Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

L’oubli : les prophètes n’en sont pas préservés – qu’en un seul aspect – à savoir lorsqu’il s’agit de transmettre le message provenant d’Allah, exalté soit-Il. Dans ce domaine, ils jouissent de l’infaillibilité (‘isma). Mais lorsqu’un oubli se produit chez eux dans ce qui est permis qu’il s’y produise, on l’attribue, de façon générale, à Satan ; et cela uniquement parce qu’Allah l’a rapporté à leur sujet. Pour nous, il n’est pas licite de formuler cette attribution à leur encontre.
Le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – a dit : « Adam a oublié ; sa descendance a donc oublié. » Il a également dit : « Je ne suis qu’un être humain, j’oublie comme vous oubliez. » (Ces textes ont été cités plus haut.)

Quatrième point – Parole d’Allah, Très-Haut :
« Il demeura donc en prison quelques années. »
Le terme bid‘ (بضع) désigne une portion de temps faisant l’objet de divergences. Ya‘qûb, d’après Abû Zayd[1], rapporte qu’on peut dire bid‘ (avec ouverture ou cassure du bâ’). La plupart des savants affirment qu’on ne dit pas « bid‘ wa mi’a » (quelques et cent), mais seulement jusqu’à quatre-vingt-dix.
Al-Harawî dit : les Arabes emploient bid‘ pour ce qui va de trois à neuf. « Bid‘ » et « bid‘a » sont équivalents : ils signifient une « fraction » du nombre.
Abû ‘Ubayda rapporte que bid‘ correspond à ce qui est en-deçà de la moitié du « ‘aqd » (dizaine), c’est-à-dire de un à quatre – propos jugé insignifiant.
Dans le hadith, le Messager d’Allah – qu’Allah le couvre d’éloges et le salue – demanda à Abû Bakr as-Siddîq, qu’Allah l’agrée : « Combien représente le bid‘ ? » Il répondit : « De trois à sept. » Le Prophète lui dit alors : « Va, augmente la mise ! »[2]
C’est l’avis de la plupart des exégètes : bid‘ équivaut à sept, comme l’a rapporté ath-Tha‘labî. Al-Mâwardî précise que c’est l’opinion d’Abû Bakr as-Siddîq et de Qutrub.
Mujâhid dit : de trois à neuf ; al-Aṣma‘î et Ibn ‘Abbâs : de trois à dix ; az-Zajjâj rapporte : de trois à cinq. Al-Farâ’ précise : le bid‘ ne s’emploie pas avec dix, vingt jusqu’à quatre-vingt-dix, ni au-delà de cent.
Concernant la durée pendant laquelle Yûsuf resta emprisonné, trois avis :

