« Que la paix soit sur toi, Seigneur des mondes ! », puis Il déclara :
« N’as-tu donc pas eu honte lorsque tu as imploré le secours des fils d’Adam ? Par Ma puissance, Je te maintiendrai assurément en prison pendant quelques années. »
Yûsuf demanda alors : « Ô Jibrîl, est-Il satisfait de moi ? » – « Oui », répondit-il. Yûsuf dit : « Dès lors, je ne me soucie plus de rien. »
Il est rapporté que Jibrîl – sur lui la paix – vint le voir et le blâma, de la part d’Allâh – Très-Haut – au sujet de cette parole et de la longueur de sa détention. Il lui dit :
« Ô Yûsuf, qui t’a sauvé du meurtre entre les mains de tes frères ? » – « Allâh, le Très-Haut. »
« Et qui t’a fait sortir du puits ? » – « Allâh, le Très-Haut. »
« Qui t’a préservé de l’infamie ? » – « Allâh, le Très-Haut. »
« Qui a détourné de toi la ruse des femmes ? » – « Allâh, le Très-Haut. »
« Comment donc as-tu pu placer ta confiance en une créature et délaisser ton Seigneur sans L’invoquer ? »
Yûsuf répondit : « Ô mon Seigneur, c’est une parole qui m’a échappé ! Je Te supplie, ô Dieu d’Ibrâhîm, d’Is-hâq et du vénérable Ya‘qûb – que la paix soit sur eux – de me faire miséricorde. »
Jibrîl lui dit alors : « Ta sanction sera de demeurer en prison pendant quelques années. »
Abû Salamah rapporte d’après Abû Hurayrah que le Messager d’Allâh – qu’Allâh le couvre d’éloges et lui accorde la paix – a dit :
« Qu’Allâh fasse miséricorde à Yûsuf ! Si ce n’était la parole qu’il a prononcée – “Mentionne-moi auprès de ton seigneur” – il ne serait pas resté en prison quelques années. »
Ibn ‘Abbâs a dit : « Yûsuf fut châtié par un long emprisonnement – quelques années – parce qu’il avait dit à celui des deux qui fut sauvé : “Mentionne-moi auprès de ton seigneur”. S’il avait plutôt mentionné son Seigneur, Celui-ci l’aurait délivré. »
Ismâ‘îl ibn Ibrâhîm rapporte, d’après Yûnus, d’après Al-Hasan, que le Messager d’Allâh – qu’Allâh le couvre d’éloges et lui accorde la paix – a dit :
« N’eût été la parole de Yûsuf – c’est-à-dire : “Mentionne-moi auprès de ton seigneur” – il ne serait pas demeuré en prison le temps qu’il y demeura. » Puis Al-Hasan pleurait et disait : « Il nous survient une difficulté et nous nous empressons de la confier aux gens. »
On a également dit : le pronom se rapporte au rescapé ; c’est donc lui qui oublia. Autrement dit, Satan fit oublier à l’échanson de rappeler Yûsuf à son seigneur, c’est-à-dire à son maître. Il y a ici une ellipse : Satan lui fit oublier de le rappeler à son maître.
Certains savants ont préféré cet avis et ont déclaré : « Si Satan avait fait oublier à Yûsuf le rappel d’Allâh, il n’aurait pas mérité d’être châtié par un séjour en prison, car celui qui oublie n’est pas tenu pour responsable. » Les partisans du premier avis ont répliqué que l’oubli peut signifier l’abandon : lorsqu’il abandonna le rappel d’Allâh et que Satan l’y poussa, il fut châtié.
Les tenants du second avis ont répondu par la parole d’Allâh – Exalté soit-Il : « Et celui des deux qui fut sauvé dit, et se rappela après un certain temps » (Yûsuf, 45), ce qui montre que l’oubli provenait de l’échanson et non de Yûsuf, conjointement à Sa parole – Exalté soit-Il : « Quant à Mes serviteurs, tu n’as sur eux aucune autorité » (Al-Hijr, 42). Comment serait-il donc correct d’attribuer son oubli à Satan alors que celui-ci n’a aucune autorité sur les prophètes ? Il fut dit : Quant à