au dâl en raison de la douceur et de la souplesse du dâl.

Puis il dit :
« Je vous informerai de son interprétation », c’est-à-dire : je vais vous l’exposer. Al-Ḥasan a récité : « Je vous apporterai son interprétation » et s’exclama : « Comment cet ‘ilj (étranger) les informerait-il donc ?! » [2]

An-Naḥḥâs commente : le sens de « unabbiʾukum » – « je vous informerai » – est correct et éloquent ; c’est-à-dire : je vous renseignerai si tu interroges.

« Envoyez-moi donc » : il s’adresse au roi mais par un pluriel de respect, ou bien il s’adresse au roi ainsi qu’aux membres de son conseil.

« Yûsuf », vocatif isolé, de même que « aṣ-Ṣiddîq », c’est-à-dire : celui qui dit abondamment la vérité.

« Donne-nous un avis (aftinâ) » ; ils l’envoyèrent donc. Il vint à Yûsuf et lui dit : « Ô véridique ! », puis l’interrogea au sujet du rêve du roi.

« Afin que je retourne vers les gens » : c’est-à-dire vers le roi et ses compagnons.

« Peut-être sauront-ils » : l’interprétation ; ou bien : afin qu’ils sachent la place d’excellence et de science qui est la tienne, de sorte que tu sois libéré. Il se peut encore qu’il ait voulu, par « les gens », le roi seul, par déférence envers lui.

(Sourate Yûsuf, 12 : 47)

« Il dit : “Vous cultiverez sept années d’affilée ; ce que vous moissonnerez, laissez-le dans son épi, à l’exception d’une petite quantité dont vous vous nourrirez.” » (v. 47)

Ce passage comporte deux questions.

Premièrement – la parole du Très-Haut :
« Il dit : “Vous cultiverez” ». Lorsqu’il lui eut exposé le rêve, Yûsuf se mit à l’expliquer, disant : les sept vaches grasses et les épis verts représentent sept années d’abondance, tandis que les vaches maigres…

[1] « Amih » : dément, dont l’esprit est égaré.
[2] « ʿIlj » : terme employé pour désigner l’étranger non-arabe.

" وَادَّكَرَ بَعْدَ أَمَهٍ" ، ذَكَرَهُ النَّحَّاسُ، وَرَجُلٌ أَمِهٌ «١» ذَاهِبُ الْعَقْلِ. قَالَ الْجَوْهَرِيُّ: وَأَمَّا مَا فِي حَدِيثِ الزُّهْرِيِّ " أَمِهَ" بِمَعْنَى أَقَرَّ وَاعْتَرَفَ فَهِيَ لُغَةٌ غَيْرُ مَشْهُورَةٍ. وَقَرَأَ الْأَشْهَبُ الْعُقَيْلِيُّ- " بَعْدَ إِمَّةٍ" أَيْ بَعْدَ نِعْمَةٍ، أَيْ بَعْدَ أَنْ أَنْعَمَ اللَّهُ عَلَيْهِ بِالنَّجَاةِ. ثُمَّ قِيلَ: نَسِيَ الْفَتَى يُوسُفَ لِقَضَاءِ اللَّهِ تَعَالَى فِي بَقَائِهِ فِي السِّجْنِ مُدَّةً. وَقِيلَ: مَا نَسِيَ، وَلَكِنَّهُ خَافَ أَنْ يَذْكُرَ الْمَلِكُ الذَّنْبَ الَّذِي بِسَبَبِهِ حُبِسَ هُوَ وَالْخَبَّازُ، فَقَوْلُهُ: " وَادَّكَرَ" أَيْ ذَكَرَ وَأَخْبَرَ. قَالَ النَّحَّاسُ: أَصْلُ ادَّكَرَ اذْتَكَرَ، وَالذَّالُ قَرِيبَةُ الْمَخْرَجِ مِنَ التَّاءِ، وَلَمْ يَجُزْ إِدْغَامُهَا فِيهَا لِأَنَّ الذَّالَ مَجْهُورَةٌ، وَالتَّاءَ مَهْمُوسَةٌ، فَلَوْ أَدْغَمُوا ذَهَبَ الْجَهْرُ، فَأَبْدَلُوا مِنْ مَوْضِعِ التَّاءِ حَرْفًا مَجْهُورًا وَهُوَ الدَّالُّ، وَكَانَ أَوْلَى مِنَ الطَّاءِ لِأَنَّ الطَّاءَ مُطْبَقَةٌ، فَصَارَ اذْدَكَرَ، فَأَدْغَمُوا الذال في الدال لرخاوة الدال ولينها، ثم قال: (أَنَا أُنَبِّئُكُمْ بِتَأْوِيلِهِ) أَيْ أَنَا أُخْبِرُكُمْ. وَقَرَأَ الْحَسَنُ " أَنَا آتِيكُمْ بِتَأْوِيلِهِ" وَقَالَ: كَيْفَ يُنَبِّئُهُمُ الْعِلْجُ؟! «٢» قَالَ النَّحَّاسُ: وَمَعْنَى " أُنَبِّئُكُمْ" صَحِيحٌ حَسَنٌ، أَيْ أَنَا أُخْبِرُكُمْ إِذَا سَأَلْتَ. (فَأَرْسِلُونِ) خَاطَبَ الْمَلِكَ وَلَكِنْ بِلَفْظِ التَّعْظِيمِ، أَوْ خَاطَبَ الْمَلِكَ وَأَهْلَ مَجْلِسِهِ. (يُوسُفُ) نِدَاءٌ مُفْرَدٌ، وَكَذَا (الصِّدِّيقُ) أَيِ الْكَثِيرُ الصِّدْقِ. (أَفْتِنا) أَيْ فَأَرْسَلُوهُ، فَجَاءَ إِلَى يُوسُفَ فَقَالَ: أَيُّهَا الصِّدِّيقُ! وَسَأَلَهُ عَنْ رُؤْيَا الْمَلِكِ. (لَعَلِّي أَرْجِعُ إِلَى النَّاسِ) أَيْ إِلَى الْمَلِكِ وَأَصْحَابِهِ. (لَعَلَّهُمْ يَعْلَمُونَ) التَّعْبِيرَ، أَوْ " لَعَلَّهُمْ يَعْلَمُونَ" مَكَانَكَ مِنَ الْفَضْلِ وَالْعِلْمِ فَتُخْرَجُ. وَيَحْتَمِلُ أَنْ يُرِيدَ بِالنَّاسِ الْمَلِكَ وَحْدَهُ تَعْظِيمًا له. [[سورة يوسف (١٢) : آية ٤٧]] قالَ تَزْرَعُونَ سَبْعَ سِنِينَ دَأَباً فَما حَصَدْتُمْ فَذَرُوهُ فِي سُنْبُلِهِ إِلاَّ قَلِيلاً مِمَّا تَأْكُلُونَ (٤٧) فِيهِ مَسْأَلَتَانِ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (قالَ تَزْرَعُونَ) لَمَّا أَعْلَمَهُ بِالرُّؤْيَا جَعَلَ يُفَسِّرُهَا لَهُ، فَقَالَ: السَّبْعُ مِنَ الْبَقَرَاتِ السِّمَانِ وَالسُّنْبُلَاتِ الْخُضْرِ سَبْعُ سنين مخصبات، وأما البقرات العجاف
(١). في ع: أمه ووامه. ذاهب العقل. والذي في اللسان: أمه الرجل فهو مأموه وهو الذي ليس عقله معه. (٢). العلج: الكافر من العجم.

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