  1. Sept ans : rapporté par Ibn Jurayj, Qatâda et Wahb ibn Munabbih. Wahb ajoute : Ayyûb subit l’épreuve sept ans et Yûsuf demeura en prison sept ans.
  2. Douze ans : selon Ibn ‘Abbâs.
  3. Quatorze
النِّسْيَانُ فَلَا عِصْمَةَ لِلْأَنْبِيَاءِ عَنْهُ إِلَّا فِي وَجْهٍ وَاحِدٍ، وَهُوَ الْخَبَرُ عَنِ اللَّهِ تَعَالَى فِيمَا يُبَلِّغُونَهُ، فَإِنَّهُمْ مَعْصُومُونَ فِيهِ، وَإِذَا وَقَعَ مِنْهُمُ النِّسْيَانُ حَيْثُ يَجُوزُ وُقُوعُهُ فَإِنَّهُ يُنْسَبُ إِلَى الشَّيْطَانِ إِطْلَاقًا، وَذَلِكَ إِنَّمَا يَكُونُ فِيمَا أَخْبَرَ اللَّهُ عَنْهُمْ، وَلَا يَجُوزُ لَنَا نَحْنُ ذَلِكَ فِيهِمْ، قَالَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " نَسِيَ آدَمُ فَنَسِيَتْ ذُرِّيَّتُهُ" . وَقَالَ: " إِنَّمَا أَنَا بَشَرٌ أَنْسَى كَمَا تَنْسَوْنَ" . وَقَدْ تَقَدَّمَ. الرَّابِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَلَبِثَ فِي السِّجْنِ بِضْعَ سِنِينَ) الْبِضْعُ قِطْعَةٌ مِنَ الدَّهْرِ مُخْتَلَفٌ فِيهَا، قَالَ يَعْقُوبُ عَنْ أَبِي زَيْدٍ «١» : يُقَالُ بِضْعُ وَبَضْعُ بِفَتْحِ الْبَاءِ وَكَسْرِهَا، قَالَ أَكْثَرُهُمْ: وَلَا يُقَالُ بِضْعُ وَمِائَةٍ، وَإِنَّمَا هُوَ إِلَى التِّسْعِينَ. وَقَالَ الْهَرَوِيُّ: الْعَرَبُ تَسْتَعْمِلُ الْبِضْعَ فِيمَا بَيْنَ الثَّلَاثِ إِلَى التِّسْعِ. وَالْبِضْعُ وَالْبِضْعَةُ وَاحِدٌ، وَمَعْنَاهُمَا الْقِطْعَةُ مِنَ الْعَدَدِ. وَحَكَى أَبُو عُبَيْدَةَ أَنَّهُ قَالَ: الْبِضْعُ مَا دُونَ نِصْفِ الْعَقْدِ، يُرِيدُ مَا بَيْنَ الْوَاحِدِ إِلَى أَرْبَعَةٍ، وَهَذَا لَيْسَ بِشَيْءٍ. وَفِي الْحَدِيثِ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لِأَبِي بَكْرٍ الصِّدِّيقِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: " وَكَمِ الْبِضْعُ" فَقَالَ: مَا بَيْنَ الثَّلَاثِ إِلَى السَّبْعِ. فَقَالَ: " اذْهَبْ فَزَائِدْ فِي الْخَطَرِ" «٢» . وَعَلَى هَذَا أَكْثَرُ الْمُفَسِّرِينَ، أَنَّ الْبِضْعَ سَبْعٌ، حَكَاهُ الثَّعْلَبِيُّ. قَالَ الْمَاوَرْدِيُّ: وَهُوَ قَوْلُ أَبِي بَكْرٍ الصِّدِّيقِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَقُطْرُبٍ. وقال مجاهد: من ثلاث إلى تسع، وقال الْأَصْمَعِيُّ. ابْنُ عَبَّاسٍ: مِنْ ثَلَاثٍ إِلَى عَشْرَةٍ. وَحَكَى الزَّجَّاجُ أَنَّهُ مَا بَيْنَ الثَّلَاثِ إِلَى الخمس. قال الفراء: والبضع لا يذكر الْعَشَرَةِ وَالْعِشْرِينَ إِلَى التِّسْعِينَ، وَلَا يُذْكَرُ بَعْدَ الْمِائَةِ. وَفِي الْمُدَّةِ الَّتِي لَبِثَ فِيهَا يُوسُفُ مَسْجُونًا ثَلَاثَةُ أَقَاوِيلَ: أَحَدُهَا- سَبْعُ سِنِينَ، قَالَهُ ابن جريج وقتادة ووهب بن منه، قَالَ وَهْبٌ: أَقَامَ أَيُّوبُ فِي الْبَلَاءِ سَبْعَ سِنِينَ، وَأَقَامَ يُوسُفُ فِي السِّجْنِ سَبْعَ سِنِينَ. الثاني- اثنتا عشرة سنة، قال ابن عباس. الثالث- أربع عشرة
(١). كذا في ع وك. وهو الذي عليه اللسان. وفى اوى: ابن زيد. (٢). الخطر (بالتحريك): الرهن والحظ والحديث في شأن مراهنة أبى بكر الصديق رضى الله عنه لقريش على غلبة الروم، وكان المسلمون يحبون غلبة الروم على فارس، لأنهم وإياهم أهل كتاب، وكانت قريش لا تحب ذلك، لأنهم وفارس ليسوا بأهل كتاب ولا إيمان يبعث، وقد جعل أبو بكر الأجل بينه وبينهم ست سنين على رواية، وثلاث سنين على أخرى، فَقَالَ لَهُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ:" اذهب فزائد في الخطر ومادد في الأجل" وكان ذلك قبل تحريم الرهان. راجع صحيح الترمذي في تفسير أول سورة الروم.

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